-
Par Orphea, le 09/10/2010
Oeuvres complètes de
Louise Labé
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
> lire la suite
-
Par Orphea, le 09/10/2010
Oeuvres complètes de
Louise Labé
Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter,
Et qu'aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;
Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,
Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,
Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.
> lire la suite
-
Par Lali, le 07/02/2011
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
Or bien, puis qu”ainsi le voulez,
Soit fait, sans y contrevenir :
Mais si au rang des désolés
Il me faut par ce point venir,
Je vous supplie vous souvenir
De regarder plus amplement,
Que tel en son dire ample ment*,
Comme contre quoi rempli d’ire,
Et qu’il ne dit rien simplement,
Que je n,entende qu’il veut dire.
> lire la suite
-
Par Lali, le 07/02/2011
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues
Ô jours luisants vainement retournés!
Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô mille morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destinés!
Ô ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts!
Ô luth plaintif, viole, archet et voix!
Tant de flambeaux pour ardre une femelle!
De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d’endroits d’iceux mon cœur tâtant,
N’en est sur toi volé quelque étincelle.
> lire la suite
-
Par doyoubnf, le 21/10/2010
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
XII
Luth, compagnon de ma calamité,
De mes soupirs témoin irréprochable,
De mes ennuis contrôleur véritable,
Tu as souvent avec moi lamenté;
Et tant le pleur piteux t'a molesté
Que, commençant quelque son délectable,
Tu le rendais tout soudain lamentable,
Feignant le ton que plein avais chanté.
Et si tu veux efforcer au contraire,
Tu te détends et si me contrains taire :
Mais me voyant tendrement soupirer,
Donnant faveur à ma tant triste plainte,
En mes ennuis me plaire suis contrainte
Et d'un doux mal douce fin espérer.
> lire la suite
-
Par Orphea, le 14/11/2010
Oeuvres complètes de
Louise Labé
On voit mourir toute chose animée,
Lors que du corps l’âme subtile part :
Je suis le corps, toi la meilleure part :
Où es-tu donc, ô âme bien aimée ?
Ne me laissez pas si longtemps pâmée :
Pour me sauver après viendrais trop tard.
Las ! ne mets point ton corps en ce hasard :
Rends-lui sa part et moitié estimée.
Mais fais, Ami, que ne soit dangereuse
Cette rencontre et revue amoureuse,
L’accompagnant, non de sévérité,
Non de rigueur, mais de grâce amiable,
Qui doucement me rende ta beauté,
Jadis cruelle, à présent favorable.
> lire la suite
-
Par Lali, le 07/02/2011
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
Le Corps ravi, l’Âme s’en émerveille
Du grand plaisir qui me vient entamer,
Me ravissant d’Amour, qui tout éveille
Par ce seul bien, qui le fait Dieu nommer.
Mais si tu veux son pouvoir consommer,
Faut que partout tu perdes celle envie :
Tu le verras de ses traits s’assommer,
Et aux Amants accroissement de vie.
-
Par Lali, le 07/02/2011
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l’heur passé avec toi regretter,
Et qu’aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre;
Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter;
Tant que l’esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,
Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,
Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d’amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.
> lire la suite
-
Par Grapheus, le 23/01/2009
Oeuvres complètes de
Louise Labé
O noires nuits vainement atendues
O jours luisants vainement retournez
O tristes pleins O désirs obstinez
................................................
O miles morts en miles rets tendues
-
Par Lali, le 07/02/2011
Oeuvres poétiques, précédé de "Rymes" de Pernette du Guillet de
Louise Labé
Soit que par égale puissance
L’affection, et le désir
Débattent de la jouissance
Du bien dont de veulent saisir :
Si vous voulez leur droit choisir,
Vous trouverez sans fiction,
Que le désir en tout plaisir
Suivra toujours l’affection.