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Par carre, le 14/09/2012
Lame de fond de
Linda Lê
Je n’ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j’ai toute latitude de soliloquer.
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Par lavinia02, le 02/10/2012
Calomnies de
Linda Lê
N'attends rien des autres. Leur but est de te faire dégorger tes entrailles, te faire rendre ta morve, tes excréments. Et quand il ne restera de toi qu'un squelette, une carcasse bien nettoyée, ils te prendront sous leur aile protectrice. Ils te gaveront de leur nourriture, ils feront de toi une oie farcie de leur bêtise et, là, ils penseront en te regardant avec des yeux de père que tu as donné le meilleur de toi-même. Entre partout comme un chien dans un jeu de quilles. Reste seule. Reste métèque. Cultive les marges. Laboure les confins. Veille à ce qu'il y ait toujours en toi de l'indésirable, de l'infréquentable, de l'irréductible.
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Par nadejda, le 30/12/2010
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau de
Linda Lê
Lire, écrire, quand on ne se borne pas à réclamer un baume lénitif, c'est accepter de se désabriter, c'est s'exposer à une fission. C'est renoncer au rêve de cohésion et obtenir en contrepartie une révélation. La puissance du verbe réside dans sa défaillance même : il est traître, il s'ingénie à ruiner les espérances.
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Par Melopee, le 13/03/2013
Lame de fond de
Linda Lê
Elle ne sait pas que j'ai passé une partie de la nuit et de la matinée à gribouiller dans mon calepin et que j'étais claquée à cause de ça. A moins que ce ne soit parce que je subis le contrecoup des derniers jours, où j'ai été paumée, où tout me rappelait que jamais plus Van ne me projetterait des films, ne me réciterait des ballades de Villon, ne me ferait râler en corrigeant mes fautes de français, ne me ferait découvrir des installations de vidéastes, ne rentrerait les bras chargés de bouquins achetés à la Foire du Livre ancien, ne partirait avec nous dans l'arrière-pays provençal, n'aurait avec Hugues et Rachid des discussions sur les hyperréalistes américains ou les cinéastes iraniens, ne viderait une bouteille de bordeaux en retardant le moment d'aller au charbon [...] (pp. 217-218)
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Par jostein, le 20/03/2013
Lame de fond de
Linda Lê
Je laisse derrière moi trois femmes auprès de qui j'ai appris la signification du mot AMOUR, amour conjugal, amour paternel, amour défendu, trois femmes que je n'ai probablement pas su aimer comme il fallait, puisque ce que je prodiguais à l'une, je le retirais à l'autre...
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Par ChezLo, le 18/12/2010
In memoriam de
Linda Lê
Quand j'appris la nouvelle, non seulement du suicide mais de la visite de mon frère, à qui avait été concédé le privilège de lui parler avant sa mort, je me mis à haïr Sola. Elle était partie sans une explication, comme si je ne valais pas la peine d'une lettre. Il nefallait pas attendre d'elle un Pardonnez-moi. Elle était trop convaincue de la légitimité du moindre de ses actes. Mais elle aurait pu me dire au revoir, m'assurer qu'elle m'avait aimé, même en ajoutant qu'elle aimait aussi Thomas, de façon différente, avec moins d'ambivalence. Elle s'en était abstenue. Elle avait tiré sa révérence en ma claquant la porte au nez, et moi, glacé d'effroi, j'avais pour tout legs ce silence assourdissant. La tragédie était consommée.
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Par nadejda, le 30/01/2011
Tuécriras sur le bonheur de
Linda Lê
Stevenson disait de l'artiste qu'il est fils de joie, comme il est des filles de joie. C'est une définition qu'on appliquerait volontiers au lecteur, s'il sait reconnaître ce qu'il attend et, en lisant, parler avec son double intime, ce frère secret que chaque livre révèle en soi. Fils de joie, il écoutera le choeur pathétique des hommes comme un épithalame, il ira là où il est étranger, là, disait Ungaretti, "où ce n'est pas un péché, un sacrilège d'être curieux de soi dans les choses qu'on aime". Préface à "Tu écriras sur le bonheur" de LL
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Par nadejda, le 30/12/2010
Les Aubes de
Linda Lê
Celui qui quitte le monde, laisse derrière lui le banquet qui bruisse de toutes les rumeurs ineptes, de tous les ragots dégradants pour se réfugier dans la solitude et n'échanger qu'avec les morts et les grands esprits ses certitudes, est immanquablement jugé fou. Il faut être fou pour refuser la distraction du cancan, le divertissement des masques et se retrouver seul, à questionner son visage nu et à s'entretenir avec soi-même des fins dernières. Une telle attitude est un défi. Elle suppose une ténacité surhumaine.
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Lame de fond de
Linda Lê
Maintenant que Van est dans la tombe, je voudrais tellement, si son esprit hante notre maison, qu'il accorde à Lou son pardon, qu'il ait des motifs d'être content de moi, qu'il veille sur nous et qu'il chasse les mauvaises ondes. Je voudrais tellement ne plus être cette âme en peine qui se trimballe d'une pièce à l'autre en ayant le cœur serré par un horrible sentiment de vide.
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Par lavinia02, le 02/10/2012
Calomnies de
Linda Lê
Dans cette famille, on ne lit pas, la lecture donne des maux de tête, la lecture est malsaine, la lecture est une maladie, il faut s'en tenir à l'écart. Dans cette famille, la vie des esprits est condamnée à dépérir. On ne se sert pas de sa tête pour réfléchir, lire, regarder un tableau, on ne se sert de sa tête que pour calculer les intérêts, voler de l'argent ici, en soutirer là.