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Par kathel, le 29/08/2010
La passerelle de
Lorrie Moore
Les cours ne débutaient pas avant la semaine suivante, mais je sentais le semestre remonté à bloc et prêt à tirer comme une kalachnikov. Le semestre du printemps, à la fois bien et mal nommé. Tant qu'il n'avait pas commencé, je dormais jusqu'à midi, puis me levais et me préparais une sorte de pitoyable baklava du pauvre : un grand biscuit de blé complet sur lequel je versais du miel et des cacahuètes écrasées. La cuisine était toujours à l'abandon. De nouvelles fraises avaient moisi dans le réfrigérateur, alors que j'avais l'impression de les avoir tout juste achetées. Cette fois, elles arboraient le gris turquoise d'un toit cuivré. Le pain lui aussi était poudré d'une moisissure bleutée qui aurait fait une ravissante ombre à paupière pour choriste - mais une choriste ayant besoin de pénicilline. Un quignon resté plusieurs semaines dans un sac en plastique semblait contenir un serpent de moisissure aux taches orange et noire : le musée d’Art moderne des Filles fauchées.
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Par jostein, le 16/01/2012
La passerelle de
Lorrie Moore
En quoi les mariages de raison étaient-ils si mal? Au moins, la froideur était présente dans le couple dès le début, plutôt que de grandir lentement, désagréablement, dans le cœur des deux amants.
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Par pyrouette, le 31/12/2010
La passerelle de
Lorrie Moore
C'est étrange comme, quand on prend de l'âge, ce sont les jeunes qui vous aprennent des choses. De jeunes gens qui semblent en savoir beaucoup plus long que vous. On finit par se dire, comme un scientifique, Mon Dieu voici la preuve de l'évolution.
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Par kathel, le 26/05/2010
Déroutes de
Lorrie Moore
Ruth commença à se sentir mal, de manière générale. Son corps, qui n’avait jamais été un temple, était passé de l’état de foyer à celui de maison, avant de devenir une cabine téléphonique, puis un cerf-volant. Il ne l’abritait plus. Elle ne s’y sentait plus hébergée.
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Par kathel, le 26/05/2010
Déroutes de
Lorrie Moore
La campagne irlandaise s’ouvrait devant elles, avec son patchwork pastoral, ses murs de pierre et ses senteurs de tourbe brûlée sortant des cheminées qui évoquaient un autre siècle, ses petits bosquets, ses champs peuplés de fleurs sauvages et de crottes de mouton, son gazon coupé et ses vaches aux oreilles ornées d’étiquettes, belles comme des femmes. Des lutins habitaient peut-être dans les arbres. Abby comprit que pour vivre dans ce monde enchanté, il fallait nécessairement croire à la magie. Habiter ici vous rendait superstitieux, porté aux secrets, irréaliste. Les esprits prosaïques, les esprits pratiques devaient émigrer. Ou se mettre à boire.
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Par jostein, le 16/01/2012
La passerelle de
Lorrie Moore
Le pardon des enfants est une grâce du ciel.