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Marcel Dubé

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Note moyenne : 3/5 (sur 20 notes) Marcel Dubé

Biographie et informations

Nationalité : Canada
Né(e) à : Montréal , le 03/01/1930

Biographie :

En 1950, Marcel Dubé fonde, avec des amis, la troupe La Jeune Scène. La pièce Le Bal triste, produite en 1951 et présentée à L'Ermitage à Montréal, est la première d'une série qui constitue l'ensemble le plus représentatif de l'œuvre théâtrale québécoise et canadienne des années 50 et de la première moitié des années 60.

D'autres pièces, comme Zone (1953), Un simple soldat (1957), et Au retour des oies blanches (1966), confirment sa réputation de dramaturge le plus prolifique et le plus original de sa génération au Québec. Le thème de prédilection de Dubé est le tragique de la destinée humaine.

Dubé habite en France de 1953 à 1955. Scénariste pour l'Office national du film, journaliste, réalisateur et auteur pour la scène et la télévision, Dubé a reçu plusieurs bourses et est lauréat de nombreux prix : le prix Morin de la Société Saint-Jean-Baptiste (1966), le prix David (1973) pour l'ensemble de son œuvre, le prix Molson pour sa contribution au monde des arts au Canada (1984) et la médaille de l'Académie canadienne-française (1987).

En 2005, Marcel Dubé se mérite le prix du GOUVERNEUR GÉNÉRAL POUR LES ARTS DE LA SCÈNE pour ses exploits dans le domaine des arts tout au long de sa carrière.
> lire la suite Source : www.thecanadianencyclopedia.com
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  • Par Cielvariable, le 21/05/2012

    Zone de Marcel Dubé

    CIBOULETTE — Passe par les toits comme t'es venu.
    TARZAN — C'est le seul chemin possible, je pense. (Il se dirige du côté des toits, il regarde, il inspecte puis il s'approche de son trône, se penche, soulève la caisse et prend son pistolet. Puis il revient vers Ciboulette.) Écoute. Je sais qu'ils vont me descendre au tournant d'une rue... Si je pouvais me sauver, je le ferais, mais c'est impossible.
    CIBOULETTE — Il te reste une chance sur cent, faut que tu la prennes.
    TARZAN — Non. Y est trop tard. J'aime mieux mourir ici que mourir dans la rue. (Il vérifie le fonctionnement du pistolet et le met dans sa poche.) J'aime mieux les attendre. Quand ils seront là, tu t'enfermeras dans le hangar pour pas être blessée. S'ils tirent sur moi, je me défends jusqu'à la fin, s'ils tirent pas, je me rends et ils m'emmènent.
    Les sirènes arrivent en premier plan et se taisent.CIBOULETTE — T'es lâche, Tarzan.
    TARZAN — Ciboulette!
    CIBOULETTE — Tu veux plus courir ta chance, tu veux plus te battre et t'es devenu petit. C'est pour ça que tu m'as donné l'argent. Reprends-le ton argent et sauve-toi avec.
    TARZAN — Ça me servira à rien.
    CIBOULETTE — Si t'es encore un homme, ça te servira à changer de pays, ça te servira à vivre.
    TARZAN — C'est inutile d'essayer de vivre quand on a tué un homme.
    CIBOULETTE — Tu trouves des défaites pour oublier ta lâcheté. Prends ton argent et essaie de te sauver.
    TARZAN — Non.
    CIBOULETTE — Oui. Elle lui lance l'argent au visage. C'est à toi. C'est pas à moi. Je travaillais pas pour de l'argent, moi. Je travaillais pour toi. Je travaillais pour un chef. T'es plus un chef.
    TARZAN — Il nous restait rien qu'une minute et tu viens de la gaspiller.
    CIBOULETTE — Comme tu gaspilleras toute ma vie si tu restes et si tu te rends.
    TARZAN — Toi aussi tu me trahis, Ciboulette. Maintenant je te mets dans le même sac que Passe-Partout, dans le même sac que tout le monde. Comme au poste de police, je suis tout seul. Ils peuvent venir, ils vont me prendre encore. Il fait le tour de la scène et crie : Qu'est-ce que vous attendez pour tirer? Je sais que vous êtes là, que vous êtes partout, tirez!... tirez donc!
    CIBOULETTE, elle se jette sur lui -- Tarzan, pars, pars, c'était pas vrai ce que je t'ai dit, c'était pas vrai, pars, t'as une chance, rien qu'une sur cent c'est vrai, mais prends-la, Tarzan, prends-la si tu m'aimes... Moi je t'aime de toutes mes forces et c'est là où il reste un peu de vie possible que je veux t'envoyer... Je pourrais mourir tout de suite rien que pour savoir une seconde que tu vis.
    TARZAN la regarde longuement, prend sa tête dans ses mains et l'effleure comme au premier baiser — Bonne nuit, Ciboulette.
    CIBOULETTE — Bonne nuit, François... Si tu réussis, écris-moi une lettre.
    TARZAN — Pauvre Ciboulette... Même si je voulais, je sais pas écrire. Il la laisse, escalade le petit toit et disparaît. Un grand sourire illumine le visage de Ciboulette.
    CIBOULETTE — C'est lui qui va gagner, c'est lui qui va triompher... Tarzan est un homme. Rien peut l'arrêter : pas même les arbres de la jungle, pas même les lions, pas même les tigres. Tarzan est le plus fort. Il mourra jamais.
    Coup de feu dans la droite.
    CIBOULETTE — Tarzan! Deux autres coups de feu.
    CIBOULETTE — Tarzan, reviens !
    Tarzan tombe inerte sur le petit toit. Il glisse et choit par terre une main crispée sur son ventre et tendant l'autre à Ciboulette. Il fait un pas et il s'affaisse. Il veut ramper jusqu'à son trône mais il meurt avant.
    CIBOULETTE — Tarzan!
    Elle se jette sur lui. Entre Roger, pistolet au poing. Il s'immobilise derrière les deux jeunes corps étendus par terre. Ciboulette pleure. Musique en arrière-plan.
    CIBOULETTE — Tarzan! Réponds-moi, réponds-moi... C'est pas de ma faute, Tarzan... c'est parce que j'avais tellement confiance... Tarzan, Tarzan, parle-moi... Tarzan, tu m'entends pas?... Il m'entend pas... La mort l'a pris dans ses deux bras et lui a volé son cœur... Dors mon beau chef, dors mon beau garçon, coureur de rues et sauteur de toits, dors, je veille sur toi, je suis restée pour te bercer... Je suis pas une amoureuse, je suis pas raisonnable, je suis pas belle, j'ai des dents pointues, une poitrine creuse... Et je savais rien faire; j'ai voulu te sauver et je t'ai perdu... Dors avec mon image dans ta tête. Dors, c'est moi Ciboulette, c'est un peu moi ta mort... Je pouvais seulement te tuer et ce que je pouvais, je l'ai fait... Dors... Elle se couche complètement sur lui.
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  • Par Cielvariable, le 20/05/2012

