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Par sylvie, le 14/05/2009
Dis oui, Ninon de
Maud Lethielleux
Le vrai bonheur, il se compte dans la tête, il est invisible, il est dans l’instant du présent, c’est comme une conjugaison qu’on a rien compris, il ne se conjugue pas au futur imparfait, il est parfait d’ailleurs, il est toujours là où on ne s’y attend pas, il faut juste ouvrir ses yeux."
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Par cbougeau, le 30/03/2009
Dis oui, Ninon de
Maud Lethielleux
« Un jour, j'aurai la mélancolie (c'est ce qu'il y a de plus beau au monde, la mélancolie, ça veut dire qu'on a eu une enfance très belle et que nos parents sont pas du tout des pervers) »
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Par saphoo, le 01/09/2010
D'où je suis, je vois la lune de
Maud Lethielleux
C’est toute ma vie cette chanson, une vie râpeuse, une vie de cicatrises qui se voient toujours mais qui commencent à s’estomper. Un passé qui se transforme en souvenir petit à petit et un avenir qui pointe son bout de son nez. Je m’allonge sur le dos, le morceau finit plus de chanter, le type se répète mais c’est jamais pareil, parce qu’à chaque fois il se libère d’un secret qu’il est tout seul à connaître et à la fin il ne reste plus rien qu’un accord égratigné qui s’éteint doucement , et qui prend tout son temps parce que, justement, c’est la fin. C’est la fin d’un morceau et le début d’un suivant. C’est toute ma vie cette chanson.
Je suis paralysée, immobile sur les ressorts avec la gorge nouée d’avoir entendu autant de beauté. Je ne savais pas que les êtres humains pouvaient fabriquer des intensités pareilles et faire chialer la planète avec une seule phrase et une voix cassée.”
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Dis oui, Ninon de
Maud Lethielleux
une petite sœur, elle l’est pour le temps, c’est pas comme les amoureux ou les trucs comme ça, une petit sœur, même quand t’es à quinze kilomètre ou si tu fais des choses, ou si tu fais rien, elle est pour toujours jours dan ta poche d’amour éternel.
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J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait de
Maud Lethielleux
Si j’étais un garçon je l’aimerais. Si j’étais un garçon je me détesterais. Est-ce que je me déteste parce que je m’aime ? J’aime mon corps, c’est vrai, je le trouve mignon et tendre. Mais le reste ne me plait pas. Mes aptitudes scolaires me font du tort et je n’éprouve aucune fierté à comprendre ce qu’on attend de moi. Mon imagination me joue des tours. Et je déteste ma façon de penser, d’analyser avec lucidité, de me raidir quand on me regarde, de lever les yeux au ciel quand on me taraude, de trouver les phrases pour blesser celui qui me cherche. Je déteste ma fausse assurance. Je déteste détester mes parents. Je ne suis pas aimable. Je suis une glaciaire, cet ustensile affreux qui me conserver les bières sur les bords de rivière. » (Capucine
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D'où je suis, je vois la lune de
Maud Lethielleux
Moi, j’ai jamais su qu’écrire dans les marges et évidemment, ça peut pas plaire à tout le monde.
Je marche vers la foule, je n’ai pas peur de m’y perdre, je suis à ma place parmi les autres, une toute petite place qui me convient.
Je ne sais pas ce que je veux en fait, je voudrais juste continuer de marcher comme aujourd’hui, légère et solide à la fois, fragile mais avec les pieds bien à plat sur la terre, je voudrais continuer mon chemin avec ce sentiment d’être quelqu’un parmi les autres, une faiseuse imaginaire, une petite vendeuse à la sauvette qui a troqué ses sourires contre des mots.
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Par Nanne, le 19/12/2010
D'où je suis, je vois la lune de
Maud Lethielleux
Moi, j'ai ma place à l'angle de Saint-Fran, juste en face de la banque et devant le McDo, je vends ma marchandise, petite came du quotidien. Je m'installe là, debout, un petit pas en avant, un petit pas en arrière, la valse de la rue pour une pièce de monnaie. Je ne brade pas, je ne force pas le client, pas de promotions dans mon magasin de plein air, j'en vends des tout petits, des grands jusqu'aux oreilles, des en coin ou des moqueurs, mais des jaunes plus rarement.
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J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait de
Maud Lethielleux
Les voyages en solitaire, bonjour la déprime quand l'horizon n'a qu'une idée en tête : te montrer l'ampleur de l'espace à parcourir avant de trouver âme qui vive.
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Tout près, le bout du monde de
Maud Lethielleux
Évidemment j’y ai pensé mais j’avais trop envie d’une vraie bouffe, avec du gras, tu vois, de la crème fraîche et des lardons, pas avec ton huile d’olive bio et tes oignons coupés gros comme ça. Comme je me suis pas gêné et comment t’as rien dit quand je t’ai dit de t’arrêter devant la supérette !
Après tous les ordres que tu nous as donnés pour tes putains de travaux, je me suis bien défoulé : épluche les châtaignes ! Y reste de la mousse sous le bolet !
N’empêche, t’as tout fait comme il faut. T’es plus docile que j’aurais pensé.
Au moins maintenant tu sais que même dans ta cuisine de Cro-Magnon on peut faire de la vraie bouffe. T’as entendu qu’on entendait rien pendant tout le repas ? T’as vu comment l’anorexique était plus anorexique ?
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Par kathel, le 20/09/2010
Dis oui, Ninon de
Maud Lethielleux
J’entre sur la pointe des pieds, je dis : Pardon excusez-moi je m’excuse du retard c’est mon réveil qui s’est pas réveillé.Tout le monde s’en fiche, ils ne me remarquent même pas. Les élèves sont debout, ils regardent dehors en gloussant. Je m’approche d’une fenêtre. Derrière le portail, dans la rue, la Renault Express roule tout doucement, la portière du conducteur est ouverte. Fred marche sur le côté en tenant le volant d’une main et en poussant la lourde carcasse avec son épaule.
Panne sèche.
J’ai faim.