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Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de
Maya Angelou
L’herbe crissa et je me levai d’un bond. Louise Kendricks pénétra dans mon bosquet.
(…)
- Que fais-tu ici toute seule, marguerite ?
Elle n’accusait pas, elle se renseignait. Je lui répondis que j’observais le ciel.
(…)
Elle leva la tête.
- Tu ne peux pas voir beaucoup de ciel d’ici.
Puis elle s’assit non loin de moi. Découvrant deux racines saillantes, elle posa de minces poignets dessus comme si elle avait été dans un fauteuil. Lentement, elle appuya son dos contre le tronc. Je fermai les yeux en pensant à la nécessité de me trouver un autre endroit et à l’impossibilité probable qu’il en existât un présentant les mêmes avantages. J’entendis de petits cris en cascade et, avant que j’aie pu rouvrir les yeux, Louise saisit ma main.
- Je tombais (elle secoua ses longues nattes), je tombais dans le ciel !
Je l’aimais d’être capable de tomber dans le ciel et de l’avouer. Je suggérai :
- Essayons ensemble. Mais il faut qu’on se redresse après avoir compté jusqu’à cinq.
- Tu veux qu’on se tienne par la main ? dit Louise. Juste au cas ?
J’acceptai. Si l’une de nous tombait, l’autre pourrait la tirer d’affaire.
Après quelques dégringolades dans l’éternité (nous savions toutes deux ce que c’était), nous éclatâmes de rire à l’idée d’avoir joué avec la mort et la destruction, et de leur avoir échappé.
- Regardons ce bon vieux ciel en tournant, dit Louise.
Nous prenant par les mains, nous nous mîmes à tourner au milieu de la clairière. Tout doucement d’abord. Le menton levé et les yeux fixés sur le séduisant morceau d’azur. Plus vite, juste un peu plus vite, puis plus vite et encore plus vite. Et puis finalement l’éternité pris le dessus. Impossible de nous arrêter de tourner jusqu’à ce que l’exigeante gravité m’arrachât aux mains de Louise et me renvoyât à mon sort en bas – non, au-dessus, pas en bas. Je me retrouvai saine, sauve et étourdie au pied du sycomore. Louise avait échoué sur ses genoux de l’autre côté du bosquet.
A coup sûr, le moment était venu de rire. Nous avions perdu, mais sans rien perdre. Nous commençâmes par glousser et ramper en titubant l’une vers l’autre, puis nous éclatâmes d’un gigantesque fou rire, suivi de grandes tapes dans le dos et d’autres rires. Nous avions ridiculisé ou fait mentir quelque chose et n’était-ce pas là un exploit formidable ?
En osant défier l’inconnu avec moi, Louise devint ma première amie.
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Par csapin, le 29/01/2009
Tant que je serai noire de
Maya Angelou
Quant aux Etats-Unis, Georges Bernard Shaw avait eu raison de les décrire comme "le seul pays à être passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation".
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Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de
Maya Angelou
A Stamps, la ségrégation était si totale que la plupart des enfants noirs ne savaient pas, en vérité, à quoi ressemblaient exactement les Blancs. Excepté qu’ils étaient différents, et qu’il fallait avoir peur d’eux, et cette peur traduisait aussi l’hostilité des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches, des travailleurs contre les patrons et des mal habillés contre les bien vêtus.
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Par line70, le 18/03/2011
Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de
Maya Angelou
[...] tu n'as pas à te soucier de faire ce qu'il faut. Si tu en as envie, alors tu le fais sans y penser.
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Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de
Maya Angelou
De tous les besoins (il n’y en a aucun d’imaginaire) qu’éprouve un enfant solitaire, celui qui doit être satisfait si l’espoir doit exister, et un espoir de plénitude, c’est le besoin constant d’un Dieu à toute épreuve. Mon beau petit frère noir fut mon royaume sur terre.
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Par csapin, le 22/03/2011
Tant que je serai noire de
Maya Angelou
- Ce que dit la pièce, rétorquai-je, c'est que les Noirs, si on leur en donne l'occasion, deviendront aussi cruels que les Blancs. Je me refuse à le croire.
- C'est tout à fait possible, Maya, et nous devons nous en défendre avec la plus grande vigilance. Tu vois, ma chère épouse - il parlait tout doucement en penchant sur moi son corps massif -, la plupart des révolutionnaires noirs, des radicaux noirs et des militants noirs ne souhaitent pas vraiment le changement. Ce qu'ils veulent, c'est prendre la place des Blancs. La pièce ne fait que souligner un tel risque. Et les nôtres doivent faire face à la tentation. Il faut absolument que tu joues dans Les nègres (de Jean Genet).
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Par csapin, le 22/03/2011
Tant que je serai noire de
Maya Angelou
Mon dernier spectacle me rappela le conseil de ma mère : "Quand on est noir, on doit espérer que tout se passera pour le mieux. Alors prépare-toi au pire et n'oublie jamais que tout peut arriver."
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Par csapin, le 22/03/2011
Tant que je serai noire de
Maya Angelou
Après une salve d'applaudissements, Malcolm marque une pause et, d'un air grave, promena son regard sur la foule. Les gens se figèrent : l'air lui-même était devenu immobile. Il reprit la parole sur un ton doux et suave :
- Certains d'entre vous pensent qu'il y a de bons Blancs, non ? De bons Blancs pour qui ou avec qui vous avez travaillé, avec qui vous êtes allés à l'école ou même avec qui vous vous êtes mariés. Non ?
Les spectateurs exprimèrent leur déni en grognant collectivement.
Malcolm poursuivit à voix basse, à la limite du chuchottement.
- Il y a des Blancs qui donnent de l'argent à la SCLC, à la NAACP ou à la Ligue urbaine. Certains vont même jusqu'à marcher avec vous dans les rues. Mais laissez-moi vous dire qui ils sont. Tout Américain blanc qui se dit votre ami est soit un faible...
Il laissa le mot produire son effet avant de reprendre d'une voix grondante.
- ... soit un agent d'infiltration. Ou bien il aura trop peur pour vous venir en aide quadn vous aurez besoin de lui, ou bien il se rapproche de vous à seule fin de découvrir vos projets et de vous livrer, pieds et poings liés, à ses frères.
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Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de
Maya Angelou
Malgré toute sa gaité, Vivian Baxter était sans merci. A l’époque, un dicton courrait à Oakland qui, si elle ne le citait pas elle-même, expliquait son attitude. « Compassion voisine avec con dans le dictionnaire et je ne sais même pas lire. » Son tempérament ne devait pas s’assagir avec le passage des années, et, quand une nature passionnée ne se tempère pas d’un peu de pitié, le mélodrame n’est vraisemblablement pas loin. Dans chaque explosion de colère, ma mère était juste. Elle avait l’impartialité de la nature avec le même manque d’indulgence ou de clémence.
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Par csapin, le 22/03/2011
Tant que je serai noire de
Maya Angelou
Le cynisme juvénile est d'autant plus désolant qu'il s'explique non pas par les leçons tirées d'expériences amères, mais bien par une foi insuffisante en l'avenir.