    Un Simple Soldat de Marcel Dubé

    PREMIER ACTE
    SCÈNE 1

    Dans le noir total, on entend une voix d'homme qui chante.
    Nous étions tous des camarades
    Que la guerre avait réunis
    Fusil au poing pour les parades
    Nos cœurs étaient couleurs khaki.
    Je me souviens des camarades
    Qui chantaient pour ne pas pleurer
    La bièr’ l'amour n’étaient pas fades
    Les jours où nous avions congé.
    Puis le rideau s’ouvre. Il n’y a d'abord que le cadran d’un vieil appareil de radio qui soit allumé dans tout le décor.


    VOIX DE L'ANNONCEUR, un éclairage de plein jour s'établit très lentement dans la rue inférieure et chez les Latour où on ne trouve que Bertha qui écoute la radio: C'est donc aujourd'hui, aujourd'hui sept mai
    1945, date qui restera à jamais inoubliable, qu'aux premières heures de la nuit dans une petite école de
    Reims en France, quartier du général Eisenhower, fut signée la capitulation sans condition de l'Allema­gne et qu'a pris fin la guerre la plus désastreuse de toute l'histoire du monde qui a duré cinq ans, huit mois et six jours et qui a fait dans les camps alliés et ennemis environ quarante millions de victimes. Avouant que toute résistance était devenue inutile, que les grandes ambitions du Troisième Reich n'étaient plus que cendres et qu'illusions, l'amiral allemand Karl Dönitz a ordonné à toutes ses armées de se rendre sans conditions. C'est ce matin même, à neuf heures trente-cinq minutes que la radio cana­dienne pouvait enfin transmettre cette nouvelle reçue de la Presse Associée. Mais ce sont les Allemands qui les premiers ont annoncé la fin des hostilités, avant même que...

    Bertha, que tout cela semble laisser indifférente ou ennuyer, se lève pour choisir un autre poste où l'on peut entendre le Soldat Lebrun qui chante: «Je suis loin de toi, mignonne». Bertha s'écrase de nouveau dans son fauteuil pour écouter à son aise cette chanson qui sem­ble la ravir béatement. Dehors, dans la rue, des enfants sautillent sur le trottoir en jouant à la marelle et en criant en les scandant bien, sans trop comprendre ce­pendant, les mots miraculeux: «/a guerre est finie, la guerre est finie....» De loin, en se rapprochant on entend la voix de Fleurette qui sème sa joie dans le quartier, avant d'entrer en scène.

