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Par emmyne, le 22/10/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Quel est le goût de l'effroi ? L'odeur de la peur ? La sensation d'une chute sans fin ? Qu'advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manières à ce que les organes gèlent et finissent par s'arrêter, sombrant lentement dans l'ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l'esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s'entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ?
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Par csapin, le 10/01/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Le givre intérieur, c'est une chose, mais les plaies ouvertes constamment infectées, qui refusent obstinément de se refermer, c'en est une autre.
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Par Theoma, le 04/04/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Sven. Comment en sommes-nous arrivés là ? Sans doute sa présence m'a-t-elle toujours rassurée. Il m'accepte comme je suis, avec une telle générosité que les années passant, je suis parvenue à m'accepter comme moi-même. Autrefois, je croyais qu'il recelait des secrets, des trésors cachés. Que dans des profondeurs que je devinais à peine, avec un petit effort, je trouverais des joyaux merveilleux. Aujourd'hui, je sais que c'est un être pensant, mais insondable. Jetez-y une pièce, vous la verrez sombrer. Elle se posera sans doute au fond. En tout cas, elle ne refera jamais surface – sauf si Sven en a besoin.
Ainsi notre vie commune se limite à ce que Sven accepte de recracher à la surface, à peu près comme le souffle humide d'une baleine jaillit de ses poumons, à la verticale. Mais notre couple n'est ni meilleur ni pire que bien d'autres. En réalité, nous partageons un quotidien agréable, rempli de vétilles et de banalités. Et nous veillons jalousement sur les secrets que nous sommes seuls à pouvoir connaître.
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Par Myrtle, le 01/08/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Immobile dans l'embrasure de la porte, je les regardais. Le dos de mon père et le visage barbouillé de ma mère. Je sentais une partie de moi s'éloigner, flotter, les observer d'en dessus, songeant que ce spectacle était inconcevable. J'avais raconté qu'un inconnu m'avait, comme disait ma mère, tripotée, et elle ne me croyait pas. Que serait-il advenu si j'avais dit que j'avais été réveillée par un baiser et qu'il m'avait dit vouloir "toucher une jeune fille"? A cet instant, je sus que je ne pourrais jamais plus poser sur elle le regard d'une fille sur sa mère. Elle ne pouvait pas être ma mère. C'était impossible. Cette femme, je devais à tout prix la tuer, je devais mettre à exécution la décision que j'avais jadis prise. Faute de quoi, je ne survivrais pas.
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Par csapin, le 10/01/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
J'ai appris à me débrouiller par mes propres moyens. Il y a tant de choses que Sven ne sait pas. De toute façon, il ne peut rien pour m'aider. Chacun doit affronter seul la vieillesse. Il paraît qu'on garde toujours une part de l'autre au fond de soi, mais plus le temps passe, plus j'ai l'impression du contraire. Nous sommes seuls. Nous venons seuls au monde et nous le quittons seuls, même si nous vivons entourés d'amour, de dévotion et de bienveillance. Le temps venu, dans les moments décisifs où nos chemins se séparent, nous sommes isolés, comme des insectes piégés dans le sable. Plus ils tentent d'avancer, plus ils creusent leur propre trou.
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Toujours avec toi de
Maria Ernestam
Une ombre planait sur le jardin, sur ses feuilles mortes et ses branchages nus. Des gouttelettes d'eau scintillaient sur les tiges. Les pierres luisaient, humides. Réminiscence de la première bouffée d'air matinal, au commencement des vacances, lorsque l'on a encore de longues semaines devant soi pour profiter de l'été. Une sensation d'ouverture, de libre circulation entre intérieur et extérieur.
Elle s'assit sur les marches, but une gorgée de thé et se remémora le passé.
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Par valou076, le 23/11/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
" Des jours se sont écoulés sans que j'écrive. Mais lorsque j'ai mis le point final, la dernière fois, j'ai eu l'impression que la boîte où étaient enfermés mes sentiments refoulés s'était ouverte. J'avais des visions, je reconnaissais des parfums de l'enfance, comme si j'errais dans un musée la nuit." p. 51
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Par parmifil, le 01/03/2011
Toujours avec toi de
Maria Ernestam
Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres.
Lorsque la fin approche, la vie se dresse une dernière fois contre le sort... Peut-être la mort offre-t-elle ainsi une dernière douceur à la vie, en guise de dessert, avant de faire payer la note.
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Par Eipoca, le 07/09/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Je suis poursuivie par l'image d'un flacon d'huile et de vinaigre, deux liquides qui se superposent, séparés par leurs densités respectives. Il faut que quelqu'un secoue le flacon pour que les liquides se mélangent et qu'ils prennent une couleur qu'aucun d'eux ne possédait au départ. Eh bien, cela peut aussi arriver avec les bonnes et les mauvaises expériences. Au fond reposent les mauvaises, et si personne ne secoue la bouteille, elles y restent, constituant une sorte de fondation aux bonnes, qui demeurent au-dessus. Le pire et le meilleur coexistent ainsi paisiblement, sans déteindre l'un sur l'autre.
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Par Marsup, le 20/04/2011
Toujours avec toi de
Maria Ernestam
J'ai froid. Je me retourne pour calmer la douleur. Je resserre la couverture autour de moi. Alors, j'entends un rire. Mes yeux s'embuent. J'ai aimé. Personne ne m'enlèvera ça. Pas même la mer capable tantôt d'engloutir les traces des ravages provoqués par l'homme, tantôt de les recracher - elle a emporté ce que j'avais de plus cher. (...) Je résiste et je me laisse aller, je tergiverse, mais au fond, je sais que tout sera bientôt fini. Les méfaits des aïeux reviennent nous hanter, dit-on, mais je n'y crois pas. Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres.