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Par EveLen, le 13/06/2008
Le passeur de
Lois Lowry
- Papa? Maman? demanda timidement Jonas après le repas du soir. J'ai une question que j'aimerais vous poser.
- Qu'est-ce que c'est? demanda son père.
Il se força à prononcer les mots bien qu'il se sentît rougir de gêne. Il les avait répétés pendant tout le chemin du retour.
- Est-ce que vous m'aimez?
Il y eut pendant quelques instants un silence embarrassé. Puis Papa émit un petit gloussement.
- Jonas! Toi! Et la précision du langage, alors?
- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda Jonas.
Une réaction amusée n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait.
- Ton père veut dire que tu as utilisé un terme très général, tellement dénué de sens qu'il est pratiquement tombé en désuétude, expliqua sa mère avec soin.
Jonas les regarda d'un air ébahi. Denué de sens? Jamais auparavant il n'avait ressenti quelque chose d'aussi riche de sens que ce souvenir.
- Et bien entendu, notre communauté ne peut pas fonctionner correctement si les gens n'emploient pas un langage précis. Tu pourrais demander: "Est-ce que vous appréciez ma présence?" Et la réponse est oui.
- Ou bien, suggéra son père: "Est-ce que vous êtes fiers de mes réalisations?" Et la réponse est oui, de tout coeur!
- Est-ce que tu comprends pourquoi c'est impropre d'utiliser un mot comme "aimer"? demanda Maman.
Jonas hocha la tête.
- Oui, merci, je comprends, répondit-il lentement.
Ce fut la première fois qu'il mentit à ses parents.
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Par Yuko, le 12/07/2010
Le passeur de
Lois Lowry
- Mais pourquoi est-ce que les souvenirs ne peuvent pas être à tout le monde ? Je pense que ce serait peut-être un peu plus facile si on les partageait. (...)
Le passeur soupira.
- Tu as raison, dit-il. Mais alors tout le monde devrait supporter ce fardeau et cette douleur. Ils ne veulent pas de ça.
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Par Endea54, le 05/03/2010
Un été pour mourir de
Lois Lowry
Le temps ne s'arrête pas, votre vie est toujours là qui continue et il faut la vivre. Après quelques temps, vous vous rappelez les bons moments plus souvent que les mauvais. Peu à peu, ce grand vide silencieux en vous se remplit à nouveau du bruit des conversations et des rires, les larmes ébréchées du chagrin s'émoussent sous les souvenirs.
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Par Jumax, le 07/12/2011
Le bal d'anniversaire de
Lois Lowry
"Un buffet raffiné, dit la princesse.
- Comment? Un bouffi ranimé? ... Quelle drôle d'idée..."
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Par Endea54, le 05/03/2010
Un été pour mourir de
Lois Lowry
Je veux parler de cette partie de vous même qui est privée, intime, et qu'on aimerait ne pas montrer : les larmes qu'on verse parfois sans la moindre raison, les pensées auxquelles on voudrait réfléchir dans la solitude, les mots qu'on a envie de prononcer tout haut pour entendre comment ils sonnent, mais pour soi seule.
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Par Pikachu, le 30/11/2010
Passeuse de rêves de
Lois Lowry
Toi-même tu m’as dit une fois que j’étais un vrai fil de soie. D’ailleurs, ajouta-t-elle en gloussant, je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire…
— C’est quelque chose de très léger et très délicat. Parfois, on utilise cette image pour décrire ne toile d’araignée qui brille au soleil.
— Oh, comme c’est joli ! J’adore les toiles d’araignée. Il y en avait une, à un moment, dans un coin du salon, derrière le piano, et j’ai dansé dessus. La lune brillait ce soir-là et ça m’a semblé exactement ce qu’il fallait faire : danser sur une toile d’araignée au clair de lune.
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Les Willoughby de
Lois Lowry
Vivre dans la déchéance signifie qu'il y a des aliments pourris dans le réfrigérateur, des crottes de souris partout, que les poubelles débordent parce qu'elles n'ont pas été vidées depuis des semaines et que la machine à laver est en panne depuis des mois - avec des vêtements mouillés qui moisissent dedans - mais qu'aucun réparateur n'a été appelé. La déchéance a une très mauvaise odeur.
La déchéance n'est pas une question d'argent. Elle se produit quand les gens sont tristes.
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Les Willoughby de
Lois Lowry
Sa femme avait la manie de tout ranger par ordre alphabétique et il trouvait ça parfois déprimant. Le résultat, c'était que ses chaussettes étaient rangées avec ses cravates, et ses pyjamas avec les parapluies dans l'armoire. Même ici, dans la cuisine, si on cherchait des anchois, il fallait d'abord trouver les abricots.
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Les Willoughby de
Lois Lowry
[...] il avait déjà entendu le garçon parler dans un charabia qu'il croyait être de l'allemand. En fait, il se contentait d'ajouter aux mots des syllabes sans signification, mais avec un accent allemand.
- Bonjourschlimhofen, dit joyeusement le garçon. Il fait beauschtumpf auchourd'hui, n'est-ce paschlitz ?
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Les Willoughby de
Lois Lowry
Les enfants Willoughby étaient au troisième étage de la haute maison étroite, l'étage où un grenier moisi et plein de toiles d'araignée avait été reconverti en salle de jeux moisie et plaine de toiles d'araignée.