    VOIX DE FLEURETTE: Joseph ira pas au front! La guerre est finie! Joseph ira pas au front!... (Puis elle paraît dans la rue, très jeune, très enjouée, toute essoufflée pour se précipiter dans la maison pendant que les enfants sortent de scène en courant.)
    FLEURETTE, répétant: La guerre est finie! Joseph ira pas au front!... (S'élance vers sa mère qui demeure amor­phe.) T'as compris, m'man? La guerre est finie! Jo­seph ira pas au front! La guerre est finie pour tou­jours!
    BERTHA: Excite-toi donc pas comme ça! Je le sais que la guerre est finie. C'est ce qu'ils nous répètent de­puis une heure à la radio.
    FLEURETTE: Et puis, t'es pas contente? T'es pas remplie de joie?
    BERTHA: C'est un peu trop loin pour moi, l'Europe...
    FLEURETTE: Mais Joseph?.. Il va revenir, m'man! Il va revenir avant même d'être parti! Ça va être la paix dans le monde!... Y aura plus de guerre! Y aura plus jamais de guerre!
    BERTHA: Tu peux trouver ça beau mais si tu te servais de ta «jugeotte» tu penserais aussi aux désavantages que ça représente.
    FLEURETTE: Mais quels désavantages? J'en vois pas m'man.
    BERTHA: Ton frère Joseph que t'aimes tant... C'est quand il est parti pour Halifax qu'on a commencé à respirer
    à l'aise dans la maison.
    FLEURETTE: C'est pas un si mauvais garçon que ça, m'man.
    BERTHA: Tu verras, tu verras... Mais le pire c'est que vous allez perdre vos emplois, Marguerite et toi.
    FLEURETTE: Je m'en trouverai un autre ailleurs.
    Pendant qu'elIe converse avec sa mère, Fleurette se passe une blouse plus fraîche et se recoiffe du mieux qu'elIe peut.
    BERTHA: Facile à dire... Marguerite gagnait un bon salaire à «l'avionnerie»...
    FLEURETTE: Elle aussi va se débrouiller. Sois pas inquiè­te pour elle.
    ElIe fait subitement volte-face et se dirige rapidement vers la porte de la sortie.
    BERTHA: Où est-ce que tu vas?
    FLEURETTE: Dehors! Ils nous ont donné congé! C'est plein de monde dans les rues. Tu devrais voir comme
    c'est gai!... Tu devrais voir, m'man!
    BERTHA: Quand je veux m'amuser je me paye une jour­née au Parc Belmont... Fleurette! (ElIe est déjà sor­tie et ne peut l'entendre.) Laisse-toi pas tripoter par n'importe qui!
    Mais Fleurette est loin. Ennuyée Bertha éteint la radio et se lève. Dans la rue passe madame Brochu qui re­vient de la ville. Des enfants la suivent et se moquent d'elle. Dans une main elle a un «shopping bag» et dans l'autre son parapluie.
    LES ENFANTS: Mémère Trente-sous!... Mémère Trente­ sous!...
    BROCHU, qui se retourne menaçante et lève son parapluie en l'air: Tas de p'tits vauriens! Je vais vous en faire voir, moi, des trente-sous!...
    LES ENFANTS ricanent et continuent: Mémère Trente sous! Mémère Trente-sous! Vous promenez pas vos
    chats aujourd'hui?
    Elle fait un pas dans leur direction.
    BROCHU: P'tits polissons! P'tits malélevés!... Vous devriez être à l'école!... .
    Les enfants ricanent de plus belle et s'enfuient. Pendant ce temps Bertha est allée se poster à la fenêtre, accoudée sur un oreiller.
    BERTHA: C'est parce que vous vous en occupez que les enfants vous agacent comme ça, madame Brochu.
    BROCHU: Je vais me plaindre à leurs parents. Je vais les faire arrêter par la police, c'est l'école de Réforme
    qu'il leur faut.
    BERTHA: Pauvre vous! Si j'étais à votre place... (Elle n'achève pas. Voyant le sac qu'elle porte.) Mais vous êtes allée en ville?
    BROCHU: Malheureusement, oui. Je le regrette assez! C'est plein de fous dans les rues. On a voulu me voler
    mon parapluie.
    BERTHA: Si c'est rien que ça, c'est pas grave.
    BROCHU: Et puis vous?.. (Se rapproche, l'oeil malicieux.) Votre Joseph?
    BERTHA: C'est pas mon Joseph! C'est le Joseph à son père...
    BROCHU: Il va revenir!
    BERTHA: Ça m'en fait un pli ça, mère Brochu!
    BROCHU: C'est pourtant pas ce qui vous manque, Bertha!
    BERTHA: Pardon?
    BROCHU: Je dis que c'est tant mieux pour lui. Il ira pas perdre son âme en France.
    BERTHA: Comme s'il avait besoin d'aller si loin pour ça.
    BROCHU: Excusez-moi mais faut que j'aille nourrir mes chats.
    BERTHA: Je vous retiens pas.
    BROCHU: J'espère qu'on aura le plaisir...
    Elle sort.
    BERTHA hausse les épaules: Vieille folle!...
    Elle s'accoude immobile à la fenêtre pendant qu'on entend en arrière-plan la voix du marchand de fruits.
    MARCHAND: On a des tomates, des radis, des concombres à vendre;
    On a des oranges, des melons, des bananes à vendre; Belles tomates? Belles oranges, madame?
    C'est pas cher!... Six pour vingt cennes, les oranges... Non?.. Merci, madame.
    On a des tomates, des radis, des concombres à vendre; On a des oranges, des melons, des bananes à vendre...
    Et déjà sa voix se perd lentement en même temps que tout l'éclairage diminue graduellement et qu'on entend la voix d'homme du début qui chante en arrière-plan.

