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Par araucaria, le 28/11/2012
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Eh bien! Monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son mari... Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la Cour et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore si vous le pouvez.
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Par LydiaB, le 11/03/2013
La Princesse de Montpensier, suivi de "La Comtesse de Tende" de
Madame de La Fayette
Comme elle était dans cet état, elle entendit ouvrir une porte dérobée de son cabinet, et vit paraître le chevalier de Navarre, paré et d’une grâce au-dessus de ce qu’elle l’avait jamais vu. Chevalier, où allez-vous, s’écria-t-elle ? que cherchez-vous ? avez-vous perdu la raison ? qu’est devenu votre mariage, et songez-vous à ma réputation ? Soyez en repos de votre réputation, madame, lui répondit-il ; personne ne le peut savoir ; il n’est pas question de mon mariage ; il ne s’agit plus de ma fortune ; il ne s’agit que de votre cœur, madame, et d’être aimé de vous : je renonce à tout le reste. Vous m’avez laissé voir que vous ne me haïssez pas ; mais vous m’avez voulu cacher que je suis assez heureux pour que mon mariage vous fasse de la peine : je viens vous dire, madame, que j’y renonce ; que ce mariage me serait un supplice, et que je ne veux vivre que pour vous. On m’attend à l’heure que je vous parle, tout est prêt ; mais je vais tout rompre, si, en le rompant, je fais une chose qui vous soit agréable, et qui vous prouve ma passion.
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Par chartel, le 20/12/2012
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
J’ai eu tort de croire qu’il y eût un homme capable de cacher ce qui flatte sa gloire.
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Par -Clea-, le 04/09/2011
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Les paroles les plus obscures d'un homme qui plaît donnent plus d'agitation que des déclarations ouvertes d'un homme qui ne plaît pas.
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Par solasub, le 19/01/2012
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Les palissades étaient fort hautes, et il y en avait encore derrière, pour empêcher qu'on ne pût entrer ; en sorte qu'il était assez difficile de se faire passage. M. de Nemours en vint à bout néanmoins ; sitôt qu'il fut dans le jardin, il n'eut pas de peine à démêler où était Mme de Clèves. Il vit beaucoup de lumière dans le cabinet ; toutes les fenêtres en étaient ouvertes et, en se glissant le long des palissades, il s'en approcha avec un trouble et une émotion qu'il est aisé de se représenter. Il se rangea derrière une des fenêtres, qui servaient de porte, pour voir ce que faisait Mme de Clèves. Il vit qu'elle était seule ; mais il la vit d'une si admirable beauté qu'à peine fut-il maître du transport que lui donna cette vue. Il faisait chaud, et elle n'avait rien, sur sa tête et sur sa gorge, que ses cheveux confusément rattachés. Elle était sur un lit de repos, avec une table devant elle, où il y avait plusieurs corbeilles pleines de rubans ; elle en choisit quelques-uns, et M. de Nemours remarqua que c'étaient des mêmes couleurs qu'il avait portées au tournoi. Il vit qu'elle en faisait des nœuds à une canne des Indes, fort extraordinaire, qu'il avait portée quelque temps et qu'il avait donnée à sa sœur, à qui Mme de Clèves l'avait prise sans faire semblant de la reconnaître pour avoir été à M. de Nemours. Après qu'elle eut achevé son ouvrage avec une grâce et une douceur que répandaient sur son visage les sentiments qu'elle avait dans le cœur, elle prit un flambeau et s'en alla, proche d'une grande table, vis-à-vis du tableau du siège de Metz, où était le portrait de M. de Nemours ; elle s'assit et se mit à regarder ce portrait avec une attention et une rêverie que la passion seule peut donner.
On ne peut exprimer ce que sentit M. de Nemours dans ce moment. Voir au milieu de la nuit, dans le plus beau lieu du monde, une personne qu'il adorait, la voir sans qu'elle sût qu'il la voyait, et la voir tout occupée de choses qui avaient du rapport à lui et à la passion qu'elle lui cachait, c'est ce qui n'a jamais été goûté ni imaginé par nul autre amant.
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Par arnaud_m, le 08/09/2012
Madame de La Fayette
Cela fait voir qu’autant que la possession de ce que l’on aime tendrement est délicieuse, autant la privation en est douloureuse et insupportable ; mais si la privation involontaire qui arrive lorsque quelque accident nous enlève un objet aimé nous est si sensible, que ne doit pas être la perte de cet objet qui nous abandonne volontairement, qui nous méprise et n’a plus pour nous que du dégoût ? Certes, rien n’est si cruel ; mais comme il n’est presque aucun amour qui ne soit sujet à cet horrible défaut et à ce malheur extrême, je crois que le meilleur est de vivre sans attache.
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Par -Clea-, le 04/09/2011
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Je vous adore, je vous hais ; je vous offense, je vous demande pardon ; je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin il n'y a plus en moi ni de calme ni de raison.
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Par ama74, le 05/11/2012
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Les paroles les plus obscures d'un homme qui plait donnent plus d'agitation que des declarations ouvertes d'un homme qui ne plait pas
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La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
Il n'y a point d'obstacle, Madame, reprit M de Nemours. Vous seule vous opposez à mon bonheur; vous seule vous imposez à une loi que la vertu et la raison ne vous sauraient imposer.
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Par milado, le 22/05/2012
La Princesse de Clèves de
Madame de La Fayette
La jalousie, répondit-il, et la curiosité d'en savoir peut-être davantage que l'on ne lui en a dit peuvent faire faire bien des imprudences à un mari.