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Par soukee, le 10/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment.
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Par soukee, le 10/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Les photos n'ont plus ce caractère crucial et définitif qu'elles avaient du temps de la photographie argentique. Bonne ou mauvaise, une photo était irrévocable et était décomptée de la pellicule. Le développement du film révélait de manière implacable, dans l'ordre chronologique, images réussies et images ratées ; impossible d'échapper à la sentence et aux statistiques.
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Par soukee, le 10/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Derrière chaque photographe, il y a, en fin de compte, un grand timide qui a peur d'être au monde nu et désarmé.
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Par soukee, le 10/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
A vouloir immortaliser des instants de vie, à vouloir arrêter le temps, j'en avais oublié notre vulnérabilité.
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Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Ce cliché ultime restant à prendre était tout autre, avait une valeur très différente. L’enjeu était à la fois personnel, intime, et universel, incluant l’histoire particulière du photographe et le monde dans sa globalité; d’un intérêt intemporel, présent, passé, futur, comme une image unique destinée à nous représenter aux yeux d’une civilisation extraterrestre. La photo, avec toute sa charge de solennité imposée, sera hautement symbolique, humainement déterminante. Elle devra être douée d’originalité, marier l’évidence et la surprise. Elle pourra être anecdotique avec la force édifiante d’une fable; panoramique avec l’intensité sourcilleuse d’une nature morte. Elle sera une tentative de synthèse, une démonstration, une célébration, un hymne. Depuis toujours, l’homme a ambitionné d’écrire Le Livre, de peindre Le Tableau, de composer La Musique, de réaliser Le Film; ce sera La Photo. Moi, Alain Neigel, simple photographe amateur, j’en donnerai ma vision, apporterai mon humble contribution à son édification. J’allais devoir faire un choix, éliminer ce qui ne me paraîtrait pas essentiel, ou pas assez, avec l’envie, l’espoir, l’exigence, de trouver mieux, jusqu’à ce que je décide que ceci, qui était devant moi, que je voyais, serait ma photo. Dans ma chambre d’hôtel, je commençais à y réfléchir. Défilait devant mes yeux, comme un kaléidoscope, toute une théorie d’images convoquées par la pensée.
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Par soukee, le 10/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Chaque photo était une tentative pour la retenir, mais aussi un acte éminemment mortifère, qui la précipitait vers la mort. Je la voyais déjà d'un point de vue post mortem, de l'oeil du survivant qui fait sa provision d'images souvenir pour ses soirées d'hiver.
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Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis ne plus voir,vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n'en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort
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Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Eros se leva et sortit la tête par le toit ouvrant. Au moyen de son téléphone portable, il visionna sur écran le paysage qui défilait, comme s’il ne pouvait pas voir de ses yeux sans passer par un filtre. Je me rappelai le temps où, moi aussi, je m’abritais derrière un appareil photo, préférant à la réalité immédiate, la mise en image de cette réalité, comme une mise à distance, une prise de recul. Combien de fois j’ai porté à mes yeux mon appareil pour me cacher d’un spectacle que je ne savais voir ? Derrière chaque photographe, il y a, en fin de compte, un grand timide qui a peur d’être au monde nu et désarmé. Les appareils ressemblent à des masques, des loups de bal costumé, derrière lesquels on se dissimule. Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment.
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Par zazimuth, le 24/08/2010
Le Cri de
Laurent Graff
Courir est un effort ambitieux, exigeant, qui requiert toute la présence du corps et une participation active ; marcher est un exercice beaucoup plus humble, élémentaire, qui se passe de muscles, qui fait du corps un moyen de transport de l'esprit. On va un peu comme à dos de chameau, perché sur ses membres, ondulant là-haut dans des souplesses vertébrales, les cheveux au vent, les yeux au loin. (p.98)
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Par tulisquoi, le 14/05/2010
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis ne plus voir, vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n'en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible ; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort.
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Par CandyLady, le 07/04/2012
Les Jours heureux de
Laurent Graff
J'ai passé de longues heures sur les bancs à contempler le monde. Il en est de merveilleux, incongrus, hautement improbables, dont l'emplacement est une révélation. Un homme sur un banc n'appartient plus à la réalité ou s'en détache. Ce simple gradin lui confère un statut de poète et lui prête une vision étendue. S'il est un lieu qui échappe à la tourmente, c'est le banc.
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Par Audreyy, le 20/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
- Pourquoi veux-tu prendre des photos ?
- Pour avoir des souvenirs de notre week-end.
- Et tu as besoin d'images pour cela ?
- Oui, bien sur . J'ai peur d'oublier sans ça.
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Par Eipoca, le 05/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Le monde n'était pas à moi: j'étais au monde.
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Par Eipoca, le 05/04/2011
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
Loin de toute Eglise, je ne suis pourtant pas athée: je crois. Quand je lève les yeux au ciel, Dieu est dans mon regard, non pas en point de mire, mais dans la trajectoire, dans la propulsion, dans l'espoir de mon regard. J'ai envie de nommer Dieu cet arrachement, cette force d'élévation, cette flèche pointée vers le haut. Dieu, tel que je le souhaite, n'est pas un être suprême, mais la suprématie de l'être. Dieu est à mes yeux ce qui leur donne envie de voir.
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Par zazimuth, le 24/08/2010
Le Cri de
Laurent Graff
J'aime l'humilité du camping. N'avoir pour demeure qu'une toile de tente tenue par quatre piquets, ondulant au vent, se creusant sous le poids de la pluie ; sentir toute la précarité de son abri ; dormir au contact de la terre et endurer ses imperfections ; vivre à l'étroit et en faire un univers ; ne rien posséder et avoir le monde à portée de main ; à tout moment pouvoir plier bagage et prendre la route ; trôner dans son pauvre refuge au milieu de la vastitude et se délecter de sa petitesse effrontée. (p.74)
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Par zazimuth, le 24/08/2010
Le Cri de
Laurent Graff
Je préfère de loin la radio. Qui n'accapare pas, mais, au contraire, permet la divagation, la rêverie. (p.54)
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Par zazimuth, le 24/08/2010
Le Cri de
Laurent Graff
Cela dit, l'ennui n'a jamais été un problème pour moi : j'aime l'ennui. J'y vois une forme de vie dépouillée très suave, un climat clément pour l'âme, un hamac suspendu aux palmes du temps. L'ennui et l'autoroute s'accordent parfaitement pour inoculer une douce monotonie, comme un fil fin pénétrant le chas de l'esprit, et apaiser nos consciences tourmentées. Quand d'autres s'irritent, s'impatientent, gesticulent, moi je me laisse envahir avec délectation par la lassitude. (p.42)
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Par tulisquoi, le 14/05/2010
Il ne vous reste qu'une photo à prendre de
Laurent Graff
De même, on ne tolère pas de manquer, d'être empêché, de subir des restrictions, c'est le règne de l'illimité et du libre accès. Il ne vous reste qu'une photo à prendre... En organisant ce jeu, j'ai voulu confronter des candidats à une fin imposée, concrète, ayant une valeur d'épreuve et de symbole.