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Par nadejda, le 18/04/2012
Plage de
Marie Sizun
Je vais tâcher de lire : mais je ne suis plus capable de rien, même pas de lire... Ou bien je vais relire Le Ravissement de Lol V. Stein ?... C’est peut-être cette lumière-là, cette musique-là qu’il me faut. Parce qu’elle donne de la beauté à ce qui n’en a plus. Et, pour faire plus vite venir le soir, je vais tirer les rideaux rouges...p 138
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Par nadejda, le 18/04/2012
Plage de
Marie Sizun
... au loin, quelqu’un était assis dans un fauteuil de plage, au milieu de ce désert, à l’endroit où la mer, en se retirant, laisse imprimé sur le sable le beau plissé de la trace des vagues. En m’approchant j’ai vu que c’était une vieille dame, silhouette un peu frêle en robe de toile bleue, un pull bleu plus foncé jeté sur les épaules. Elle était là, toute seule, face à la mer, lisant au soleil, ce joli soleil fantasque du matin, qui s’en allait soudain et revenait dans un brusque éclat de lumière... C’est en passant à côté d’elle que je me suis aperçue qu’elle souriait en lisant. Qu’elle souriait à sa lecture. Au soleil. A ce matin tranquille. Et elle avait l’air si heureuse, cette vieille dame, si rayonnante dans sa solitude, que j’aurais voulu lui dire qu’elle était belle, et rassurante, et la remercier d’être ce qu’elle est. p 56 57 (Arléa poche)
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Un léger déplacement de
Marie Sizun
«Il est tard quand elle finit par s’endormir, apaisée, comme si se prolongeait le bonheur de l’émotion retrouvée. Comme si ce qui était arrivé ensuite n’avait pas d’importance. Comme si toute l’épaisseur du temps n’existait pas».
Telle la mère qui ne trouvera un serein sommeil que lorsque son enfant fondra dans le sien, paisible, l’apaisement endormira les sens d’Hélène dès sa perception imminente d’un voile de bonheur.
Pour son léger déplacement outre Atlantique, Ellen ne perd pas son temps, elle est seulement en pleine introspection. Pour quelques jours, elle a troqué son insigne d’épouse parfaite et dévouée contre celui de la femme errante, en quête du moindre souvenir, d’une empreinte d’amour de jeunesse, d’images du passé.
«Ce qui fut leur bonheur deviendra leur supplice. Des lettres relues, des vers retrouvés, d’anciennes fleurs et des rubans fanés qui furent chers, des parfums qu’on a trop aimés: supplices!» (Charles d’Orléans)
Le bonheur ne se vit qu’une fois pour la même cause, s’y replonger n’est que chimère; souvenir et pérégrination dans le temps et dans l’espace ne ressuscitent rien.
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Plage de
Marie Sizun
Ma mère, prévisible jusqu'au moindre de ses mots, la plus légère intonation, ma mère et son odieuse inquiétude pour "sa grande fille", ma mère dont le regard me renvoie si bien l'image de mes ratages et de ma solitude.
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Par oops, le 25/02/2012
Plage de
Marie Sizun
Sur la plage, les yeux fermés, sous la caresse du soleil, comme on se rappelle bien. Comme on se glisse magiquement dans le souvenir. Dans ce bonheur.
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Un léger déplacement de
Marie Sizun
On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses.
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Par anyuka, le 05/06/2010
La femme de l'Allemand de
Marie Sizun
Le regard d'adoration que la petite porte sur sa mère, belle, altière, un peu sauvage. Tu vois tout de suite qu'elles vivent l'une pour l'autre. Elles ne parlent pas. La mère sourit vaguement. Elles forment toutes les deux comme une île où personne n'a accès. Et tu ressens à les regarder comme une petite douleur, obscure, lointaine.
