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Par araucaria, le 30/11/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
"Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire de ces boutons?
- Ah! sacré arsouille! Je vais t'apprendre un peu l'ordre et l'économie, et "pisse que" les mots ne servent à rien, c'est à coups de pied au derrière que je vais t'instruire, moi, tu vas voir ça, gronda le père Tintin.
Aussitôt, joignant le geste à la parole, saisissant son rejeton par le bras et le faisant pivoter devant lui, il lui imprima sur le bas du dos, avec ses sabots noirs de purin, quelques cachets de garantie qui, pensait-il, le guériraient pendant quelque temps du désir et de la manie de chiper des boutons dans le "catrignot" de sa mère.
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Par araucaria, le 01/12/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
Lebrac, en connaisseur, agitait son litre d'eau-de-vie où des bulles d'air se formaient qui venaient s'épanouir et crever en couronne au goulot.
- C'est de la bonne, affirma-t-il. Elle a de la religion, elle fait le chapelet.
"Attention, j'vas passer; que personne ne bouge!"
Et, lentement, il partagea entre les quarante-cinq convives le litre d'alcool. Cela dura bien dix minutes, mais personne ne but avant le signal. On porta alors de nouveaux toasts plus verts et plus violents que jamais; ensuite on trempa les morceaux de sucre et on pompa le liquide à petits coups.
Vingt dieux! ce qu'elle était forte! Les petits en éternuaient, toussaient, crachaient, devenaient rouges, violets, cramoisis, mais pas un ne voulait avouer que cela lui brûlait la gorge et que ça lui tordait les tripes.
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Par araucaria, le 02/12/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
Le maître, du haut de sa chaire, droit et sévère, sa règle d'ébène à la main, commença par flétrir en termes énergiques leur conduite sauvage de la veille, indigne de citoyens civilisés, vivant en République dont la devise était : liberté, égalité, fraternité!
Il les compara ensuite aux êtres apparemment les plus horrifiques et les plus dégradés de la création : aux apaches, aux anthropophages, aux ilotes antiques, aux singes de Sumatra et de l'Afrique équatoriale, aux tigres, aux loups, aux indigènes de Bornéo, aux Bachibouzouks, aux Barbares des temps jadis, et, c'était le plus grave, comme conclusion à ce discours, déclara qu'il ne tolérait pas un mot, que le premier geste de communication qu'il surprendrait soit en classe, soit en récréation vaudrait, à son auteur, trente jours de retenue et dix pages, par soir, d'Histoire de France ou de Géographie à copier et à réciter.
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Par LydiaB, le 22/04/2013
Les Rustiques de
Louis Pergaud
Abel le Rat m’a pourtant livré leur secret un soir entre quatre-z-yeux et quatre litres aussi.
— Tu comprends, je peux bien te le dire à toi, puisque tu ne restes pas dans le pays et que tu t’en bats l’œil.
Ils nous paient à boire des deux côtés, alors, on leur doit quelque chose. Seulement, on ne peut pas partager une voix en deux, comme un litre : alors, on s’arrange.
Une fois, c’est Laugu qui vote rouge et moi blanc, la fois d’après, c’est le contraire ; la dernière fois, comme il y a eu deux tours, on a pu voter pour tous.
Comme ça, il n’y a rien à dire, et on ne leur-z-y doit rien !
Et il ajouta, concluant :
— On est honnête ou on ne l’est pas !
(Extrait de "Deux électeurs sérieux")
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Par araucaria, le 30/11/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
Lebrac n'hésita pas davantage. Il répliqua par un "A cul les Velrans!" aussi sonore que le cri de son rival et les épieux et les sabres de Longeverne pointèrent encore une fois en avant leurs estocs durcis.
- Ah! Prussiens! ah! salauds! - triples cochons! - andouilles de merde! - bâtards de curés! - enfants de putains! - charognards! - pourriture! - civilités! - crevures! - calotins! - sectaires! - chats crevés! - galeux! - mélinards! - combisses! - pouilleux! telles furent quelques-unes des expressions qui s'entrecroisèrent avant l'abordage.
Non, on peut le dire, les langues ne chômaient pas!
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Par genou, le 14/06/2013
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
- Couille molle ! … Des couilles, on sait bien ce que c’est, pardine, puisque tout le monde en a, même le Miraut de Lisée, et qu’elles ressemblent à des marrons sans bogue, mais couille molle ! … couille molle !... – Sûrement que ça veut dire qu’on est des pas grand-chose, coupa Tigibus, puisque hier soir, en rigolant avec Narcisse, not’ meunier, je l’ai appelé couille molle comme ça, pour voir, et mon père, que j’avais pas vu, et qui passait justement, sans rien me dire, m’a foutu aussitôt une bonne paire de claques. Alors…
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Par araucaria, le 30/11/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
- En avant! en avant! en avant, nom de Dieu!
Et telle une légion infernale et fantastique de gnomes subitement surgis de terre, tous les soldats de Lebrac, brandissant leurs épieux et leurs sabres et hurlant épouvantablement, tous, nus comme des vers, bondirent de leur repaire mystérieux et s'élancèrent d'un irrésistible élan sur la troupe des Velrans.
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Par genou, le 14/06/2013
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
Le chef c'est celui qui a le plus grand zizi
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Par genou, le 14/06/2013
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
Quand il n'y avait point de morts, nos vieux disaient: "Nous n'avons pas bien fait la fête ! "
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Par gill, le 28/02/2012
La Guerre des boutons de
Louis Pergaud
- Faut acheter des sardines, insinua Tintin. C'est bon les sardines. Ah ! Tu sais pas ce que c'est, Guerreuilas ! Eh bien, mon vieux, c'est des petits poissons sans tête cuits "dedans" une boîte en fer-blanc, mais tu sais, c'est salement bon ! Seulement on n'en achète pas souvent chez nous passe que c'est cher.
"Achetons-en une boîte, voulez-vous ? Il y en a dix, douze, même quelquefois "tienze" par boîte, on partagera.
- Ah ! Oui ! que c'est bon, renchérit Tigibus, et l'huile aussi mes amis ; moi, ce que j'aime l'huile de sardine ! Je relèche les boîtes quand on en achète ; c'est pas comme l'huile à salade.
On vota d'enthousiasme l'achat d'une boîte de sardines de onze sous.
Restaient dix sous de disponible...
(extrait du chapitre III "le festin dans la forêt")
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