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Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau de
Laszlo Krasznahorkai
La porte ne se trouvait pas là où il l’avait imaginée, à peine eut-il le temps de s’en rendre compte qu’il se trouvait à l’intérieur, il était impossible de saisir comment on pénétrait, on y était, voilà tout, et devant, face à soi, la colossale porte nommée Nandaimon se dressait brusquement à l’intérieur de l’enceinte, au milieu de la cour, quatre paires d’épaisses colonnes en bois d’hinoki poli, sur un haut socle en pierre, soutenaient une double toiture légèrement incurvée en son sommet, deux toits, l’un au-dessus de l’autre, c’était comme si deux immenses feuilles d’automne, aux bords déjà légèrement racornis, étaient tombées l’une après l’autre, l’une au début, l’autre à la fin d’un même instant, et que seule la première était arrivée à destination, et tandis que la première était arrivée et se reposait déjà sur l’édifice de poutres des colonnes, l’autre semblait poursuivre sa descente dans les airs, dans une parfaite symétrie, comme si une force d’attraction magnétique, aussi infime qu’efficiente, l’empêchait d’achever son mouvement, et de venir se poser sur sa consoeur, elles se tenaient ainsi en hauteur, la toiture inférieure reposant sur la colonnade, l’autre au-dessus d’elle, deux toits superposés en totale harmonie sur un jeu complexe de consoles, reposant sur quatre paires de colonnes gigantesques, parfaitement lisses, et l’ensemble se tenait là sans justification [...]
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Par alzaia, le 28/01/2012
Thesee universel de
Laszlo Krasznahorkai
...imaginez, par exemple, un homme se tournant, du moins son esprit, vers l'essence du monde, là où (...) les anges et les démons cohabitent, et sur qui, au moindre geste, à la moindre intention d'atteindre cette essence, la tristesse s'abattrait...Il est certes possible d'exprimer plus simplement les choses, mais elles ne deviendront pas plus simple pour autant.
J'ignore qu'elle serait votre réaction si l'orateur échoué devant vous faisait une confession, ce genre de choses est toujours pénible, je le sais bien, mais Messieurs, Monsieur le Général, et veuillez une nouvelle fois me pardonner si je ne trouve pas votre titre exact, même si, tout comme vous, je trouve cela de fort mauvais goût, je vais malgré tout, avec toutes mes excuses, faire cette confession, car elle me semble indispensable à titre d'éclairage, voilà, je l'avoue : cette tristesse a assombri ma vie entière, et l'assombrit encore aujourd'hui, il est en moi un désir insatiable d'observer l'axe du monde, mais ce dernier est immédiatement et entièrement occulté par la brume dévorante de cette tristesse (...) car depuis le tout début, loin de vouloir l'éviter, de vouloir m'en libérer, je l'ai...comment dire...prise en chasse, non pas dans une forme classique de chasse, lorsque le plus fort chasse le plus faible, mais plutôt comme un très faible chassant un très fort.
L'axe du monde, Monsieur le Gouverneur général, Messieurs!
IV
Si j'affirme maintenant que la tristesse nous attire de façons mystérieuse vers le coeur inaccessible des choses, vous serez en droit de sourire et de vous moquer de cet orateur capable de débiter tant de choses, tout et son contraire, un coup la tristesse représente l'ultime obstacle qui obstrue la vue, un coup elle incarne l'exquise langueur des journées où la nuit tombe tôt dan l'après-midi, que sais-je encore, tout et n'importe quoi lancé comme ça, pêle-mêle.
Je pense qu'il ne fait plus de doute à vos yeux que le conférencier ne sait rien du sujet de sa conférence.
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Par nadejda, le 17/04/2011
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau de
Laszlo Krasznahorkai
A l'intérieur de l'enceinte du Kyôzo, au centre précis du sanctuaire, se trouvait une reproduction à échelle réduite du Kyôzo lui-même..... tout avait été prévu pour que dans ce petit sanctuaire miniature à l'intérieur du grand sanctuaire, au centre duquel se trouvait une table basse assez large, une seule personne puisse s'asseoir, une seule personne puisse, une petite lampe à la main, feuilleter un livre qu'elle aurait précédemment choisi sur les étagères du mur est ou du mur ouest, un livre qu'elle ouvrirait ou déroulerait, car en fait il n'y avait pas de place pour plusieurs personnes, cet espace avait été conçu et bâti pour n'accueillir qu'une seule personne à la fois
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Par nadejda, le 17/04/2011
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau de
Laszlo Krasznahorkai
Au cours des mille dernières années écoulées, de nombreux types de vents y avaient circulé.
Il y avait eu des vents diurnes, des vents nocturnes, des vents du petit jour, ..... mais, en réalité, la seule chose qui arrivait à ces vents -- impossible à dénombrer et à énumérer -- est qu'ils étaient présents, même par calme plat, sans l'être vraiment, car lorsqu'ils venaient il ne se passait rien, et lorsqu'ils repartaient il ne restait aucune trace de leur passage, même par calme plat, invisibles à leur arrivée et tout aussi invisibles à leur départ, ils n'avaient jamais osé rompre avec cette fatale invisibilité, ils étaient là sans y être...
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Par nadejda, le 17/04/2011
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau de
Laszlo Krasznahorkai
Une hirondelle passa au-dessus de la terrasse, et c'est peut-être sous l'effet de cette douce caresse, de ce léger souffle d'air tempétueux et silencieux, le temps de deux légers battement d'ailes, l'un pour descendre, l'autre pour remonter, que le petit-fils du prince Genji reprit connaissance.
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Par nadejda, le 17/04/2011
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau de
Laszlo Krasznahorkai
.... car l'infini ne pourrait exister que dans un seul cas, s'il existait deux choses, deux éléments, deux particules, s'il existait deux dieux, deux oiseaux, deux pétales de fleurs, s'il existait deux soupirs, deux tirs de fusil, deux caresses, sans rien, sans aucune distance entre eux, tel est le seul et unique cas où nous pourrions parler d'infini, si cette distance n'existait pas. Mais cette distance existe...