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Louis Calaferte
C'est ainsi que je te voulais
Sur le grand lit écartelée
Et toute pudeur en allée
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Par nadejda, le 23/11/2010
Septentrion de
Louis Calaferte
Les livres me donnaient confiance. Ils représentaient une force sûre, un secours permanent. Toujours réceptif un livre ! A la première lecture on a laissé une marque à telle ou telle page, le coin plié, c'est le passage qui répondait à une préoccupation, un doute. Le dialogue est ininterrompu. D'autant plus vaste qu'on y ajoute tout ce qu'on veut. L'auteur n'a fait que poser les jalons indispensables. A vous de faire la tournée d'inspection.
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Par Babel, le 22/09/2009
Septentrion de
Louis Calaferte
Ne bougez plus d'un poil, ladies and gentlemen! C'est la minute! L'instant fatal! La fin promise! Les cavaliers déboulent l'avenue, chevaux écumants, brandissant le drapeau noir dans une tourmente de meurtres accumulés sur leur passage. Un gnome femelle, rabougri, va se camper en place publique, nu, accroupi, hurlant devant la foule terrorisée, les cuisses écartelées, obscène, le regard dilaté, tout entier recroquevillé sur le trou distendu de son sexe en gésine tenu au ras le sol, accouchant, déchiré, du long corps révulsé de l'Antéchrist prêchant aux hommes rassemblés, immobiles de stupeur, la révolte et la haine des jours derniers. Viendra la morsure de cette pluie de sel et de feu. Plaie noire de l'anéantissement. Dans la pesanteur étalée du silence, une fois le brasier apaisé, se soulèvera d'entre les morts un couple sans mémoire, épargné, hôtes fantomatiques de ces lieux arides, hébétés, gémissants, ne reconnaissant pas encore la délivrance de cette pauvreté sainte du dépouillement. Un couple écrasé de peur primitive, se rapprochant craintivement l'un de l'autre, joignant leurs corps brulés et retrouvant la raison simple des gestes de la tendresse dans cette nouvelle sépulture de vie. Trop tard pour vous en tirer par une grimace de piété hypocrite! Vive Dieu et bénis soient les testicules du Saint-Père!
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Par nadejda, le 29/11/2010
L'homme vivant de
Louis Calaferte
La Vie est souplesse.
La Vie est malléable.
La vie est permanente évolution.
La Vie est constant devenir.
Il ne tient qu'à nous que notre lendemain ne soit pas semblable à notre aujourd'hui.
Nous pouvons tout commencer au moment où nous le décidons.
Nous pouvons à tout moment être correction de nous-mêmes.
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Par nadejda, le 21/11/2011
Circonstances : Carnets XI, 1989 de
Louis Calaferte
L'important n'est pas tant de réfléchir que de déchaîner des forces. Ce n'est pas à la sagesse que doit aspirer l'artiste, mais à plus de folie, plus d'audace, plus de liberté. En profondeur ou dans l'étendue, l'art doit être déchirure. Le but supérieur de l'art est le fracassement.
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Requiem des innocents de
Louis Calaferte
Mon frère Lucien fit mieux : il ne céda pas au fil de laiton destiné à le tuer dans l'oeuf. Il se contenta de naître idiot.
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Par nadejda, le 29/11/2010
L'homme vivant de
Louis Calaferte
Le monde est notre désir.
Le monde est notre vouloir.
Il n'y a rien à dire du monde --- sauf qu'il nous ressemble trait pour trait.
Si nous le trouvons médiocre --- c'est que nous sommes médiocres.
Si nous le trouvons vain --- c'est que nous sommes vains.
Si nous le trouvons affreux --- c'est que nous sommes affreux.
Si nous le trouvons dur --- c'est que nous sommes durs.
Si nous le trouvons morne --- c'est que nous sommes mornes.
....
Si nous le trouvons hostile --- c'est que nous sommes hostiles.
Il ne changera que quand nous changerons.
Il est nous --- et indéfiniment il nous ressemblera.
Pour l'instant --- c'est un monde de terre sèche.
Il y aura un brin d'herbe quand vous serez devenus brin d'herbe.
Ou alors --- laissez tout crever.
Les démoniaques des pouvoirs ont ce qu'il faut dans l'arsenal pour une gigantesque épouvante.
Une gigantesque Mort.
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Par Grapheus, le 29/05/2010
Satori de
Louis Calaferte
Ô, mes vénales ! Huppes renardes, lippe engrossée, siphonnez-moi ! Des dents ! Des yeux ! Des fronts ! Des nuques ! Des langues coulomelles ! Pas de nuit sans vos vulves muscates. Tel —, je me hampe sur vos sveltes fumiers. Je fouine, foutre, mange, bâfre et broie, ronge. Mes sordides nourrices ! Tous vos corps ! Tous vos corps ! Tous vos membres ! Les orties de la peau ! Vos salives qui bêlent. Vos mousses alcalines. Vulgaires ! Vos abois ! Je vous hume à la chienne. Je vous constate. Vous octroie. Couvrez, harcelez-moi de vos mamelles floches. Dans le sang ! Dans l'onguent ! Ce sirop ! Ce gluten ! Je gobe vos oursins. Bêtes crottées. Boales.J'entorse vos cheveux. Griffures ! L'acide amer sous vos aisselles. Lèche. Lape. Liche. Râpe. Grumeaux. Sorcières ! Crapulez-moi ! Mon Mal est diabolique. Ruses ! La claque des hanches. Aux lèvres charnelantes je tranche des baisers de boue. Saintes souilleuses ! Abrégez-moi ! Vos grandes bouches disloquées de félicité silencieuse sont mes Rosaires à moi. Je roule. Rauque. Courroucé. Je râle dans vos culs pluvieux. Goules !
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La Mécanique des femmes de
Louis Calaferte
L'un dans l'autre, soudain en larmes.
- Dès qu'on aura fini, tu vas t'en aller, on aura tout fait comme si on s'aimait, mais on ne s'aimera pas, je serai de nouveau seule, comme quand tu m'as trouvée dans la rue, avec les hommes, c'est l'amour que je cherche, qu'il y en ait un qui m'emmène chez lui et qu'on fasse tous les jours les choses ensemble, que ça ait un sens, quel sens ça a que tu sois dans moi avec ton sexe, il y a cinq minutes je ne te connaissais même pas, tu me serres dans tes bras comme si tu m'aimais et ce n'est pas vrai, c'est à peine si tu m'as regardée avant, tu ne sais même pas comment je suis faite, pourvu que tu me baises, pourvu que ça te fasse une fille de plus, toi, ça te suffit, vous êtes tous des pourris, je me suis promis que si avant trente ans je ne suis pas mariée, je n'ai pas réussi à avoir un foyer, je ne baise plus jamais, ça ne me manquera pas, j'en ai assez eu, ils ne se sont pas privés pour faire leurs saloperies avec moi.
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Par nadejda, le 03/01/2011
Satori de
Louis Calaferte
Oui, la campagne est blonde. Les bêtes aux pelages propres vivent d'un oeil étonné. Les blés sont en gerbes et en meules. Oui, il y a des maisons ocre-roussies dans le creux des collines ; avec des femmes bien-portantes qui vont et viennent, des esbroufes de volailles et des enfants la morve au nez. Les forêts sont frileuses. Oui, le ciel d'aujourd'hui a sa langueur d'avant la pluie et des gens sont assis sur le pas de leur porte. Oui.
Oui... Oui --- mais cette ombre, ce malaise insidieux qui persiste en moi...