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Par nadejda, le 25/01/2012
Le fil des missangas de
Mia Couto
"Les mâles larmoyants"
Aujourd'hui celui qui passe par le bar de Matakuane peut le certifier : pleurer c'est ouvrir son coeur. Les pleurs sont la concrétisation de deux voyages : de la larme vers la lumière et de l'homme vers une plus grande humanité. Finalement, ne vient-on pas à la lumière en pleurs ? Les pleurs ne sont-ils pas notre première voix ?
Et c'est ce que Kapa-Kapa prêche, par d'autres mots : la solution du monde est que notre être nous déborde. Et la larme nous rappelle : nous, plus que tout, ne sommes-nous pas faits d'eau ?
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La Véranda au frangipanier de
Mia Couto
Je vous le dis avec tristesse: le Mozambique que j'ai aimé se meurt. il ne reviendra jamais. il me reste seulement ce tout petit espace où je me tiens à l'ombre de l'océan. Ma nation est une véranda.
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La Véranda au frangipanier de
Mia Couto
Le coupable que vous cherchez, cher Izidine, n'est pas quelqu'un. C'est la guerre. C'est la guerre la coupable de toutes les fautes. C'est elle qui a tué Vasto. C'est elle qui a déchiré ce monde où les gens âgés avaient jadis lustre et légitimité. Ces vieillards qui pourrissent ici, avant le conflit on les entourait. Il y avait un monde qui les aimait, les familles se mettaient en peine pour les vieux. Après, la violence a entraîné d'autres urgences. Et les vieillards ont été expulsés, hors du monde, hors de nous-mêmes.
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Par nadejda, le 19/01/2012
L'accordeur de silences de
Mia Couto
Quand la patrie qui est la nôtre n’est plus à nous
Perdue par le silence et par le renoncement
Même la voix de la mer devient exil
Et la lumière qui nous entoure est comme des barreaux
Sophia de Mello Breyner Andresen
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La Véranda au frangipanier de
Mia Couto
Aujourd'hui je sais: l'Afrique nous vole notre être. et elle nous vide a contrario: en nous remplissant d'âme.
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Par Lali, le 24/03/2012
L'accordeur de silences de
Mia Couto
Ce n’est pas en lui tenant les ailes qu’on aide un oiseau à voler. L’oiseau vole simplement parce qu’on l’a laissé être oiseau.
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Par nadejda, le 19/01/2012
L'accordeur de silences de
Mia Couto
Nous ne vivons pas vraiment durant la majeure partie de notre vie. Nous nous consumons dans une longue léthargie, que, pour nous leurrer et nous réconforter nous-mêmes, nous appelons existence. Pour le reste, nous allons vacillants, éclairés seulement par de brèves intermittences. p 103
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L'accordeur de silences de
Mia Couto
Mille fois Ntunzi m'a rappelé pourquoi mon père m'avait élu son préféré. La raison de ce favoritisme était survenue d'un seul coup : à l'enterrement de notre mère, Silvestre ne sachant pas étrenner son veuvage se réfugia dans un coin pour éclater en sanglots. Je m'approchai alors de mon père et il s'agenouilla pour affronter la toute-petitesse de mes trois ans. Je tendis les bras et, au lieu d'essuyer son visage, je plaçai mes petites mains sur ses oreilles. Comme si je voulais le transformer en île et l'éloigner de tout ce qui avait une voix.
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Par nadejda, le 19/01/2012
L'accordeur de silences de
Mia Couto
L’Afrique est le plus sensuel des continents
... Les paysannes reprennent leur chemin avec leurs bidons et leurs fardeaux sur la tête. Je ne comprends qu’alors l’élégance dont elle sont capables. Leur pas de gazelle annule le poids qu’elles transportent, leur hanches flottent telle des ballerines évoluant sur une scène sans fin. Elles sont dans un éternel spectacle, précisément parce que jamais personne ne les regarde. Le bidon sur la tête, elles traversent la frontière entre le ciel et la terre. Et je pense : la femme ne transporte pas de l’eau, elle charrie tous les fleuves en son sein. Marcelo a poursuivi cette source à l’intérieur de lui-même.» p 153
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Par gean25, le 18/04/2012
L'accordeur de silences de
Mia Couto
-Ton grand-père paternel priait près des fleuves quand il voulait demander la pluie.
-Et après il pleuvait?
-Il pleut toujours après.Il faut juste prier très en avance.