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Par Storm, le 29/07/2009
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Si la matière agit, se meut, par des combinaisons qui nous sont inconnues, si le
mouvement est inhérent à la matière, si elle seule, enfin, peut, en raison de son
énergie, créer, produire, conserver, maintenir, balancer dans les plaines immenses
de l'espace tous les globes dont la vue nous surprend et dont la marche uniforme,
invariable, nous remplit de respect et d'admiration, quel sera le besoin de
chercher alors un agent étranger à tout cela, puisque cette faculté active se
trouve essentiellement dans la nature elle-même, qui n'est autre chose que la
matière en action? Votre chimère déifique éclaircira-t-elle quelque chose?
Je défie qu'on puisse me le prouver. À supposer que je me trompe sur les facultés
internes de la matière, je n'ai du moins devant moi qu'une difficulté. Que
faites-vous en m'offrant votre Dieu? Vous m'en donnez une de plus. Et comment
voulez-vous que j'admette, pour cause de ce que je ne comprends pas, quelque chose
que je comprends encore moins? Sera-ce au moyen des dogmes de la religion
chrétienne que j'examinerai... Que je me représenterai votre effroyable Dieu?
Voyons un peu comme elle me le peint...
Que vois-je dans le Dieu de ce culte infâme, si ce n'est un être inconséquent et
barbare, créant aujourd'hui un monde de la construction duquel il se repent demain?
Qu'y vois-je qu'un être faible qui ne peut jamais faire prendre à l'homme le pli
qu'il voudrait? Cette créature, quoique émanée de lui, le domine; elle peut
l'offenser et mériter par là des supplices éternels! Quel être faible que ce
Dieu-là! Comment! il a pu créer tout ce que nous voyons, et il lui est
impossible de former des hommes à sa guise? Mais, me répondrez-vous à cela, s'il
l'eût créé tel, l'homme n'eût pas eu de mérite. Quelle platitude! et quelle
nécessité y a-t-il que l'homme mérite de son Dieu? En le formant tout à fait bon,
il n'aurait jamais pu faire le mal, et de ce moment seul l'ouvrage était digne
d'un Dieu. C'est tenter l'homme que de lui
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Justine de
Marquis de Sade
On vous dit à cela : la vertu est utile aux autres, et, en ce sens, elle est bonne ; car s'il est reçu de ne faire que ce qui est bon aux autres, à mon tour, je ne recevrai que du bien. Ce raisonnement n'est qu'un sophisme ; pour le peu de bien que je reçois des autres, en raison de ce qu'ils pratiquent la vertu, par l'obligation de la pratiquer à mon tour, je fais un million de sacrifices qui ne me dédommagent nullement. Recevant moins que je ne donne, je fais donc un mauvais marché, j'éprouve beaucoup plus de mal des privations que j'endure pour être vertueux, que je ne reçois de bien de ceux qui :e sont ; l'arrangement n'étant point égal, je ne dois donc pas m'y soumettre, et sûr, étant vertueux, de ne pas faire aux autres autant de bien que je recevrais de peines en me contraignant à l'être, ne vaudra-t-il donc pas mieux que je renonce à leur procurer un bonheur qui doit me coûter autant de mal ?
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Par chartel, le 14/09/2007
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Ce qui détruit l’Eglise, ce ne sont pas les tâtonnements de ceux qui cherchent à y entrer ou qui cherchent à en sortir, mais les professionnels qui en ont le contrôle et qui ont enlevés les cloches des clochers. Il lui semble les voir, infinis, désordonnés, vides, symboliques, glacés, pointés vers le ciel, non en signe d’extase et de passion, mais bien d’adjuration, de menace, et de condamnation. Il semble voir toutes les églises du monde comme un rempart, comme une de ces barricades moyenâgeuses hérissées de pieux morts et pointus, comme un rempart dressé contre la vérité et contre cette paix, ouverte au péché aussi bien qu’au pardon, qui est la vie de l’homme.
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Par Sarpou, le 09/10/2007
Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
Crois moi, laisse là la justice de Dieu, ses châtiments ou ses récompenses à venir, toutes ces platitudes-là ne sont bonnes qu’à nous faire mourir de faim. Ô Thérèse ! la dureté des riches légitime la mauvaise conduite des pauvres; Que leur bourse s’ouvre à nos besoins, que l’humanité règne dans leur cœur, et les vertus pourront s’établir dans le nôtre ; mais tant que notre infortune, notre patience à la supporter, notre bonne foi, notre asservissement ne serviront qu’à doubler nos fers, nos crimes deviendront leur ouvrage, et nous serions bien dupes de nous les refuser, quand ils peuvent amoindrir le joug dont leur cruauté nous surcharge. La Nature nous a fait naître tous égaux, Thérèse, si le sort se plaît à déranger ce premier plan des lois générales, c’est à nous d’en corriger les caprices et de réparer par notre adresse, les usurpations du plus fort. J’aime à les entendre ces gens riches, ces gens titrés, ces magistrats, ces prêtres, j’aime à les voir nous prêcher la vertu; Il est bien difficile de se garantir du vol, quand on a trois fois plus qu’il ne faut pour vivre; bien malaisé de ne jamais concevoir le meurtre quand on n’est entouré que d’adulateurs ou d’esclaves dont nos volontés sont les lois; ...mais nous, Thérèse, que la providence a condamnés à ramper dans l’humiliation comme le serpent dans l’herbe; nous qu’on ne voit qu’avec dédain, parce que nous sommes faibles... tu veux que nous nous défendions du crime quand sa main seule nous ouvre la porte de la vie, nous y maintient et nous empêche de la perdre, tu veux que perpétuellement soumis et dégradé, pendant que cette classe qui nous maîtrise a pour elle toutes les faveurs de la fortune, nous ne réservions que la peine, l’abattement et la douleur, que le besoin et que les larmes. Non, non et non Thérèse…
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Justine de
Marquis de Sade
Je suppose une société où il sera convenu que l'inceste (admettons ce délit comme tout autre), que l'inceste, dis-je, soit un crime : ceux qui s'y livreront seront malheureux, parce que l'opinion, les lois, le culte, tout viendra glacer leurs plaisirs ; ceux qui désireront le commettre, ce mal, et qui ne l'oseront, d'après ces freins, seront également malheureux ; ainsi la loi qui proscrira l'inceste n'aura fait que des infortunés. Que dans la société voisine, l'inceste ne soit point un crime, ceux qui ne le désireront pas ne seront point malheureux, et ceux qui le désireront seront heureux. Donc la société qui aura permis cette action conviendra mieux aux hommes que celle qui aura érigé cette même action en crime.
