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Par agilmo, le 04/05/2010
Ru de
Kim Thuy
Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu'ils n'auront pas d'argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu'ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d'une grappe de glycine, la fragilité d'un mot, la force de l'émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu'à nos rêves, jusqu'à l'infini.
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Par luocine, le 14/03/2010
Ru de
Kim Thuy
On oublie souvent l’existence de toutes ces femmes qui ont porté le Vietnam sur leur dos pendant que leur mari et leurs fils portaient les armes sur les le leur. On les oublie parce que sous leur chapeau conique, elles ne regardaient pas le ciel. Elles attendaient seulement que le soleil tombe sur elles pour pouvoir s’évanouir plutôt que s’endormir. Si elles avaient pris le temps de laisser le sommeil venir à elles, elles se seraient imaginé leurs fils réduits en mille morceaux ou le corps de leur mari flottant sur une rivière telle une épave. Les esclaves d’Amérique savaient chanter leur peine dans les champs de coton. Ces femmes, elles, laissaient leur tristesse grandir dans les chambres de leur cœur. Elles s’alourdissaient tellement de toutes ces douleurs qu’elles ne pouvaient plus redresser leur échine arquée, ployée sous le poids de leur tristesse.
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Par luocine, le 14/03/2010
Ru de
Kim Thuy
La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite.
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Ru de
Kim Thuy
C'est grâce aux GI que mon oncle a pu acheter son passage et ceux de sa femme et de sa fille. Ses parents sont devenus très riches grâce à la glace. Les soldats américains en achetaient des blocs entiers pour les mettre sous leur lit. Ils avaient besoin de se rafraîchir après avoir sué de peur pendant des semaines dans la jungle vietnamienne. Ils avaient besoin de retrouver le courant d'air frais du Vermont ou du Montana. Ils avaient besoin de se retrouver dans cette fraîcheur pour cesser un instant de soupçonner qu'une grenade était cachée dans les mains de chaque enfant qui venait toucher les poils de leurs bras. Ils avaient besoin d'être froids pour quitter les femmes qui portaient leurs enfants sans ne plus jamais revenir, sans jamais avoir révélé le nom de leur famille.
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Par jostein, le 17/06/2010
Ru de
Kim Thuy
Sans son visage, nous aurions certainement perdu le désir de tendre la main pour rattraper nos rêves.
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Par BMR, le 08/10/2010
Ru de
Kim Thuy
[...] j'allais au bord d'un étang à lotus en banlieue de Hanoï, où il y avait toujours deux ou trois femmes au dos arqué, aux mains tremblantes, qui, assises dans le fond d'une barque ronde, se déplaçaient sur l'eau à l'aide d'une perche pour placer des feuilles de thé à l'intérieur des fleurs de lotus ouvertes. Elles y retournaient le jour suivant pour les recueillir, une à une, avant que les pétales se fanent, après que les feuilles emprisonnées aient absorbé le parfum des pistils pendant la nuit.
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Par nadejda, le 03/05/2011
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Kim Thuy
(...) tous les dimanches, j'allais au bord d'un étang à lotus en banlieue de Hanoi, où il y avait toujours deux ou trois femmes au dos arqué, aux mains tremblantes, qui, assises dans le fond d'une barque ronde, se déplaçaient sur l'eau à l'aide d'une perche pour placer des feuilles de thé à l'intérieur des fleurs de lotus ouvertes. Elles y retournaient le jour suivant pour les recueillir, une à une, avant que les pétales se fanent, après que les feuilles emprisonnées avaient absorbé le parfum des pistils pendant la nuit. Elles me disaient que chaque feuille de thé conservait ainsi l'âme de ces fleurs éphémères.
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Par Aela, le 18/09/2011
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Kim Thuy
J'avais oublié que l'amour vient de la tête et non pas du coeur. De tout le corps, seule la tête importe. Il suffit de toucher la tête d'un Vietnamien pour l'insulter, non seulement lui mais tout son arbre généalogique.
Si une marque d'affection peut parfois être prise pour une offense, peut-être que le geste d'aimer n'est pas universel: il doit être traduit d'une langue à l'autre, il doit être appris. Dans le cas du vietnamien, il est possible de classifier , de quantifier le geste d'aimer par des mots spécifiques: aimer par goût (thích), aimer sans être amoureux ( thuong), aimer amoureusement (yeu), aimer avec ivresse ( mê), aimer aveuglément ( mu quang), aimer par gratitude (tinh nghia). Il est donc impossible d'aimer tout court, d'aimer sans sa tête.
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Par poua01, le 11/08/2010
Ru de
Kim Thuy
Un livre magnifique et envoûtant! Je fus incapable de laisser de côté. L'auteur nous amène dans un monde intérieur où subsiste les émotions et les craintes. L'aspect quelque peu aérien de l'édition me faisait croire à une sorte de journal intime. Je le recommande.
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Ru de
Kim Thuy
J'ai vécu dans la paix pendant que le Vietnam était en feu, et j'ai eu connaissance de la guerre seulement après que le Vietnam eut rangé ses armes. Je crois que la guerre et la paix sont en fait des amies et qu'elles se moquent de nous.