Par gill, le 14/12/2012
L'aventure vécue de Dumas père de
Maurice Constantin-Weyer
En sortant de la seconde représentation de "Christine", Dumas traversait vers une heure du matin la place de l'Odéon, quand un fiacre s'arrêta à sa hauteur.
Une tête de femme sortit de la portière.
- Monsieur Dumas ! Monsieur Dumas !
Dumas se retourna.
- C'est bien vous qui êtes monsieur Dumas ?
- Oui, madame.
- Je suis madame Dorval...Eh bien, montez ici et embrassez moi...Ah ! vous avez un fier talent et vous faites un peu bien les femmes !
C'était celle que Mme Dussane, notre grande Dussane, a appelé "le Théâtre à l'état pur".
Les années avaient passé. Depuis que Dumas avait vu Dorval jouer Malvina dans "le vampire", Dorval venait de donner la mesure de son immense talent dans "Trente ans" ou "la vie d'un joueur", et dans une pièce oubliée, qui s'appelait "l'incendiaire", où, tout au long d'une scène d'un quart d'heure, elle faisait pleurer toute une salle....
(extrait de "Où un fiacre passe et où Mme Dorval apparaît", chapitre XXV du volume paru aux éditions du "milieu du monde" en 1944)
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Un homme se penche sur son passé de
Maurice Constantin-Weyer
Il n'y a que deux pièces : une cuisine (qui est, aussi une salle à manger, un office et un hangar à provisions) et une chambre à coucher, où, quand je suis chez moi, je puis du moins lire des livres bons ou curieux. A côté de ce Discours de la Méthode, que j'ai toujours aimé, pour la simplicité avec laquelle il me conseille, j'ai ces poètes et ces romanciers anglais : la Fairie Queen de Spencer, le Faust de Marlowe, mon Shakespeare dans les petits volumes fauve et or de chez Dent, les Hellenics de Savage Landor, le Prométhée de Shelley, les Sonnets de Milton. Joignez le Voyageur malheureux de Nashe, Pickwick, Le Livre de la Jungle de Kipling, le Walden de Thoreau, et naturellement tout ce qu'on peut se procurer à Winninpeg d'Hazlitt. J'ai toujours promené avec moi une édition des Douze Césars, de Suétone, et dites-moi si cela ne suffit pas à occuper, chaque jour, quelques heures de la vie d'un homme. Paul Durand me demande si je suis fou, ou si j'ai l'intention d'ouvrir un cours de littérature. Il a une bibliothèque, lui, dont il est très fier et qui le satisfait. Zola, Marcel Proust et Loti y apportent leurs préoccupations matérielles, sensuelles ou voluptueuses, et les poésies complètes d'Alfred de Musset y mettent une note de sensibilité élégiaque. Goût de petit bourgeois français qui va avec celui du vin, de la soupe et des viandes en sauce.
p. 62-63
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