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Par caro64, le 26/08/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Il fut frappé par l'accablante certitude que ce qu'il avait fait autrefois pendant cette nuit de neige, ne resterait pas impuni. La vie avait continué, pleine de satisfactions, riche d'expériences et de rencontres; au yeux du monde il offrait l'image de la réussite. Et cependant, parfois, aux moments les plus inattendus -au beau milieu d'un acte chirurgical, quand il traversait la ville en voiture pour rentrer chez lui, ou lorsqu'il était sur le point de s'endormir-, il sursautait, écrasé par le poids de la culpabilité. Il avait donné leur bébé. Ce secret se dressait entre sa famille et lui comme un mur. Norah et Paul s'y heurtaient constamment, sans comprendre ce qui se passait car ils ne pouvaient ni le voir ni l'abattre.
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Par caro64, le 26/08/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Ce que je vois chaque jour, c’est une petite fille avide d’apprendre, qui aime tout le monde, sans discrimination. Et ce que je vois ici, c’est une assemblée de juges qui semblent avoir oublié que ce pays promet l’accès à l’éducation à tous ses enfants – quelles que soient leurs aptitudes intellectuelles.
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L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
- C'est une fille, dit-il.
Il la tenait serrée contre lui, face au sol, et lui tapota le dos jusqu'à ce qu'elle crie. Puis il la retourna.
Sa peau délicate luisait de liquide amniotique et de traces de sang. Ses yeux étaient bleu marine, ses cheveux d'un noir de jais, mais il ne vit rien de tout cela. ce qu'il regardait, c'était ce visage caractéristique : les paupières fendues obliquement, comme si elle riait, le nez aplati à la base. Un cas typique. Il lui sembla entendre la voix de son professeur quand ils avaient examiné un nourrisson identique, il y avait de nombreuses années. Un mongolien. Pouvez-vous me décrire les conséquences de la malformation? Il était interne, alors, et avait récité les symptômes tels qu'il les avait appris dans le manuel : diminution du tonus musculaire, développement psychomoteur retardé, complications cardiaques possibles, déficience intellectuelle, espérance de vie limitée. Le professeur titulaire avait hoché la tête, appliquant son stéthoscope sur le torse nu du bébé. Pauvre gosse. Ses parents ne peuvent rien pour lui. Le mieux à faire, c'est de la placer dans un foyer : ils s'épargneront ainsi bien des souffrances.
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Par bab, le 27/12/2008
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Ces derniers temps, ils se comportaient comme deux planètes qui tournaient autour du même soleil, et si elles n'entraient pas en collision, c'était parce qu'elles n'avaient pas la même orbite.
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L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Caroline recueillit le Polaroïd entre le pouce et l'index au moment où il sortait de l'appareil photo. L'image commençait déjà à se dessiner : la table recouverte d'une nappe blanche flottant sur un océan de gazon ; Phoebe comme un brouillard pâle dans sa robe de confirmation.
Caroline agita la photo pour la faire sécher. Un roulement de tonnerre gronda au loin. Un orage de fin d'été menaçait. Une brise souleva les serviettes en papier.
- Encore une, dit caroline.
- Oh, maman! protesta Phoebe.
Elle se leva d'un bond à la seconde où elle entendit le déclic et courut jusqu'à l'endroit où Avery Swan, leur voisine de huit ans, serrait dans ses bras un minuscule chaton de la même teinte orange foncé que ses cheveux.
Phoebe, treize ans, était petite pour son âge, potelée, impulsive et passionnée, lente à comprendre, mais capable de passer de la joie à la tristesse et de nouveau à la joie à uine vitesse stupéfiante.
- Je suis confirmée! criait-elle maintenant en tournoyant sur la pelouse, bras levés, attirant sur elle le regard amusé des invités.
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Par bibliame, le 15/07/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Elle s’attarda sur le palier pour les écouter. Le monde était un lieu imprévisible et parfois effrayant, mais en cet instant, il se montrait clément. Sa fille riait avec son petit ami, son mari somnolait, un livre sur les genoux, et elle n’avait pas besoin de cuisiner le dîner. Elle prit une profonde inspiration. Un parfum de roses flottait dans l’air, peur et frais – comme la neige.
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Par caro64, le 26/08/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Il avait tenté de lui épargner tout ce dont lui-même avait souffert enfant [...] la douleur de perdre un être cher. Mais, en voulant la protéger, il avait éveillé d'autres souffrances, plus dévastatrices encore.
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Par bibliame, le 15/07/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Non seulement il marchait, mais il galopait d’une pièce à l’autre et commençait à parler, alors que June se contentait de promener sur le monde son regard paisible, assise sur une couverture. Ils avaient su, alors, que quelque chose n’allait pas. David se rappelait sa mère, contemplant ce petit garçon plein de vie, tandis que des larmes coulaient silencieusement sur ses joues. C’était cette souffrance qu’il avait essayé d’épargner à Norah et à Paul, sans savoir qu’il en provoquerait tant d’autres.
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Par bibliame, le 15/07/2011
L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Durant les mois et les années à venir, chaque fois qu’il repenserait aux évènements de cette nuit fatidique, ce qui lui reviendrait à l’esprit, ce serait cette neige dehors, et ce silence autour de lui. Un silence si dense, si étanche qu’il avait la sensation de flotter loin, loin, très haut dans les cimes, et d’assister à toute cette scène en spectateur, comme quelqu’un qui se promène dans une rue la nuit et jette un coup d’œil inquisiteur vers une fenêtre illuminée.
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L'enfant de tous les silences de
Kim Edwards
Sa mère sourit avec un peu d'amertume, et Paul regarda Phoebe en se demandant ce qu'elle comprenait à la situation. Elle ne donnai pas l'impression de se poser vraiment de questions. Pour elle, le monde était une sorte de lieu fascinant et magique ou tout pouvait arriver. Ou une mère et un frère que vous n'aviez jamais vus pouvaient frapper à voter porte un beau matin et vous inviter à un mariage.