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L'eau des rêves de
Manu Causse
J’ai peur de la partie de toi dans mes veines, j’ai peur de ne pas être là, de ne pas être fiable, fiaple, d’être comme toi la terre friable, l’argile sans eau qui se détache et s’écroule, j’ai peur que quelque chose, un jour, me pousse à agir comme tu agi, j’ai peur de ces matins où je ne me reconnais pas dans la glace, où je ne reconnais pas le monde, où mes pensées se précipitent dans la gorge, la liste des choses à faire insurmontables, le goût de leur inutilité, l’image de cette particule de silice que sera notre monde, notre vie, notre univers, tout au bout, voilà, René, j’ai peur de la mort, de la mort de notre monde, je la porte sur ma poitrine, j’ai peur de la mort si familière, la mort qui rôde dans mes veines comme un vieux chien de chasse qui n’en peut plus de raballer, en cet instant où tu te lèves te dresses devant moi assis au coeur du monde sous le cyprès, en cet instant je sais ton nom, René, ton non.
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Par orbe, le 27/06/2012
Romeo@Juliette : Edition bilingue français-anglais de
Manu Causse
Je ne relis pas cette lettre, car je sais que j'aurais envie de l'effacer au lieu de te l'envoyer.
J'aimerais avoir de tes nouvelles ; mais après tout, si tu n'as pas le temps ou si je t'ennuie, ce n'est pas bien grave.
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Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux de
Manu Causse
Bon, Fred, être amoureux, ça veut rien dire. C’est juste comme… trouver quelque chose, je sais pas moi, un billet de quatre mille euros, et le perdre tout de suite. Comme t’avais plein d’espoir, ça crée un manque sur le moment, mais après tu te rends compte qu’avant… Attends, qu’est ce que je raconte, ah ouais, après tu te souviens que tu vivais très bien sans ton billet..
Donc, il suffit de lutter contre le manque. D’attendre un peu que ça passe.
Ils font pas des patches, contre l’amour ?
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Par yv1, le 05/12/2011
Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux de
Manu Causse
Dans une fête, c'est toujours au moment où tu pisses que tu te rends compte à quel point tu es bourré.
Tu t'es éloigné du bruit, de la musique, du bar et des discussions de fin de soirée. Et là, tu te retrouves tout seul, face à toi-même, avec les jambes plus ou moins assurées, en train de pisser sur un sapin, ou sur la fontaine, ou derrière un mur, ou sur une voiture... En suivant ce qui te passe par la tête, tu sais où tu en es. Si tu tiens la grande forme, ou si tu as déjà basculé du côté grave. Ou, des fois, s'il ne te reste plus qu'à te pencher en espérant ne pas te vomir dessus (p.105)
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Par yv1, le 05/12/2011
Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux de
Manu Causse
Maintenant, je vais mourir. Je ne veux pas mourir. Même si mon corps est à bout, même si mes pensées sont inertes, je ne veux pas renoncer. J'aimerais vous dire que je n'ai plus peur, mais ce n'est pas vrai. Je crève de trouille.
Et pourtant, ce n'est pas grave. Parce que je n'avais rien, rien que ce putain d'amour à vous donner. Et même si je n'y ai pas toujours cru, si je n'ai pas toujours eu la force, je vous ai offert tout ce que je pouvais.
Pardon, mes amours. (p.98/99)
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