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Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
« C’était un maidredi ou peut-être en juindi…
Qu’est-ce que tu racontes encore ? Un maidredi ?
Excusez-moi, je voulais dire en mai ou en juin, peut-être un lundi ou un dimanche, je ne sais plus. Dès fois, les mots se mélangent, ou se confondent, c’est difficile à dire.
En tout cas, c’était le soir, j’en suis presque certain. La pluie hideusement déformait le paysage et…
Ca suffit, on s’en fiche de la pluie. Tu devais nous parler du Juge. Ah oui, le juge. Eh bien, je sortais du tribunal et c’est arrivé sur le parking. Ils se sont sans doute faufilés derrière moi au moment où j’entrais dans ma voiture. Je n’étais pas présent. Ce sont les autres qui l’ont enlevé. Mais ils m’ont raconté. Ils l’ont chloroformé ou peut-être seringué, je ne sais plus, mais soudain je me suis senti cotonneux et tout est devenu noir et je, enfin je veux dire il, le Juge.
Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia à la fin ? »
Histoire du prisonnier et du captif
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Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
« Si la catastrophe n’était pas si proche, je serais heureux de participer à un tel projet. Le plus grand réseau souterrain jamais creusé. Des milliers de bâtiments inversés. Des kilomètres de câbles, de conduites, de tuyaux. D’immenses hangars, des stocks de nourriture, des centrales électriques.
Dehors, il n’y a que la guerre. Que la mort qui vient, qui nous sourit, la bouche hérissée de missiles, la langue chargée de radiations. Les pyramides étaient des tombeaux dressés vers le ciel. Nous construisons un terrier colossal afin que la vie continue. »
Et s'échapper des côtes rompues,
et se répandre en nuées immenses
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Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
« Ceux-de-la-pluie sentent mauvais, comme des égouts ou des tuyaux bouchés. Ils sont très maigres. Ils ont des papiers officiels. Ils sortent pendant des jours comme celui-là, quand tout le monde se cache, et ils se jettent sur vous, ils vous attrapent pour vous boire. »
La pluie, extérieur jour
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Par TwiTwi, le 18/08/2011
Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
On ne montre pas son cul à tous les passants. On ne montre pas sa mort. Cette impudeur - elle regardait ailleurs -cette impudeur, ça, je ne pourrai jamais lui pardonner.
Ces photos de moi que l'on n'a jamais prises.
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Par TwiTwi, le 03/01/2012
Rouge gueule de bois : Derniers jours de Fredric Brown de
Léo Henry
Aux crocs, la tête en bas, surplombant des baquets plastique, des agents d'assurance, des sténodactylographes et des pensionnés de guerre finissaient de se vider par le cou, plus ou moins dénudés, plus ou moins ouverts. Derrière, on désossait dénervait apprêtait, on hachait menu des chairs grises et roses, écorchés ou pelées, on mettait à dégorger. On laissait à macérer, brisait des os pour en racler la moelle, on faisait sauter dans la graisse et revenir au beurre noir, on mettait au stock pour que ça faisande.
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Par TwiTwi, le 03/01/2012
Rouge gueule de bois : Derniers jours de Fredric Brown de
Léo Henry
Mais, surtout, il se voyait avec un plaisir divin en train de dépiauter, découper, chiffonner, broyer, dissoudre, pulvériser ces ramettes de feuilles qu'Elizabeth avait maculées de signes pour composer le manuscrit complet de son autobiographie, le roman-fleuve d'une vie d'épouse d'écrivain, cette interminable logorrhée à la gloire du mari, hagiographie insoutenable, rapport permanent sur son inappétence, son impuissance à poursuivre quelque œuvre que ce fût, sa mort en tant qu'artiste.
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Par TwiTwi, le 18/08/2011
Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
C'était ce qu'avaient vu les dinosaures avant de disparaitre, des flammèches minuscules, innombrables, pleuvant comme des myriades de filaments électriques et laissant sur la rétine des sillons de cécité. J'ai pensé à une attaque aérienne, à une guerre spatiale, aux premiers symptômes d'une tumeur au cerveau.J'ai pensé à mes enfants, qui m'attendaient quelque part, et à la fin de ma douleur, peut-être.
Ces photos de moi que l'on n'a jamais prises.
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Par TwiTwi, le 03/01/2012
Rouge gueule de bois : Derniers jours de Fredric Brown de
Léo Henry
Les balles tombaient de partout à la fois et, pendant cinq interminables secondes, ce sont les portes des enfers qui s'ouvrirent devant eux, dégueulant désespoir et compromission et ferraille sur le cœur d'un monde à l'agonie.
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Par TwiTwi, le 18/08/2011
Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
Il était couché le long du trottoir - m'a-t-elle dit - un bras plié dans le caniveau. C'était un dimanche matin et j'ai cru, j'ai cru qu'il avait vomi. Il y avait une auréole jaunâtre autour de sa tête, une flaque, il portait un costume bleu marine à rayures verticales. En m'approchant j'ai vu les plis, les plis raidis par le gel, et le sang collant qui poissait ses cheveux.
Ces photos de moi que l'on n'a jamais prises.
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Par TwiTwi, le 18/08/2011
Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad de
Léo Henry
Des milliers d'ouvriers mentent à leur famille chaque soir, en rentrant du travail avant le couvre-feu. Ils racontent leur journée, dans un chantier lointain, inventé de toutes pièces. Ils ont signé. Pas question de provoquer une panique. Ceux qui parleront, même si personne ne les croit, seront exécuté sans procès.
Et s'échapper des côtes rompues, et se répandre en nuées immenses