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Par joedi, le 01/04/2012
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
Au bout d'une année de labeur sur l'oeuvre, Ilie reprit l'ouvrage et en transmis un autre à Victor, qui avait enfin trouvé un sens à son existence. Il entretenait le noble sentiment de servir l'Eglise, tel un anachorète au désert. De son côté, Ilie arpentait les campagnes, diffusant discrètement les copies que lui transmettaient les deux femmes. Le prêtre pensait que la rédemption de Victor pouvait venir certes de cette ascèse d'écriture, mais surtout de la méditation assidue des textes. Si en écrivant il prenait conscience de la gravité de son crime, alors peut-être, avec l'aide de Dieu, Victor sauverait-il son âme.
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Par alicejo, le 05/07/2010
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
Comme le fiancé étreint sa bien-aimée, Victor serrait de plus en plus fort la jeune fille dont les cartilages craquaient comme ceux d'une volaille que l'on désosse. Son corps s'affaissa d'un coup quand Victor lâcha enfin prise. Anita Vulpescu venait de mourir, étranglée entre les mains d'un garçon qu'elle connaissait depuis son enfance et qu'elle n'avait pourtant jamais regardé.
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Par joedi, le 01/04/2012
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
Il existe des âmes écrevisses
reculant continuellement vers les ténèbres,
rétrogradant dans la vie plutôt qu'elles n'y avancent,
employant l'expérience à augmenter leur difformité,
empirant sans cesse,
et s'empreignant de plus en plus
d'une noiceur croissante.
Victor Hugo,
Les Misérables
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Par wictoria, le 30/01/2011
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
L'obscurité était devenue son alliée, celle qui lui permettait d'exister au monde. Les nuits d'été, il lui arrivait parfois de s'allonger dans la cour pour observer les étoiles. Enfin, il pouvait respirer, lui, tellement habitué à la vie au grand air. Pourtant jamais il ne s'éloignait de la maison. Ana lui avait formellement interdit de franchir la clôture. Pour parer à tout risque, Victor avait aménagé une cachette sous le toit. Une trappe dans le plafond permettait d'y accéder rapidement, dans le cas où un visiteur impromptu se serait présenté.
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Par Orphea, le 21/12/2010
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
"Voici l'heure du Jugement", se dit Victor. Il s'accouda sur le bord du canot en se cramponnant de ses larges mains. Comme une vis sans fin qui, inlassablement, se noue et se dénoue, un remous d'écume se déployait en vrille sous ses yeux. Irrésistiblement, La Fosse l'attirait à elle. Dans ce gouffre insondable, Victor comprit l'immensité que pouvait prendre sa petite vie. Les vapeurs toxiques de soufre exhalaient leur parfum aliénant, l'attirant comme les effluves d'un puissant opiacé. Ce n'était plus de l'eau qui s'ouvrait à lui, mais un abîme d'éternité. L'agitation des flots qui secouaient la barque dans un inquiétant va-et-vient, semblait lui chuchoter à l'oreille : "Tu es à moi, tu m'appartiens..." Il resta ainsi immobile quelques secondes à regarder ces ténèbres lumineuses dans une parfaite quiétude. Victor se dit qu'il ne pouvait plus faire machine arrière. Pas cette fois-ci. Son passé et son avenir étaient là, au-dessous de lui, dans ce trou sans fond qui engloutissait les hommes et libéraient leurs âmes.
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Par Orphea, le 21/12/2010
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
Tel un reflet des ténèbres, La Fosse aux Lions se déploie au milieu de la grande forêt moldave. A lui seul, ce nom sonne déjà comme un mystère. Les légendes les plus folles courent sur ce lac.
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Par Seraphita, le 20/06/2010
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
La Fosse aux Lions parut s’assombrir. Un souffle puissant parcourut les arbres en agitant leur feuillage. L’eau avait perdu sa clarté cristalline. En un instant, elle était devenue sombre, comme si une marée noire s’était déversée dans son flot. Les roseaux sauvages s’agitèrent dans un ballet inquiétant. Tels des monstres aquatiques, les carpes se mirent à danser à la surface dans des clapotis étourdissants. Une troupe de geais s’envola quand la clameur résonna au-dessus de la forêt.
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Par Seraphita, le 20/06/2010
Terre des affranchis de
Liliana Lazar
Une bonne demi-heure de marche dans les bois est nécessaire pour arriver jusqu’au lac. Il faut d’abord longer les collines qui surplombent Slobozia, et s’enfoncer plus profondément dans les taillis de hêtres et de chênes. A son approche, le sentier se fait sinueux, la chênaie devient plus dense. Puis quand le marcheur, convaincu de s’être égaré, songe à rebrousser chemin, soudain, au détour d’un bosquet, il l’aperçoit enfin : le lac.