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Par mimi574, le 24/05/2012
Les Infortunés de la vertu de
Marquis de Sade
Le remords ne prouve pas le crime, il prouve seulement une âme facile à subjuguer. Qu'il vienne un ordre absurde de t'empêcher de sortir à l'instant de cette chambre, tu n'en sortiras pas sans remords, quelque certain qu'il soit que tu ne ferais pourtant aucun mal à en sortir. Il n'est donc pas vrai qu'il n'y ait que le crime qui donne des remords ; en se convainquant du néant des crimes ou de la nécessité dont ils sont eu égard au plan général de la nature, il serait donc possible de vaincre aussi facilment le remords qu'on aurait à les commettre, comme il te le viendrait d'étouffer celui qui naîtrait de ta sortie de cette chambre d'après l'ordre illégal que tu aurais reçu d'y rester une fois.
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Par Nucha, le 16/05/2012
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Mettons, s'il vous plaît, un peu d'ordre à ces orgies, il en faut même au sein du délire et de l'infamie.
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Par Nucha, le 16/05/2012
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme; c'est par ostentation qu'on soulage ses semblables, jamais dans la seule vue de faire une bonne action; on serait bien fâché que l'aumône qu'on vient de faire n'eût pas toute la publicité possible.
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Par Nucha, le 16/05/2012
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Et, dans le fait, est-ce bien sûrement la vertu, ou son apparence, qui devient réellement nécessaire à l'homme social? Ne doutons pas que l'apparence seule lui suffise: il a tout ce qu'il faut en la possédant.
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Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
On vous dit à cela : la vertu est utile aux autres, et, en ce sens, elle est bonne ; car s'il est reçu de ne faire que ce qui est bon aux autres, à mon tour, je ne recevrai que du bien. Ce raisonnement n'est qu'un sophisme ; pour le peu de bien que je reçois des autres, en raison de ce qu'ils pratiquent la vertu, par l'obligation de la pratiquer à mon tour, je fais un million de sacrifices qui ne me dédommagent nullement. Recevant moins que je ne donne, je fais donc un mauvais marché, j'éprouve beaucoup plus de mal des privations que j'endure pour être vertueux, que je ne reçois de bien de ceux qui :e sont ; l'arrangement n'étant point égal, je ne dois donc pas m'y soumettre, et sûr, étant vertueux, de ne pas faire aux autres autant de bien que je recevrais de peines en me contraignant à l'être, ne vaudra-t-il donc pas mieux que je renonce à leur procurer un bonheur qui doit me coûter autant de mal ?
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Par quenlore, le 14/04/2012
Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
si tu m'as aidé, c'est pour toi et non pour moi ! Tu aurais eu trop mauvaise conscience à me laisser mourant, donc je ne te dois rien, ton acte salvateur était avant tout égoïsme et bonne conscience
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Par Oburoni, le 28/04/2012
Dialogue entre un prêtre et un moribond de
Marquis de Sade
Perfectionne ta physique, et tu comprendras mieux la nature; épure ta raison, bannis tes préjugés, et tu n'auras plus besoin de ton Dieu.
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Par Storm, le 29/07/2009
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Si la matière agit, se meut, par des combinaisons qui nous sont inconnues, si le
mouvement est inhérent à la matière, si elle seule, enfin, peut, en raison de son
énergie, créer, produire, conserver, maintenir, balancer dans les plaines immenses
de l'espace tous les globes dont la vue nous surprend et dont la marche uniforme,
invariable, nous remplit de respect et d'admiration, quel sera le besoin de
chercher alors un agent étranger à tout cela, puisque cette faculté active se
trouve essentiellement dans la nature elle-même, qui n'est autre chose que la
matière en action? Votre chimère déifique éclaircira-t-elle quelque chose?
Je défie qu'on puisse me le prouver. À supposer que je me trompe sur les facultés
internes de la matière, je n'ai du moins devant moi qu'une difficulté. Que
faites-vous en m'offrant votre Dieu? Vous m'en donnez une de plus. Et comment
voulez-vous que j'admette, pour cause de ce que je ne comprends pas, quelque chose
que je comprends encore moins? Sera-ce au moyen des dogmes de la religion
chrétienne que j'examinerai... Que je me représenterai votre effroyable Dieu?
Voyons un peu comme elle me le peint...
Que vois-je dans le Dieu de ce culte infâme, si ce n'est un être inconséquent et
barbare, créant aujourd'hui un monde de la construction duquel il se repent demain?
Qu'y vois-je qu'un être faible qui ne peut jamais faire prendre à l'homme le pli
qu'il voudrait? Cette créature, quoique émanée de lui, le domine; elle peut
l'offenser et mériter par là des supplices éternels! Quel être faible que ce
Dieu-là! Comment! il a pu créer tout ce que nous voyons, et il lui est
impossible de former des hommes à sa guise? Mais, me répondrez-vous à cela, s'il
l'eût créé tel, l'homme n'eût pas eu de mérite. Quelle platitude! et quelle
nécessité y a-t-il que l'homme mérite de son Dieu? En le formant tout à fait bon,
il n'aurait jamais pu faire le mal, et de ce moment seul l'ouvrage était digne
d'un Dieu. C'est tenter l'homme que de lui
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Justine, ou, Les malheurs de la vertu de
Marquis de Sade
Je suppose une société où il sera convenu que l'inceste (admettons ce délit comme tout autre), que l'inceste, dis-je, soit un crime : ceux qui s'y livreront seront malheureux, parce que l'opinion, les lois, le culte, tout viendra glacer leurs plaisirs ; ceux qui désireront le commettre, ce mal, et qui ne l'oseront, d'après ces freins, seront également malheureux ; ainsi la loi qui proscrira l'inceste n'aura fait que des infortunés. Que dans la société voisine, l'inceste ne soit point un crime, ceux qui ne le désireront pas ne seront point malheureux, et ceux qui le désireront seront heureux. Donc la société qui aura permis cette action conviendra mieux aux hommes que celle qui aura érigé cette même action en crime.
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Par chartel, le 14/09/2007
La philosophie dans le boudoir de
Marquis de Sade
Ce qui détruit l’Eglise, ce ne sont pas les tâtonnements de ceux qui cherchent à y entrer ou qui cherchent à en sortir, mais les professionnels qui en ont le contrôle et qui ont enlevés les cloches des clochers. Il lui semble les voir, infinis, désordonnés, vides, symboliques, glacés, pointés vers le ciel, non en signe d’extase et de passion, mais bien d’adjuration, de menace, et de condamnation. Il semble voir toutes les églises du monde comme un rempart, comme une de ces barricades moyenâgeuses hérissées de pieux morts et pointus, comme un rempart dressé contre la vérité et contre cette paix, ouverte au péché aussi bien qu’au pardon, qui est la vie de l’homme.
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