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Par canel, le 10/11/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
J'ai répliqué que si Petra avait tellement besoin de parler, c'était peut-être justement parce qu'elle vivait avec un homme pathologiquement taciturne. Sven a protesté :
- Pas du tout. Les femmes ont une réserve de quatre mille mots à épuiser quotidiennement, je veux dire en moyenne, quatre mille mots par jour, et nous les hommes, nous n'en avons que deux mille. A un moment ou à un autre au cours de la journée, nos mots sont tout simplement épuisés, alors que vous, il vous en reste encore la moitié. Et voilà ce qui arrive. Pas étonnant que tant d'hommes soient fatigués. (p. 122-123)
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Par canel, le 11/11/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
- Les Rois mages, disait Petra [au prêtre], ces trois hommes qui sont venus faire des offrandes à Jésus, tu as parlé d'eux dans ton prêche l'autre jour. Tu sais à quoi ça m'a fait penser ? Eh bien si ça avait été des reines mages à la place, elles n'auraient pas fait des cadeaux qui ne servent à rien, de la myrrhe, de l'encens et je ne sais plus quoi. Non, d'abord, elles auraient demandé leur chemin pour arriver à temps et donner un coup de main pendant l'accouchement. Ensuite, elles auraient fait le ménage dans l'étable. Elles auraient apporté du linge propre, des habits, des couches et puis à manger. Et puis...
(...) [ Riposte masculine : ]
- Et après ? Qu'est-ce qui serait arrivé ? Eh bien je vais te le dire. A peine sorties de l'étable, elles se seraient mises à jacasser : "Les sandales de Marie ne vont pas avec sa tunique, le bébé ne ressemble pas du tout à Joseph, leur âne paraît bien usé, Joseph est sûrement au chômage, on ne va jamais récupérer le plat dans lequel on a apporté les boulettes de viande..." Et pour finir : "Marie, vierge ? C'est la meilleure de l'année ! Je la connais depuis l'école, celle-là, je ne vous dis pas le genre.."
(p. 264)
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Par tamara29, le 06/04/2013
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
C'est d'ailleurs à ce moment précis que je décidai de tuer ma mère. Cette décision au long cours exigerait l'élaboration méticuleuse d'un plan, et un véritable entrainement. Mais je devais l'éliminer. C'était elle ou moi, je le compris ce jour-là. Aussi longtemps qu'elle vivrait, elle m'empêcherait de vivre. Elle me viderait de ma substance et ne laisserait de moi qu'une écorce creuse, desséchée, qui finirait par tomber en miettes. Je n'avais que sept ans, mais j'étais parfaitement consciente de ce qu'elle m'avait fait endurer, et ce dont elle était encore capable. Je décidai de lutter pour ma vie.
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Par emmyne, le 22/10/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Quel est le goût de l'effroi ? L'odeur de la peur ? La sensation d'une chute sans fin ? Qu'advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manières à ce que les organes gèlent et finissent par s'arrêter, sombrant lentement dans l'ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l'esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s'entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ?
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Par canel, le 10/11/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
[La nature] peut se montrer cruelle, certes, mais ses fourberies ne sont jamais conscientes. Personne ne décide des mouvements du vent, aucune main ne gouverne le soleil lorsqu'il se cache derrière les nuages. En ce qui concerne les êtres humains, c'est autre chose. Pour ma part, je n'avais que sept ans lorsque l'odeur fétide de la perfidie est devenue si insupportable que j'en suis venue à projeter le meurtre de ma mère. (p. 28)
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Par Eipoca, le 07/09/2011
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Je suis poursuivie par l'image d'un flacon d'huile et de vinaigre, deux liquides qui se superposent, séparés par leurs densités respectives. Il faut que quelqu'un secoue le flacon pour que les liquides se mélangent et qu'ils prennent une couleur qu'aucun d'eux ne possédait au départ. Eh bien, cela peut aussi arriver avec les bonnes et les mauvaises expériences. Au fond reposent les mauvaises, et si personne ne secoue la bouteille, elles y restent, constituant une sorte de fondation aux bonnes, qui demeurent au-dessus. Le pire et le meilleur coexistent ainsi paisiblement, sans déteindre l'un sur l'autre.
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Par Gwordia, le 10/01/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Le givre intérieur, c'est une chose, mais les plaies ouvertes constamment infectées, qui refusent obstinément de se refermer, c'en est une autre.
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Par Theoma, le 04/04/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Sven. Comment en sommes-nous arrivés là ? Sans doute sa présence m'a-t-elle toujours rassurée. Il m'accepte comme je suis, avec une telle générosité que les années passant, je suis parvenue à m'accepter comme moi-même. Autrefois, je croyais qu'il recelait des secrets, des trésors cachés. Que dans des profondeurs que je devinais à peine, avec un petit effort, je trouverais des joyaux merveilleux. Aujourd'hui, je sais que c'est un être pensant, mais insondable. Jetez-y une pièce, vous la verrez sombrer. Elle se posera sans doute au fond. En tout cas, elle ne refera jamais surface – sauf si Sven en a besoin.
Ainsi notre vie commune se limite à ce que Sven accepte de recracher à la surface, à peu près comme le souffle humide d'une baleine jaillit de ses poumons, à la verticale. Mais notre couple n'est ni meilleur ni pire que bien d'autres. En réalité, nous partageons un quotidien agréable, rempli de vétilles et de banalités. Et nous veillons jalousement sur les secrets que nous sommes seuls à pouvoir connaître.
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Par Crumpet, le 22/07/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Page 296 : La confiance en soi, c’est au rayon frais, ça moisit très vite.
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Par Crumpet, le 22/07/2012
Les oreilles de Buster de
Maria Ernestam
Page 225 : J’ai rencontré John au mois de mai, au cours d’un printemps exceptionnellement doux. La chaleur s’insinuait opiniâtrement dans mon corps constellé de cristaux de glace. Je sentais l’eau de la fonte des neiges s’écouler sous ma peau. Elle s’accumulait par endroit, en petites flaques qui quittaient mon être à travers des crises de larmes incontrôlées ou d’abominables menstrues, encore tellement irrégulières que je ne pouvais me confier à aucun calendrier.
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