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Par Couperine, le 21/11/2011
La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
L'obsession majeure de l'homme médiéval est la crainte du Jugement dernier et de la damnation qu'il peut entrainer. Cette peur est à l'origine de certaines conversions subites et décisives, de fins de vie édifiantes dont les textes littéraires portent témoignage. Parallèlement aux genres bien définis que sont la poésie lyrique, l'épopée ou le roman, s'est développée une importante production littéraire constituant une somme de valeurs morales. De cette production disparate font partie les vies de saints, les contes pieux et les miracles de la Vierge. Si cette étude s'est attachée au recueil de Gautier de Coinci, cela n'est pas sans raison. Ce dernier a marqué un tournant dans le paysage littéraire et culturel, devenant un exemple pour ceux qui lui succèderont.
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Par Couperine, le 21/11/2011
La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
La maladie a ponctué la période médiévale. Les différentes pestes notamment restent dans tous les esprits. On commence à trouver des descriptions exactes de cette maladie au vie siècle. La peste dite de Justinien, du nom de l’empereur byzantin (482-565), en fut la première manifestation véritable. Bien que son foyer se trouvât en Égypte, elle s'abattit sur tout le monde occidental. En quelques mois, elle décima des populations entières, les villes devinrent des déserts. Grégoire de Tours, évêque et historien, relate dans son Histoire des Francs :
« …on compta, un dimanche, dans une basilique de saint Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d'un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu'ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. »
La mort du Pape romain Pélage II, en 590, provoqua une terreur sans nom. Pouvait-on imaginer un seul instant qu’un tel personnage, qui s'était voué corps et âme aux malades durant son Pontificat puisse, lui aussi, subir les effets de ce châtiment envoyé par le malin ?
Du VIIe siècle au XIVe siècle, le monde connut quelques autres attaques, relativement bénignes. La maladie couvait cependant, pour mieux se déchaîner au XIVe siècle. Cette épidémie sournoise se répandit alors comme une traînée de poudre, faisant fi des continents, des frontières, des Hommes. Elle hanta les corps et les esprits, à tel point que l’on y fait encore référence aujourd’hui en abordant le sujet des maladies à cette période.
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Par annie, le 01/06/2011
La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
"la souffrance était considérée comme le châtiment de Dieu. Des cérémonies étaient faites pour exorciser le démon. Des textes rapportent des guérisons ponctuelles dues à l'intervention des saints"
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"Habile ruse ou croyance véritable ?"
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Par Woland, le 08/06/2011
La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
[...] ... Pourquoi prôner ainsi l'exil des personnes souffrantes ? J. L. Goglin émet une hypothèse : "La rumeur publique accuse les malades d'empoisonner les fontaines, d'user de maléfices ... [...] Porteurs d'un mal horrible, ils constituent une menace pour la société qui en a peur, et la foule préfère supprimer tous ceux qui sont suspects de jeter des sorts." Le mal assume alors une fonction dramatique, déclenchant haine et vengeance de la société. De ce fait, elles motivent spirituellement les personnages, lesquels se réfugient dans la foi.
L'exclusion sociale est un thème fréquent dans la littérature médiévale, en corrélation avec la maladie, et notamment avec la lèpre, considérée comme le plus grand des maux. Ainsi, un passage célèbre de "Tristan & Iseut", "La Fleur de Farine", y fait référence. Le nain Frocin, proche du roi, veut faire accuser les deux amants. Pour ce faire, il parsème de farine la chambre de la reine. Tristan est trahi par une blessure. Son sang se répand sur la farine, révélant ainsi sa présence. Pris en flagrant délit, les coupables doivent être livrés au bûcher sur ordre du roi. Mais Tristan s'évade. Iseut, quant à elle, est condamnée à être abandonnée aux lépreux, châtiment bien plus long et bien plus cruel que le précédent. Elle sera sauvée de cette vie atroce et misérable par son amant. ... [...]
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Par Woland, le 08/06/2011
La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
[...] ... Devant les mortalités dont on ignorait les causes, les hommes du Moyen-Age virent dans la maladie l'expression du courroux céleste. De simple phénomène naturel, elle devint le signe de la présence divine. "Les Miracles de Nostre-Dame" sont le reflet littéraire de cette idéologie sociale. Une sorte de typologie se dégage dans les oeuvres de Gautier de Coinci. Nous allons voir cohabiter un certain nombre de maladies répondant à la conception traditionnelle, reflétant les croyances de l'époque et, par ailleurs, d'autres maladies qui ne seront plus du tout perçues de la mêmes façon. Quelles sont donc les raisons profondes de la souffrance du malade ? ... [...]
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La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
« Devant les mortalités dont on ignorait les causes, les hommes du Moyen Age virent dans la maladie l’expression du courroux céleste. De simple phénomène naturel, elle devint le signe de la présence divine. » (p. 78)
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La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
« Parmi les miracles publiés en cette époque où sévissaient les épidémies, bon nombre mettent en scène la maladie. Elle est l’instrument de châtiment et de rédemption dont se sert Notre Dame afin de punir ou pardonner le pécheur. » (p. 12)
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La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
« La maladie est le reflet du péché pour lequel il convient de se faire pardonner afin de guérir au plus vite. La pénitence devient la voie ouvrant à une vie spirituelle éternelle. » (p. 50)
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La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
« Gautier semble, dans ses écrits, vouloir donner l’exact reflet de la réalité : le malade est un marginal, un exclu, abandonné le plus souvent par sa famille et par la société. » (p. 39)
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La maladie et la Foi au Moyen Âge de
Lydia Bonnaventure
« La maladie et ses symptômes, certes exagérés, ne sont qu’une mise en œuvre de cette forme d’endoctrinement que Gautier poursuit à travers ses textes. » (p. 64)