L'autosuffisance alimentaire était alors devenue pour lui [le dictateur] l'objectif à atteindre coûte que coûte. Mais en bon militaire, il avait sur le sujet une opinion bien arrêtée :
- On parviendra à l'autosuffisance, même s'il faut pour cela que le peuple arrête de manger !
Son Ministre de l'Agriculture, qui fut un temps étudiant en Espagne, le convainquit de fonder une Académie agricole avant d'opter pour une solution aussi géniale.
Une mouche à la cuirasse verte et luisante n'arrêtait pas de se poser sur le bord épais de ses narines. [...] Il levait le bras en direction de la foule et faisait envers elle de grands gestes elliptiques, comme s'il la couvrait tout entière par la seule paume de sa main. Puis cette même paume venait tapoter avec noblesse sa poitrine décorée. Son autre main bougeait d'une façon nettement moins aristocratique, puisque l'amour que portait la mouche verte à ses narines était à son apogée.(p.55/59)
"- C'est après la terre qu'ils en ont, après la terre et ce qui sort de la terre, dit le vieux Ruiz depuis sa chaise en teck. Ces hommes ont trop de pouvoir pour se contenter d'apprécier une bonne bouteille et décamper. [...]
- Tu crois qu'ils veulent réquisitionner nos terres ? se lança Alfonso Bolivar
- Nos terres ne sont plus les nôtres depuis que ces hommes les ont foulées, répondit le vieux Ruiz." (p.132)