-
Par Junie, le 22/04/2012
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Il est vain, écrit-elle, d'imaginer que l'on puisse imaginer de tomber amoureux sous l'effet d'une correspondance d'esprit, de pensée; c'est l'embrasement simultané de deux âmes qui s'épanouissent individuellement. Et la sensation qu'elles éprouvent est celle d'une explosion silencieuse à l'intérieur de chacune d'elles. Autour de cet évènement, ébloui et préoccupé, l'amoureux ou l'amoureuse continue à vivre en examinant sa propre expérience; sa gratitude seule crée chez elle l'illusion qu'elle communique avec son ami, mais cela est faux car il ne lui a rien donné. L'objet aimé est simplement celui qui a vécu une expérience semblable au même moment, narcissiquement; et le désir d'être auprès de l'objet aimé est dû en premier lieu non pas à l'idée de le posséder, mais simplement de laisser deux expériences se comparer, comme des images dans des miroirs différents. Tout cela peut précéder le premier regard, le premier baiser ou le premier attouchement; précéder l'ambition, l'orgueil ou l'envie; précéder les premières déclarations qui marquent le tournant, car à partir de là, l'amour dégénère en habitude, en possession, et plus tard, de nouveau, en solitude.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Mais la vie n'est-elle pas un conte de fées qui perd ses pouvoirs magiques lorsque nous grandissons ?
-
Par Piling, le 18/07/2008
Première phrase du livre
L'ombre infinie de César de
Lawrence Durrell
incipit :
Mon interprétation de la Provence ne peut être impartiale car, pareil à mes semblables, il y a longtemps que j'ai jeté l'ancre dans la région pour en tomber tout à la fois amoureux et m'en désintéresser.
-
Par Piling, le 11/07/2008
Première phrase du livre
L'île de Prospero de
Lawrence Durrell
incipit :
C'est quelque part entre la Calabre et Corfou que le bleu commence pour de bon. La traversée de l'Italie ne vous propose que des paysages rigoureusement domestiqués, chaque vallée semblant composée selon les plans d'un architecte ami de l'ordre humain et de la lumière. Mais dès que l'on s'enfonce dans la plate désolation de la Calabre pour se diriger vers la mer, on ressent le changement qui s'opère au coeur même des choses : les bords de l'horizon prennent des teintes nouvelles, des îles sortent de l'ombre et viennent à votre rencontre.
-
Vénus et la mer de
Lawrence Durrell
Le monastère de Saint Jean était à lui seul un trésor d'aussi grand prix que tous les objets de soie, d'ivoire, et de parchemin. C'était un fouillis de cheminées, de coupoles, de beffrois, de tourelles et d'allées d'une blancheur éblouissante et des remparts où nous nous trouvions nous découvrions encore les autres îles comme un lavis très pâle à la surface lisse du ciel.
-
Vénus et la mer de
Lawrence Durrell
Je songeais que Patmos était plus une idée qu'un lieu, un symbole plus encore qu'une île.
-
L'île de Prospero de
Lawrence Durrell
Vous vous réveillez un beau matin vers la fin de l'automne et vous remarquez que la teinte de toutes les choses a changé. Le ciel a des nuances de perle plus profondes. Le soleil se lève comme une boule de sang et il y a de la neige sur l'Albanie.
-
L'île de Prospero de
Lawrence Durrell
La nuit, on entend parfois un berger jouer du pipeau pendant que son troupeau flâne en broutant parmi les buissons et les arbustes. Nous écoutons dans notre lit, en sentant sous nos mains nos peau rugueuses et satinées par le sel. Les rossignols laborieux et quelque peu lassants restent confondus par les doux quarts de ton liquide et les trémolos de la flûte.
C'est une forme sans mélodie et les notes tombent goutte à goutte dans le silence. C'est la voie enjôleuse des sirènes qu'entendit Ulysse.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Eh bien mon vieux, si vous voulez connaître le niveau moyen de l'humanité,allez donc sur un champ de bataille.(....) Deux mille ans de civilisation partent en fumée en un clin d'oeil! Grattez avec l'ongle de votre petit doigt ,et vous retrouverez le sauvage sous le vernis.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Les battements du coeur ne sont heureusement perceptibles par nul autre que soi-même.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Son uniforme l'isolait du monde mieux qu'un armure d'acier.
(Mountolive)
-
Vénus et la mer de
Lawrence Durrell
Le monde égéen attend encore son peintre — attend de toute l'inconsciente pureté de ses lumières et de ses formes celui qui saura réellement s'en éprendre jusqu'à la folie de ses pinceaux gorgés de couleurs.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Les mots ne sont que les miroirs de nos désenchantements;ils renferment tous les oeufs énormes non encore éclos de tous les chagrins du monde.
-
Vénus et la mer de
Lawrence Durrell
Les Sporades sont des loups maigres qui chassent en meute ; arides, érodées par le soleil. Elles s'éparpillent de tous côtés quand vous longez les côtes de l'Anatolie.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
J'étais comme l'Adam des légendes du Moyen-Age:un homme dont le corps est composé de tous les éléments du monde, dont la chair est la terre, dont les pierres sont les os, les fleuves et les vagues:le sang, dont les herbes forment les cheveux, dont la lumière est la vue, dont le vent est le souffle et les pensées sont les nuages.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Il se força à marcher lentement,à parler lentement,à ne manifester aucune hâte. La hâte,comme l'émotion, était toujours déplorable:elle trahissait l'empire des passions, là où seule la raison devait régner.
Un bon diplomate ne doit jamais extérioriser ses sentiment.
-
Le Quatuor d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
Un profond sentiment de solitude s'empara tout à coup de lui,car il comprit que maintenant sa qualité d'ambassadeur lui interdisait à jamais l'amitié des êtres humains ordinaires qui lui devaient leur "déférence".
-
Le Quator d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
La science est la poésie de l'intellect et la poésie la science des affections du cœur.
-
Le Quator d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
C'est ainsi je suppose que l'on meurt pour ses amis et pour le monde, en s'oubliant comme un vieil air de danse, ou une conversation mémorable avec un philosophe sous un cerisier. Restitué au silence.
-
Le Quator d'Alexandrie de
Lawrence Durrell
La vie est brève, l'art une longue patience.