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Par Malaura, le 15/03/2012
Mon Pouchkine de
Marina Tsvétaïeva
Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva
Des démons et des démones
Se joignant, se disjoignant
Papillonnent, tourbillonnent –
Feuilles folles sous le vent !
Quelle foule ! Quelle fuite !
Et pourquoi ces tristes chants ?
Une ancêtre qui vous quitte ?
Une belle qu’on vous prend ?
Les nuages fuient en foule
Sous la lune qui s’enfuit,
Les nuages fument et roulent
Trouble ciel et trouble nuit.
Survolant la blanche plaine
Geignent, hurlent les malins
De leurs plaintes surhumaines
Déchirant mon cœur humain.
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Par Malaura, le 16/03/2012
Mon Pouchkine de
Marina Tsvétaïeva
Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva
Adieux à la mer
Adieu, Espace des Espaces !
Pour une dernière fois mon œil
Voit s’étirer ta vive grâce
Et s’étaler ton bel orgueil
Telle une fête qui s’achève
Supplique d’une chère voix –
Ta grave voix, ta voix de rêve
J’entends pour la dernière fois.
Dans mon désert sans sources vives
J’emporterai, empli de Toi,
Tes durs granits, tes belles rives,
Tes jets, tes flots, ton bruit de voix…
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Par Malaura, le 21/03/2012
Mon Pouchkine de
Marina Tsvétaïeva
Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva :
Tu me disais : Demain cher ange,
Là-bas, au bout de l’horizon,
Sous l’oranger chargé d’oranges
Nos cœurs et lèvres se joindront.
Mais là, où sous l’immense cloche
D’azur, au bienveillant soleil
Les ondes dorment sous la roche,
Tu t’endormis du grand sommeil.
S’en sont allés comme l’écume
Ta jeune grâce et tes émois
Et ce baiser qui me consume…
Mais je l’attends, tu me le dois…
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Par nadejda, le 16/03/2012
Mon Pouchkine de
Marina Tsvétaïeva
Ce n'est qu'aujourd'hui, remontant pas à pas le Pouchkine de mon enfance, que je remarque à quel point Pouchkine aimait le questionnement : "Dites, pourquoi dès l'aurore ?...", "Qui est-il ?...", Qui sous la lune aux astres blancs...", "Les Monténégrins, qui est-ce ?..." -- etc. J'aurais cru à l'époque qu'il ne savait rien -- pour de vrai -- j'aurais pensé que le poète est l'homme qui, de tous, en sait le moins, puisqu'il va jusqu'à me questionner -- moi, une enfant. Mais l'enfant troublée se doutait bien qu'il le faisait exprès -- qu'il ne questionnait pas, qu'il savait tout, et, pressentant qu'il me prenait au piège, sans écrire aucune de ses fausses réponses -- vers après vers, sans le vouloir -- à l'aveuglette, -- le poème, je le voyais. Je dois au Pouchkine historique de mon enfance mes plus inoubliables visions. p 53
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Par nadejda, le 21/11/2011
Vivre dans le feu : Confessions de
Marina Tsvétaïeva
Je suis exclue de naissance, du cercle des humains, de la société (...) Je suis sans âge et sans visage. Peut-être suis-je la Vie même.
... Je sais qui je suis : Une danseuse de l'âme.
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Par Lali, le 07/02/2011
Le ciel brûle de
Marina Tsvétaïeva
Les nuits sans celui qu’on aime — et les nuits
Avec celui qu’on n’aime pas, et les grandes étoiles
Au-dessus de la tête en feu et les mains
Qui se tendent vers Celui —
Qui n’est pas — qui ne sera jamais,
Qui ne peut être — et celui qui le doit…
Et l’enfant qui pleure le héros
Et le héros qui pleure l’enfant,
Et les grandes montagnes de pierre
Sur la poitrine de celui qui doit — en bas…
Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,
Je connais ce mystère sourd-muet
Que dans la langue menteuse et noire
Des humains — on appelle la vie.
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Par nadejda, le 25/03/2012
Le ciel brûle de
Marina Tsvétaïeva
Il s’approcha, ailé,
Et tes paupières mirent le voile sur ton regard
radieux.
Tu mourus – flamboyante
A l’heure la plus terne.
Que pourront donc expier
Ces deux dernières larmes brèves ?
Il réfléchit – Quatre heures
Sonnèrent.
Il partit sans être vu,
Emportant le mot le plus précieux.
Mais personne n’entendit
Ton dernier appel.
Et s’est perdu dans la mer des bruits
Le cri qui déchira ton sein et ton âme.
Rose, tu te noyais
Dans le matin trouble…
Moscou, 1912
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Par Lali, le 07/02/2011
Le ciel brûle de
Marina Tsvétaïeva
La lettre
On ne guette pas les lettres
Ainsi — mais la lettre.
Un lambeau de chiffon
Autour d’un ruban
De colle. Dedans — un mot.
Et le bonheur. — C’est tout.
On ne guette pas le bonheur
Ainsi : — mais à la fin :
Un salut militaire
Et le plomb dans le sein —
Trois balles. Les yeux sont rouges.
Que cela. — C’est tout.
Pour le bonheur — je suis vieille!
Le vent a chassé les couleurs!
Plus que le carré de la cour
Et le noir des fusils.
(Que le carré de l’enveloppe :
Encre et attraits!)
Pour le sommeil de mort
Personne n’est trop vieux.
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Par emmyne, le 23/03/2012
Le ciel brûle de
Marina Tsvétaïeva
Légère est ma démarche,
- Ma conscience est légère -
Légère est ma démarche,
Ma chanson est sonore -
Dieu m'a mise seule,
Au milieu du monde ;
- Tu n'es point femme mais oiseau,
Alors - vole et chante.
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Le cahier rouge de
Marina Tsvétaïeva
"Car la poésie ne se fractionne pas en poètes ni entre poètes, elle est présente et unique, dans toutes ses manifestations - chez chacun, toujours plus, toujours totale, de même qu'en réalité il n'existe pas des poètes, mais un seul et même poète depuis le commencement et jusqu'à la fin du monde, une force se parant de la couleur des temps, des peuples, des pays, des parlers, des personnes, qui traversent cette force, qui la portent, tout comme un fleuve reflète l'une ou l'autre de ces rives, l'un ou l'autre de ces cieux, l'un ou l'autre de ces fonds."