    Rien ne sépar' des camarades
    À qui personne n'a dit merci
    Et nos fusils et nos grenades
    Ne nous auront jamais servi.

    Tu resteras mon camarade
    Et le jour où je m'en irai
    Je t'écrirai une ballade
    Qui chantera notre amitié.
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  • Par Cielvariable, le 20/05/2012

    Un Simple Soldat de Marcel Dubé

    Bruits de la ville au loin. Joseph essaie de se replonger dans le journal mais s'en dégoûte aussitôt. Il le replie et le laisse tomber près de lui. Ce qui restait de jour dans la rue s'en va presque totalement, pendant qu'on entend la voix très pure d'un jeune garçon qui chante un cantique latin de l'office. Un réverbère s'allume. Joseph reprend ses béquilles et se lève. Comme il va monter les marches du perron pour entrer, il s'immobilise pour regarder venir Bertha, Edouard et Armand qui paraissent dans la rue. Armand marche près de Bertha et tient un missel dans sa main. Edouard les suit un peu en arrière.
    JOSEPH : V’là la Sainte-Famille! Maudit qu'Armand fait un beau p'tit Jésus !
    Il s'avance un peu à leur rencontre.

    JOSEPH : Je vais parier, sa mère, que t'as prié pour ma jambe tout le temps du mois de Marie ?
    BERTHA, qui passe sans le regarder : J'avais d'autres choses que ça à penser!
    JOSEPH, qui les suit : T'as prié pour Marguerite, d'abord!
    BERTHA entre dans la maison avec Armand. Sans tourner la tête : Ça te regarde pas pour qui j'ai prié.
    Edouard jette un regard réprobateur à Joseph et entre à son tour. Joseph reste quelques secondes dans la rue, appuyé sur ses béquilles. Dans le living-room, Bertha enlève son chapeau et ses gants et se prépare à entrer dans sa chambre.
    ARMAND, qui suspend son veston et qui parle surtout pour Edouard : Après ce qu'on a fait pour lui, il devrait se montrer moins arrogant.
    BERTHA : Si j'avais été là, ça se serait jamais fait. (Joseph entre à son tour. Bertha fait volte-face comme elle l’aperçoit.) Fleurette est pas ici ?
    JOSEPH : Est sortie avec son étudiant. Y est correct le p'tit gars.
    BERTHA : Je sais pas si c'est vrai Armand, mais paraît que sa famille est assez riche.
    ARMAND : C'est son premier cavalier qui a du bon sens.
    JOSEPH : Ça t'intéresse les "cennes" des autres, hein Bertha ? On dirait qu'y a des signes de piastres qui s'allument dans tes yeux quand t'en parles.
    BERTHA : Edouard! Dis lui de plus m'insulter comme ça!
    JOSEPH : Et puis t'as hâte de la marier Fleurette, t'as hâte de la voir partir de la maison. Si t'avais pu, c'est une fille que t'aurais jamais eue.
    BERTHA : Je peux plus l'endurer, ça sert à rien, je peux plus l'endurer.
    EDOUARD, à Joseph : Pense donc un peu au service qu'on t'a rendu.
    JOSEPH : Si vous l'aviez pas fait, le père, j'aurais été en prison, ça aurait paru clans le journal et puis ça vous aurait salis. Les affaires d'Armand s'en seraient ressenties, pas vrai ?
    ARMAND : La reconnaissance ça existe pas pour lui.
    JOSEPH : Je n’ai pas demandé à revenir ici. C'est vous autres qui m'avez fait sortir de l'hôpital. Si vous êtes pas contents je peux sacrer mon camp. J'ai jamais léché les pieds de personne ! Je suis pas pour commencer ce soir.
    EDOUARD : Joseph! Veux-tu me dire ce que t'as au fond de la tête ? Veux-tu me dire à quoi tu penses au juste ?
    BERTHA : C'est rien qu'une tête croche, rien qu'une tête vide ! Sa place est pas ici, sa place est à Saint-Jean-de-Dieu.
    Et elle n'enferme dans sa chambre en fermant la porte violemment.
    ARMAND : C'est toujours comme ça que ça retourne avec toi.
    JOSEPH : Je fais pas exprès. A chaque mot que je dis vous vous choquez !
    EDOUARD : T'as pas de cœur, d'abord? T'as pas de cœur ?
    JOSEPH : Ça doit pas. Y est mort quand j'étais jeune. (Le texte a été largement remanié.
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    Tu n’étais qu’un présage
    Qui allait se poursuivre
    À travers des milliards d’images
    Et d’insondables rêves
    Et moi rien d’autre qu’un désir
    Qu’une page illisible
    d’antimémoire
    Qu’un enfant nomade
    échevelé
    qui n’en finissait plus de courir
    Et de perpétuer
    son rêve

