Par Lefso, le 17/03/2011
La porte aux oiseaux de
Katie Hickman
Oxford, de nos jours
Le parchemin, quand Elizabeth le découvrit, avait la couleur ambré du vieux thé et la fragilité d'une feuille morte. Le feuillet, de petit format, avait été soigneusement plié en trois pour s'insérer entre les pages du livre. Le long d'un des plis courait une tache d'humidité. Elizabeth jeta un nouveau coup d’œil à l'intitulé dans le catalogue - opus astronomicus quaorum prima de sphaera planetarium - avant de revenir à la feuille pliée.
Je l'ai trouvé.
Elle avait la gorge serrée. Elle resta assise un moment, immobile. Le bibliothécaire lui tournait le dos, penché sur un chariot de livres. Elle leva les yeux vers la pendule sur le mur d'en face : 6h55.
Il lui restait cinq minutes avant la fermeture, peut-être moins. La cloche avait d´je sonné et la plupart des autres lecteurs commençaient à ranger leurs affaires. Pourtant, Elizabeth ne pouvait se résoudre à déplier le papier. Elle leva vers son visage le livre délicatement entrouvert, le dos du volume posé dans ses mains. Attention, fais très attention, maintenant, se dit-elle.
Les yeux fermés, elle renifla comme un chat méfiant. Tout d'abord, poudre à priser et vieille poussière, un lointain relent de camphre. Et ensuite, la mer, sans aucun doute, oui la mer. Et autre chose, qu'est-ce que c'était ? Elle inspira encore, très doucement cette fois.
Des roses. De la tristesse.
Elizabeth reposa le livre, les mains tremblantes.
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