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Par feanora, le 04/02/2012
La légende des fils de
Laurent Seksik
L'air embaumait le musc. Des cataractes de clartés se déversaient de chaque coin du ciel.La brume ondulait sur le flanc des collines.Tout était empreint de calme et d'absolu. Son esprit enfiévré succomba lentement à la calme noblesse qui montait de la terre.
Il détestait son père; mais l'idée de le tuer ne lui avait vraiment jamais traversé l'esprit.
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Par Nanne, le 13/05/2010
Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Il resta posté devant la malle, dans une sorte de calme hypnotique, enchaîné là comme par un charme. Ce fut le premier instant d'insouciance depuis des mois. Il chercha au fond de la poche intérieure de son veston la clé de la malle, cette clé qu'il avait toujours conservée sur lui, qu'il effleurait parfois du bout des doigts, comme un précieux talisman - au milieu d'une foule empressée, sur un quai de gare ou la jetée d'un port, dans l'attente d'un bateau ou d'un train dont l'arrivée était donnée pour incertaine. Chaque fois, la magie agissait. Le contact de la clé le conduisait vers le passé. Une caresse sur le métal froid offrait un tour de calèche autour du Ring, une place pour une première au Burgtheater, la compagnie de Schnitzler au restaurant Meissl & Schadn, une conversation avec Rilke à la brasserie de la Nollendorfplatz. Ce temps-là ne reviendrait pas. Jamais plus les flâneries sur le pont Élisabeth, les marches sur la Grande Allée du Prater, l'éclat des dorures du palais de Schönbrunn, ni le long déploiement du soleil rougeoyant sur les rives du Danube. La nuit était tombée pour toujours.
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Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Le monde qu’il avait connu était en ruines ; les êtres qu’il avait chéris étaient morts ; leur mémoire livrée au saccage. Il s’était voulu le témoin, le biographe des riches heures de l’humanité ; il ne parvenait pas à se faire le scribe d’une époque barbare. Sa mémoire occupait trop d’espace, la peur prenaiy trop l’ascendant. La nostalgie était l’unique moteur de son écriture. Il n’écrivait qu’au passé.
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Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Ce que j’aime chez toi, c’est ton côté freudien. Oui, freudien. Tu ne racontes pas une histoire. Tu utilises un narrateur pour relater un récit, et ce narrateur s’entretient avec un tiers pour relater un récit, et ce narrateur s’entretient avec un tiers qui écoute sa confession. Tu as porté à son plus haut point la technique du récit enchâssé. Tu as inventé « le style romanesque psychanalytique.
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Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Pour moi, l’intérêt de tes livres réside dans le mystère de cette relation entre le narrateur et son interlocuteur. Plus encore que le héros, c’est le confesseur qui me fascine, cet être resté dans l’ombre et qui jamais ne juge….Ce qui demeurera de tes nouvelles, ce n’est pas tant le récit du monde ancien, ton cher monde disparu mais la chronique d’une dévastation. Le spersonnages de tes livres témoignent de la désintégration du monde
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Par kathel, le 20/11/2010
Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Pétropolis serait le lieu de tous les commencements, l’endroit des origines, semblable à celui où l’homme était né de la poussière et retournerait à la poussière, le monde primitif, inexploré et vierge, garanti d’ordre et de certitude, jardin du temps où régnait le printemps éternel. Il resta posté devant la malle, dans une sorte de calme hypnotique, enchaîné là comme par un charme. Ce fut le premier instant d’insouciance depuis des mois. Il chercha au fond de la poche intérieure de son veston la clé de la malle, cette clé qu’il avait toujours conservée sur lui, qu’il effleurait parfois du bout des doigts, comme un précieux talisman – au milieu d’une foule empressée, sur un quai de gare ou la jetée d’un port, dans l’attente d’un bateau ou d’un train dont l’arrivée était donnée pour incertaine. Chaque fois, la magie agissait. Le contact de la clé le conduisait vers le passé. Une caresse sur le métal froid offrait un tour en calèche autour du Ring, une place pour une première au Burgtheater, la compagnie de Schnitzler au restaurant Meissl & Schadn, une conversation avec Rilke à la brasserie de la Nollendorfplatz.
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Par Nanne, le 13/05/2010
Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Il fallait dire aux gueux perdus dans la tourmente de trouver un autre Zweig, Stefan Zweig était poste restante. Demandez à Thomas Mann, à Franz Werfel, à Brecht qui espèrent encore en l'Allemagne, suppliez Bernanos et Breton, Fiers Combattants de la France libre, frappez à la porte d'Einstein qui croit en la nation juive, oui, voilà les héros et voilà les Justes.
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Par alicejo, le 09/11/2010
Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Assez! il n'était pas le Grand Rabbin de tous les Juifs Opprimés, il n'était qu'un écrivain.Il n'avait pas choisi d'être juif, il ne revendiquait pas d'être juif, il ne croyait en aucun dieu, il ignorait la moindre prière juive, il condamnait le sionisme, il abhorrait toute forme de nationalisme. N'avait-il pas assez payé pour une identité dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Il avait tout perdu. Qu'on le laisse en paix!
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Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
"Plus jamais le regard posé sur la page d'un livre. Plus jamais les yeux ouverts sur d'autres univers. Et l'étrange et lumineuse intimité avec l'auteur, l'impression d'être aspiré dans un monde. Plus jamais le voyage imaginaire, la distorsion du temps."
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Par alicejo, le 08/11/2010
Les derniers jours de Stefan Zweig de
Laurent Seksik
Qui pouvait entreprendre un roman en ces temps, tisser une trame plus forte et dramatique que celle qui s'écrivait? Hitler était l'auteur de millions d'insurpassables tragédies. La littérature avait trouvé son maître.