    Je ne savais pas ton nom
    Car tu n’avais pas encore pleuré
    Mais je pressentais un mirage
    En forme d’yeux et de mains
    Et ton corps avait l’allure
    d’une fleur élancée
    Et tes jambes fines
    d’antilope solitaire
    Cherchaient à retourner
    Dans la vallée perdue et vide
    De mon flanc crevé
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    J’ai donné ton nom à ma rivière
    Et les prairies et les collines furent noyées
    Les fleurs et les paroles sont coupées
    Les forêts jusqu’aux cimes
    Sont gagnées par la vague
    Et la terre stérile
    N’est plus qu’une lointaine mémoire

    N’existent plus que de grandes
    eaux désertes
    Qu’un pays enseveli
    Où désormais je sommeille
    sans dormir
    Où je rêve à ciel ouvert
    Les nuits cousues d’images antérieures
    Les jours appelant
    à pas feutrés
    L’amour qui passe sans s’arrêter
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    Je t’aimais je t’aime encore
    Et t’aimerai toujours
    Chaque nuit chaque jour
    Je veux hurler dans le vent
    Pour qu’il te le répète
    à San Juan
    De La Havane aux Caraïbes
    Dans les mers d’Équateur
    et parmi les Antilles

    Je t’aime au passé tandis
    que je déplore ton absence
    Je t’aime au présent
    afin que tu t’éloignes
    Et je t’aime au futur
    quand tu vas reparaître
    Et que l’esprit est ma
    seule volonté
    Seule amarre et dernière bouée
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    Femme-miroir
    et fille-marée
    Grand voilier noir
    Chimère d’été
    Je t’ai vue courir sans prendre garde
    Dans la plaine de mes yeux
    tranquilles et morts
    Tes vingt ans devant toi
    Comme la première peine
    Le silence autour de toi
    Comme une absence hautaine

    Tu étais fiévreuse et tu n’avais
    pas d’ombre
    Tu ne laissais de traces
    derrière ta fuite incendiée
    Que le chemin brûlé
    Où le soleil vacille
    et mes regards s’épuisent
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    ’ai dormi au bord
    Des anses de ta beauté
    Effleurant de mon souffle
    tes îles craintives
    À demi submergées
    Tes collines sauvages
    Tes prairies ponctuées
    de battements ailés

    Les marées impassibles
    Ne faisaient que bercer
    Ton sommeil assiégé
    Par les algues marines
    Tes mains avaient goût
    De sel et de sable
    De même que ton visage
    Où tes larmes séchaient
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  • Par Lali, le 07/02/2011

    Poemes de Sable de Marcel Dubé

    Souviens-toi donc de mon amour
    éperdu
    De mes espoirs sans repos
    De ma tendresse retenue
    De mes bras inutiles
    Et de mon cœur sans audace
    Qui chaque jour faisait naufrage
    Au bord de tes lèvres asséchées
    Entre tes mains fébriles

    Mais tu ne refermais pas les doigts
    pour le contenir
    Pour le faire revenir
    de sa folle croisade
    sans lendemain
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