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Par Elvira, le 14/12/2011
Ernestine de
Marquis de Sade
Cependant elle sonne, cette heure funeste du départ ; pour deux coeurs véritablement épris, quelle différence y a-t-il entre celle-là et celle de la mort ? On dirait, en quittant ce qu'on aime, que le coeur se brise, ou s'arrange ; nos organes, pour ainsi dire enchaînés à l'objet chéri dont on s'éloigne, paraissent se flétrir en ce moment cruel ; on veut fuir, on revient, on se quitte, on s'embrasse, on ne peut se résoudre ; le faut-il à la fin, toutes nos facultés s'anéantissent, c'est le principe même de notre vie qu'il semble que nous abandonnions, ce qui reste est inanimé, ce n'est plus que dans l'objet qui se sépare qu'est encore pour nous l'existence.
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Par Sly, le 04/07/2010
Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
[Dans ce livre Sade rend au sexe sa place,la première "Les passions ont un degré dans l'homme, où nulle voix ne peut les captiver"]
[La sexualité traverse les infortunes avec la violence d'un orage.]
[Sade proclame qu'il est une force du désir que seule la satisfaction peut abattre, et que l'homme est plus grand, parce que plus proche de sa nature profonde, dans l'impétuosité de son désir que dans la volonté obstinée de dominer sa chair. parce que sa sexualité, quelles qu'en soit les formes, lui vient de sa nature, l'homme sadien se refuse à plaider coupable. Comment pourrait-il refuser ou même condamner cet appel irrésistible ?]
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Par gaillard1, le 28/09/2010
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme.
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Par liliba, le 04/12/2011
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Aux libertins
Voluptueux de tous les âges et de tous les sexes, c'est à vous seuls que j'offre cet ouvrage : nourrissez-vous de ses principes, ils favorisent vos passions, et ces passions, dont de froids et plats moralistes vous effraient, ne sont que les moyens que la nature emploie pour faire parvenir l'homme aux vues qu'elle a sur lui ; n'écoutez que ces passions délicieuses ; leur organe est le seul qui doivent vous conduire au bonheur.
Femmes lubriques, que la voluptueuse Saint Ange soit votre modèle ; méprisez, à son exemple, tout ce qui contrarie les lois divines du plaisir qui l'enchaînèrent toute sa vie.
Jeunes filles trop longtemps contenues dans les liens absurdes et dangereux d'une vertu fantastique et d'une religion dégoûtante, imitez l'ardente Eugénie ; détruisez, foulez aux pieds, avec autant de rapidité qu'elle, tous les préceptes ridicules inculqués par d'imbéciles parents.
Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n'avez plus d'autre freins que vos désirs et d'autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d'exemple ; allez aussi loin que lui, si, comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare ; convainquez-vous à son école que ce n'est qu'en étendant la sphère de ses goûts et de ses fantaisies, que ce n'est qu'en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d'homme, et jeté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie.
La mère en prescrira la lecture à sa fille."
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Par Feenalia, le 05/06/2011
Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
[Attention âmes sensibles: extrait d'un passage que j'ai trouvé particulièrement excellent et "drôle", la dernière phrase prononcée par cette malheureuse Justine m'a arraché un sourire]
Il la saisit alors avec férocité, il la place comme il avait fait de moi, les bras soutenus au plancher par deux rubans noirs : je suis chargée du soin de poser les bandes ; il visite les ligatures : ne les trouvant pas assez comprimées, il les resserre, afin, dit-il, que le sang sorte avec plus de force ; il tâte les veines, et les pique toutes deux presque en même temps. Le sang jaillit très loin : il s'extasie ; et retournant se placer en face, pendant que ces deux fontaines coulent, il me fait mettre à genoux entre ses jambes, afin que je suce ; il en fait autant à chacun de ses gitons, tour à tour, sans cesser de porter ses yeux sur ces jets de sang qui l'enflamment. Pour moi, sûre que l'instant où la crise qu'il espère aura lieu, sera l'époque de la cessation des tourments de la comtesse, je mets tous mes soins à déterminer cette crise, et je deviens, ainsi que vous le voyez, madame, catin par bienfaisance et libertine par vertu.
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