-
Mensonges de femmes de
Ludmila Oulitskaïa
Elle chaussa ses lunettes, s’arma d’un crayon à pointe fine pour mettre des points d’interrogation dans les marges, et s’endormit sur-le-champ, bercée par cette merveilleuse musique à multiples voix qui remplit une maison de campagne pendant la pluie : le crépitement des gouttes sur les feuilles, les coups cognés contre la vitre, de mélodieuses vagues sonores à la moindre saute de vent, le clapotis des gouttes à la surface de l’eau noire du tonneau, le carillon bien distinct des trombes d’eau dévalant la gouttière… Et le bruit le plus dangereux – celui, d’abord éclatant puis mat, des gouttes tombant au fond de la cuvette posée dans le grenier sous le toit qui fuit.
> lire la suite
-
Mensonges de femmes de
Ludmila Oulitskaïa
"Les hommes, c'est très bien, mais pourquoi en avoir chez soi?" demandait perfidement Anna Véniaminovna.
Et l'autre lui répondait du tac au tac :
"Anna Véniaminovna ! Je ne vais pas emprunter à ma voisine son fer à repasser, son moulin à café ou son mixeur, j'ai les miens. Pourquoi irais-je emprunter un homme ?
- Comment pouvez-vous comparer un homme à un fer à repasser, ma petite Genia ? Un fer à repasser caresse quand on en a besoin, tandis qu'un homme caresse quand il en a besoin, lui !" rispostait Anna Véniaminovna.
> lire la suite
-
Mensonges de femmes de
Ludmila Oulitskaïa
"Ma mère était une beauté - Dina Doubrine tout craché, si ça te dit quelque chose. Et elle a toujours été idiote. Enfin, pas idiote, mais un peu retardée. Je l'aime beaucoup. Seulement, elle a toujours eu de la bouillie dans la tête : d'un côté, elle est communiste, de l'autre, elle est luthérienne, et du troisième, c'est une admirattrice du marquis de Sade."
-
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
[...] elle comprit que ses dix-sept ans de bonheur conjugal avaient pris fin [...] "Comme c'est bien qu'il ait désormais à ses côtés cette belle jeune femme, tendre et raffinée, cet être raffiné, cet être d'exception, comme lui ! songeait Sonia. Et comme la vie est bien faite, de lui avoir envoyée sur ses vieux jours ce miracle qui l'a incité à revenir à ce qu'il y a de plus important en lui, son art..." Vidée de tout, légère, les oreilles bourdonnant d'un tintement limpide, elle entra chez elle, s'approcha de la bibliothèque, y prit un livre au hasard et s'allongea en l'ouvrant au milieu. C'était La Demoiselle paysanne de Pouchkine.
(p.89)
> lire la suite
-
Par Lali, le 06/02/2011
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
À force de lire sans arrêt, Sonietchka a un derrière en forme de chaise…
-
Par al, le 24/04/2010
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre.
-
Par Aela, le 09/03/2011
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre.
Elle avait pour la lecture un talent peu ordinaire, peut-être même une sorte de génie.
Целых двадцать лет, с семи до дватцати семи, Сонетчка читала почти без перерыва. Она впадала в чтение как в обморок, оканчивавшийся с последней страницей книги.
> lire la suite
-
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
Quant à l'âme imperturbable de Sonietchka, enrobée dans son cocon de milliers de livres lus, bercée par le grondement et la fumée des mythes grecs, par la stridence hypnotique des flûtes moyenâgeuses, l'angoisse venteuse et brumeuse d'Ibsen, la pesanteur détaillée de Balzac, la musique astrale de Dante et le chant de sirène des voix pointues de Rilke et de Novalis, envoûtée par le désespoir moralisateur que les grands écrivains russes pointent vers le coeur même du ciel...
(p.17-18)
-
Par bibliophage, le 20/02/2009
Première phrase du livre
Sonietchka de
Ludmila Oulitskaïa
(incipit)
Dès son plus jeune âge, à peine sortie de la prime enfance, Sonietchka s'était plongée dans la lecture.
-
Un si bel amour et autres nouvelles de
Ludmila Oulitskaïa
"Mais maintenant ils étaient tous morts ; c'est comme si la boucle de sa vie s'était refermée sur elle-même, et le passé, éclairé par la lumière cinématographique du bonheur, avait voracement englouti tant le présent dépeuplé que l'avenir privé du moindre sens." [La Bête]