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La Terre nous est étroite et autres poèmes de
Mahmoud Darwich
... Nous passons sur le chemin,
Enchaînés,
Prisonniers.
Laquelle, de ta main ou de la mienne,
A endolori l'autre?
Je ne sais.
Mais aucune ne planta cette fois,
Dans ta poitrine ou la mienne,
Le dard du souvenir.
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Par chartel, le 04/09/2010
La Terre nous est étroite et autres poèmes de
Mahmoud Darwich
J’ai la nostalgie du café de ma mère,
Du pain de ma mère,
Des caresses de ma mère…
Et l’enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J’aurais honte des larmes de ma mère !
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La Trace du papillon : Pages d'un journal (été 2006-été 2007) de
Mahmoud Darwich
J'imagine
J'imagine
et il n' y a pas de mal à cela
ni d'illusion;
que, d'un fil de soie, je coupe le fer,
que d'un fil de laine,
je construits les tentes du lointain
et que je leur échappe
et échappe à moi-même
car je suis...comme je suis!
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Par gaillard1, le 19/09/2010
Une mémoire pour l'oubli : Le temps : Beyrouth, Le lieu : un jour d'août 1982 de
Mahmoud Darwich
Qui a dit de l'eau qu'elle est incolore, inodore et sans saveur ?... L'eau a une couleur que révèle la soif. L'eau a la couleur des chants d'oiseaux, le moineau en particulier, de ces oiseaux que n'affole pas cette guerre venue de la mer tant que demeure préservé leur morceau de ciel. L'eau a le goût de l'eau, cette odeur de l'air chaud, en fin d'après-midi, quand il s'élève des champs où se bercent les vagues lourdes des épis, le long d'étendues parsemées de zébrures sombres, pareilles aux ombres fugaces que laissent derrière elles les ailes des moineaux quand ils rasent les moissons. Car il ne suffit pas de voler pour être oiseau. L'une des pires choses de la langue arabe, c'est peut-être que l'avion - tâïra - soit le féminin de l'oiseau - tâïr. Les oiseaux poursuivent leur chant, affirment leur présence au milieu du fracas des bombardements maritimes. Qui a dit que l'eau est inodore, incolore et sans saveur? Qui a dit que l'avion est le féminin de l'oiseau?
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Par Moan, le 10/05/2012
Anthologie poétique de
Mahmoud Darwich
Vous, qui tenez sur les seuils, entrez
Et prenez avec nous le café arabe.
Vous pourriez vous sentir des humains, comme nous.
Vous, qui tenez sur les seuils,
Sortez de nos matins
Et nous serons rassurés d'être comme vous,
Des humains!
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Par MonsieurO, le 12/11/2010
Mahmoud Darwich
J ‘ai longtemps cru que la poésie était une arme. Et puis j ‘ai compris qu ‘un poème ne changeait rien. Rien que la poésie.
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Par chartel, le 04/09/2010
La Terre nous est étroite et autres poèmes de
Mahmoud Darwich
Que les poètes s’inquiètent moins de ma langue
Et je la nettoierai d’eux et du passé…
Je n’ai trouvé d’utilité aux mots, hormis l’envie des mots
De changer d’auteur…
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Par brigetoun, le 18/11/2009
Anthologie poétique de
Mahmoud Darwich
Le lieu n’avait d’autres attaches que les lilas de Chine
Lorsque les camions sont venus de la mer
Nous préparions la provende de nos vache
Nous rangions nos jours dans des armoires fabriquées de nos mains
Nous recherchions l’affection du cheval
Et nous faisions signe
A l’étoile errante
Nous aussi, nous sommes montés dans les camions
L’éclat de l’émeraude dans la nuit de nos oliviers
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Par Moan, le 19/04/2012
Anthologie poétique de
Mahmoud Darwich
Les violons pleurent avec les gitans qui partent pour l'Andalousie
Les violons pleurent les arabes qui sortent de l'Andalousie
Les violons pleurent un temps perdu qui ne reviendra pas
Les violons pleurent une patrie perdue qui peut-être reviendra
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Le Lanceur de dés : Et autres poèmes de
Mahmoud Darwich
Ici, entre les débris des choses et le rien,
nous vivons dans les faubourgs de l'éternité.
Nous jouons parfois aux échecs,
insouciants du destin derrière la porte.
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Par Moan, le 10/05/2012
Anthologie poétique de
Mahmoud Darwich
Ici, sur les pentes des collines, face au couchant
Et à la béance du temps,
Près des vergers à l'ombre coupée,
Tels les prisonniers,
Tels les chômeurs,
Nous cultivons l'espoir.
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Par Marium, le 08/04/2012
État de siège de
Mahmoud Darwich
Je crierai dans ma solitude,
Non pour réveiller ceux qui dorment,
Mais pour que mon cri me réveille
De mon imaginaire captive !
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Une mémoire pour l'oubli : Le temps : Beyrouth, Le lieu : un jour d'août 1982 de
Mahmoud Darwich
Châteaux et places fortes ne sont que tentatives pour conserver des noms qui craignent de ne pas survivre à l'oubli, pierres levées contre l'oubli, remparts dressés contre l'oubli. Personne ne souhaite oublier, ou plus exactement personne ne souhaite être oublié. Plus pacifiquement, on fait des enfants pour qu'ils portent un nom, pour qu'ils reprennent, de leurs pères, le fardeau d'un nom, ou sa gloire. Longue histoire que cette recherche d'une marque à poser sur le temps et les lieux, que cet effort pour donner un peu d'assurance aux noms et les aider à affronter les longues caravanes de l'oubli.
Pourquoi demande-t-on à ceux que les vagues de l'oubli ont rejetés sur les rivages de Beyrouth de faire exception aux lois de la nature humaine? Pourquoi leur demande-t-on tant d'oubli? Qui peut leur fabriquer une mémoire nouvelle, ombre brisée d'une vie lointaine dans un carcan de métal hurlant?
Y a-t-il au monde assez d'oubli pour qu'ils oublient?
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Par Moan, le 19/04/2012
Anthologie poétique de
Mahmoud Darwich
Salue notre maison pour nous, l'étranger
Les tasses de notre café sont encore en l'état
Y sens-tu l'odeur de nos doigts?
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Par Marium, le 08/04/2012
État de siège de
Mahmoud Darwich
"Résister c'est s'assurer de
La bonne santé de ton coeur, de tes testicules
Et de ton mal enraciné :
Le mal d'espoir."
أَن تُقَاوِم يعني: التأكُّدَ من صحّة"
القلب والخُصْيَتَيْن، ومن دائكَ المتأصِّلِ:
".داءِ الأملْ
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Par Marium, le 08/04/2012
État de siège de
Mahmoud Darwich
La vie,
La vie, toute la vie
Avec ses carences,
Accueille des étoiles voisines,
Sorties du temps,
Et des nuages migrants,
Sortis du lieu.
Et la vie ici
Se demande
Comme leur redonner vie.