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Par luocine, le 15/08/2009
La femme de l'Allemand de
Marie Sizun
Elle n’est pas comme les autres. Elle détonne parmi les fidèles, ces gens tranquilles, sans éclat, ces gens qu’on ne remarque pas, qu’on ne voit pas….. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi les gisants.
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Un léger déplacement de
Marie Sizun
Regarder du côté du passé, c’est chercher à entrer dans l’image que le miroir vous renvoie d’une chambre magique : bien plus étrange, plus belle, plus forte que ne peut l’être la chambre réelle.
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Plage de
Marie Sizun
Et quoi de plus propice à la curiosité que la promiscuité d'une plage? Là, pas de murs, pas de toits pour enclore les foyer, en dérober la vue, en étouffer la parole. On pénètre quand on veut dans l'existence des autres, à la façon d'Asmodée : mais nul besoin de pouvoir magique. Une plage, c'est un théâtre, ouvert à tous les regards, un théâtre où cent histoires se déroulent sumultanément. Quelle tentation de papillonner de l'une à l'autre, pour moi qui, en entendant que tu sois là, n'en ai pas, d'histoire, moi qui suis libre comme l'air !
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Par sylvie, le 23/05/2009
Le Père de la Petite de
Marie Sizun
Le père écoute la radio du matin au soir, et quelque fois celle à laquelle la petite na comprend rien, cette radio qui parle tantôt en anglais tantôt en français mais avec de drôles de phrases où il est question de lapins du grand père, de carottes perdues et autres bizarreries, cette radio qu'on a pas le droit d'écouter, paraît-il.
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Par sylvie, le 23/05/2009
Le Père de la Petite de
Marie Sizun
Et voilà que la petite, revenue par miracle à elle même, retrouve si exactement le parfum, la douceur et la violence de son amour d'enfant, que le cœur lui bat, très fort. Elle pourrait pleurer du désir fou qui la prend soudain de la toucher, cette main, de l'embrasser, de s'y réfugier.
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Par irenelec, le 02/11/2011
Le Père de la Petite de
Marie Sizun
Ils se regardent, et lui ce n'est plus France qu'il voit, mais sa petite. Elle, non plus le mari de la dame blonde, mais son père, son père à elle. Celui qui a été son père un peu de temps. Si peu de temps.
Et, dans ce regard, il y a beaucoup de tristesse et un peu de gaîté. Mais cela, c'est leur secret.
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Par Audreyy, le 08/03/2012
Plage de
Marie Sizun
J'avais tout à coup compris ce que pouvait signifier la disparition. L'absence. Que quelqu'un tout à coup n'existe plus. Le mal que j'avais naïvement éprouvé alors, c'était l'annonce de celui que j'éprouverais des années plus tard. Le mal de comprendre que l'aimé n'est plus là, ne sera plus jamais là.
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Par Audreyy, le 08/03/2012
Plage de
Marie Sizun
Tu dis que je devrais écrire : mais non, écrire ce n'est pas pour moi. Je préfère lire les livres des autres. Les livres des autres, c'est mon univers à moi, la bibliothécaire. Ta bibliothécaire comme tu aimes m'appeler. Et puis il y a ma vie, qui m'occupe assez depuis quelques temps. C'est ça mon livre. Je serais incapable d'en écrire un autre.
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Par canel, le 28/06/2011
La femme de l'Allemand de
Marie Sizun
Tu ne peux plus rien pour Fanny. Tu dois te sauver, ne plus t'occuper d'elle. La tentation de la pitié, tu le sens confusément, c'est la tentation d'autre chose. Tu ne veux pas devenir le double de Fanny, le double de l'image adorée et haïe. (p. 238).
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Par luocine, le 15/08/2009
La femme de l'Allemand de
Marie Sizun
Tant de choses comme cela que tu ignores. Que tu devines vaguement. Des choses qui sont l. Qui te frôlent, cachées dans l’ombre, mais si denses que tu en éprouves la secrète présence, comme une menace.