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Par hopla33, le 27/05/2010
Chien du heaume de
Justine Niogret
Une fois la main tout au bout du manche, l'auriculaire dans le vide, et une autre l'index et le pouce collés à la tête de l'outil (si un jour cette phrase est sortie de son contexte, ma réputation est faite!)
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Chien du heaume de
Justine Niogret
Imaginez que les noms n'existent plus. imaginez que votre garçon n'en puisse porter. Comment l'appelleriez-vous ? Claqueriez-vous des doigts pour le faire venir ? Le siffleriez-vous comme un chien ? Je commence à peine et je vous vois déjà grimacer, belle dame ; c'est pourtant ce que l'on fait de moi. On me fait accourir d'un sifflement et on me nomme Chien.
Je suis mercenaire, et je crois que le métier des armes n'a qu'un but : survivre. Que ce soit aux coups ou au temps. Je n'ai plus de famille, je l'ai perdue avec mon nom ; qui me pleurera lorsque je serai passée ? Je ne survivrai ni dans le regard ni dans les rêves de ceux que je laisse derrière moi ; je suis seule. Alors ne me reste que la chanson des armes et du fer pour me faire entendre. Mais comment raconter mes faits d'armes et mes combats, si je n'ai pas un nom à poser en souvenance de ma vie ? La survie par les histoires, c'est le seul nerf de celui qui tient une épée, belle dame ; il n'y en a pas d'autre. Vivre encore après son trépas, tout auréolé de gloire et de furie. Qui serait assez fol pour s'en aller se faire trouer la panse si personne, une fois mort, ne composait sa chanson ?
Un nom fait toute la différence, parce que tout ce qui a de l'importance, sur cette terre, en porte un. Les animaux que l'on aime, on leur en offre un, mais ceux que l'on veut ignorer, on les appelle proies et on les chasse jusqu'à ce qu'ils tombent, la gorge déchirée et tout emplie de leur propre sang. Que serait l'appel à l'aide d'un frère sans un Jehan ! à crier, et qui saurait l'entendre ? A quoi ressemblerait ce que murmure une pucelle amoureuse à son oreiller sans un Arnoul sur lequel pleurer ? Et le chevalier Personne ne perdrait-il pas de sa prestance, si, après avoir défait ses ennemis, il ne pouvait crier un Ruxende en honneur de sa dame ?
Une autre raison, oyez : des dieux m'ont vue naître, et comme je ne connais plus ma langue, je n'entendrai pas leur appel quand mon heure sera passée. Devrai-je errer dans le monde des morts comme je fais dans celui-ci ?
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Par boudicca, le 06/04/2012
Mordre le bouclier de
Justine Niogret
Héraldique : Savez-vous comment dater des armoiries? : si la complexité du truc vous donne mal à la tête, agitez la main pour montrer votre mépris et dites : "Dieu, tout cela est so 1450."
(Lexique à l'usage des étrangers aux armes, armures et pièces d'équipement médiévaux)
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Par boudicca, le 05/04/2012
Mordre le bouclier de
Justine Niogret
Arbalète : l'arbalète est mon arme favorite... L'Eglise avait, cette histoire est connue, décrété que l'arbalète était une arme de lâche, ce qui est difficile à contredire quand on sait que la plupart des gens de l'époque se battaient avec des bottes de foin et des petits briquets taillés en pointe. Ce qu'on sait moins, c'est la grande campagne de publicité menée par les arbalétriers qui se promenaient sur les champs de bataille et devant les écoles maternelles avec de grands drapeaux sur lesquels était peint le slogan "l'arbalète, tu peux pas test". (Dans le lexique à l'usage des étrangers aux armes, armures et pièces d'équipement médiévaux)
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Par boudicca, le 08/04/2012
Mordre le bouclier de
Justine Niogret
Je n'aime guère parler, ni qu'on me parle. Je trouve la parole épaisse et bourbeuse là où l'écrit cisèle et purifie la pensée. Trop de bruits de gorge, de fronts soucieux, de regards mal échangés contre le simple grincement de la plume sur le vélin ; propre, décidé, sachant son but. Elles sont rares, les bouches qui ne laissent échapper que ce qu'elles voulaient dire.
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Par boudicca, le 04/01/2012
Chien du heaume de
Justine Niogret
Bruec voulait une rencontre, il voulait de la chair, il voulait prendre avec lui ceux dont le sang chantait sur le même ton que le sien. Il voulait son combat de brutes païennes, ce serait là son adieu à son monde et à sa foi; quelque chose de brutal et de brûlant là où il pressentait un nouvel ordre blafard et résigné. Les guerriers revêtirent leurs armures et prirent aussitôt la route, pour sonner un de leurs derniers rassemblements (...)
Le castel semblait trembler sous le poids des fourrures et des torques, des lames tordues par trop de mauvais coups et des chaussures boueuses. Ici, aucune arme polie couleur de ciel d'orage, aucune faveur de dame accrochée à une lance. C'était le vin et la terre, la force du bois et l'odeur du cuir, la dernière célébration d'un peuple qui s'efface.
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Par boudicca, le 10/04/2012
Mordre le bouclier de
Justine Niogret
Ce que j'aime dans les livres, c'est qu'ils s'adressent à qui veut. Les livres redonnent une langue aux empereurs et aux morts. On les ouvre et en monte un parfum passé et ancien, non pas de poussière et d'ennui mais de sagesse et d'héroïsme. Vois-tu, tout ce que je pense des livres tient dans la marge d'un texte, où la plume d'un copiste a noté de travers : « Dieu, j'ai si froid ». Voici la voix qui monte des livres. Voici ce que j'entends en parcourant un ouvrage; la voix des morts, la voix des gens passés. Ainsi, je n'oublie pas que je ne suis pas le seul à avoir vécu, le seul à arpenter la terre, que d'autres l'ont fait avant moi, et mieux, et plus longuement. Eux aussi avaient froid.
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Par Endea54, le 06/10/2010
Chien du heaume de
Justine Niogret
"Un nom fait toute la différence, parce que tout ce qui a de l'importance, sur cette terre, en porte un. " "Bruec était ce que Chien connaissait de mieux d'un racine, d'un sang, d'un pays et d'une famille." "Et rien, de la colère qui brûlait Chien depuis sa naissance, ne sut la sauver à ce moment ; rien de sa rage, rien de ses combats. Il n'y avait plus que la solitude qu'elle avait toujours connue, celle-ci tout entière plantait à nouveau ses crocs en elle, venait de geler son coeur si profond qu'il n'en restait que poudre de glace."
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Par Seraphita, le 05/02/2011
Chien du heaume de
Justine Niogret
Chien et Regehir passaient entre elles, deux silhouettes refroidies et emmitouflées au milieu d’ombres de bâtisses blafardes et sifflantes aussi immobiles que des os. La mercenaire comprit ce qu’avait voulu dire le forgeron en parlant de fantômes, le vent murmurant au travers de ces habitations mortes semblait parler de choses qu’il ne faut pas dire, de ces horreurs qui viennent vous piquer le cœur et la cervelle d’un dard poisonneux aux heures trop noires de la nuit.
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Par pitivier, le 13/09/2011
Mordre le bouclier de
Justine Niogret
Je suis née sans père et sans mère, je suis née Chien, je suis née sur un champ de bataille. Les autres apprennent à sa battre ; moi je dois apprendre à vivre.