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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
C'est triste, une maison vide, triste et fragile. Une coquille creuse qu'on menace de briser en marchant dessus. Ils avaient vu une maison qu'on vidait comme on dépouille un cadavre encore chaud, sans pudeur aucune, avant que l'esprit quitte le corps pour de bon. [Le faiseur de pluie]
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
Gare de l'Est. Je n'aime pas cette station. Les murs orange, c'est d'un malsain. Et puis cet escalier planté au milieu du quai. Je n'aime pas les escaliers, on ne sait jamais trop où ils mènent, et celui-là je ne l'ai jamais emprunté. [Petit théâtre de rame]
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
Une page dont le contenu, un peu plus tard, irait remplir le livre vierge de Copeland Falls. Une fois le festin digéré, les prédateurs repus. Alors Deanna s'en irait rejoindre les autres ombres, celles dont les souvenirs des voyageurs ont repeuplé la ville. [Ghost Town Blues]
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
Certains soirs, je t'ai enlacé pour coller l'oreille contre ton épiderme. J'ai cru entendre palpiter juste sous l'écorce, presque à portée de main. Comme autrefois, dans une autre vie, quand le souffle de Benjamin dans notre lit me gardait éveillée. J'ai cru entendre deux cœurs jumeaux battre au ralenti contre mon oreille. Mais j'ai pu me tromper. [Élégie]
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
L'arrière-goût se précise. Et tu le traques à chaque nouvelle bouchée arrosée de mon vin. Il t'évoque l'amertume d'une herbe que tu as goûtée autrefois. La flamme des bougies creuse des ombres dans la caverne de tes sourcils, arqués dans l'effort de mémoire. Une bouchée de plus et tu sauras peut-être ? [Mémoires des herbes aromatiques]
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Arlis des forains de
Mélanie Fazi
Elle avait sans doute raison. Il fallait appartenir à la nature depuis longtemps pour apprendre à respirer comme le vent. Il devait savoir des choses que les hommes avaient désapprises avec le temps. Comme faire partie du grand tout sans chercher à y laisser sa marque. Du haut de la maison Quinlan, je voyais soudain la nature telle que lui devait la connaître : immuable, indivisible, une entité en soi. Lui savait qu'il ne fallait pas déranger l'ordre des choses. Et de comprendre sa vision du monde, de faire comme si c'était la mienne, il me semblait que le monde m'appartenait un peu. Un monde dans lequel tout devenait possible, simplement parce que la loi des humains n'était pas sa seule règle. Ce monde-là vivait différemment, et j'avais le pouvoir de choisir sa loi ou celle des miens.
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Par Pamw, le 14/02/2009
Serpentine de
Mélanie Fazi
4ème de couverture:
Une boutique de tatouage où l'on emploie des encres un peu spéciales. Une aire d'autoroute qui devient un refuge à la nuit tombée. Une ligne de métro où l'on fait d'étranges rencontres. Un restaurant grec dont la patronne se nomme Circé. Une maison italienne où deux enfants croisent un esprit familier... Tels sont les décors du quotidien où prennent racine ces dix nouvelles. Dix étapes, et autant de façades rassurantes au premier abord... mais qui s'ouvrent bientôt sur des zones plus troubles. Car les lieux les plus familiers dissimulent souvent des failles, écho de ces fêlures que l'on porte en soi. Il suffit de si peu, parfois, pour que tout bascule...
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
Lettres souples et tout en courbes autour desquelles se tortillent vipères et cobras, sous l'œil d'une salamandre tapie dans un coin. Deux serpents s'enroulent nonchalamment autour du S et du T majuscules. [Serpentine]
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Par Pamw, le 09/03/2010
Notre-Dame-aux-Ecailles de
Mélanie Fazi
4ème de couverture:
aviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ? Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains marins ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli… Mais attention : de ces voyages-là, on ne rentre pas indemne.
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Par TwiTwi, le 07/06/2010
Serpentine de
Mélanie Fazi
Dans la cheminée, les flammes se rapprochaient et s'éloignaient, encore et encore. Je les écoutais crépiter, distraitement, occupée à balancer mes jambes dans le vide. J'étais encore trop petite pour toucher le sol. Je me sentais si bien, dans la chaleur des flammes. Un peu engourdie, comme dans les minutes qui précèdent le sommeil, celles qui gomment le contour des choses et abolissent le temps. Leur lumière m'imprégnait, s'infiltrait jusque dans les os. Calée tout au fond du fauteuil, bras posés sur les accoudoirs, c'est ainsi que je l'ai vu. [Rêves de cendre]