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Critiques de Michaïl Lermontov


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    • Livres 4.00/5
    Par seblac, le 08/03/2015


    La princesse Ligovskoï La princesse Ligovskoï de Michaïl Lermontov

    Ce roman inachevé de Mikhaïl Lermontov écrit vers 1836 a bien sur un petit goût de frustration. Il est inachevé et se termine un peu en queue de poisson. Au lecteur éventuellement d'imaginer le reste. Mais là n'est pas forcément l'essentiel, car en quelques pages Lermontov nous livre sa vision mêlant fascination et répulsion pour ce monde fermé de la noblesse russe durant la première moitié du XIXe siècle.
    Lermontov nous raconte la vie d'un de ces jeunes nobles, Pietchorine, que l'on retrouvera plus tard dans le roman Un héros de notre temps.
    De ce jeune et riche noble habitant Saint Petersbourg, Lermontov dresse un portrait peu flatteur : Pietchorine est volontiers imbu de lui même, il accorde bien peu de prix à la vie et aux sentiments de ses congénères en particulier des jeunes femmes qu'il côtoie et qu'il s'amuse à tourmenter avec de fausses lettres anonymes par exemple. Cynique, froid, méprisant, il a tout du héros détestable. Le livre s'ouvre d'ailleurs sur une de ces scènes typiques du mépris de cette haute noblesse pour les personnes inférieures à leur condition : Piétchorine manque de renverser un fonctionnaire alors qu'il circule dans la rue. Il ne s'arrête pas et s'amuse de cette péripétie qui ne s'arrêtera pas là.
    Mais plus que cette intrigue secondaire, le roman s'attache à décrire la rencontre de Pietchorine avec une jeune femme qu'il a aimé quelques années auparavant. Celle-ci est désormais mariée à un prince plus âgé qui la promène tel un trophée. Mais entre les deux jeunes gens l'amour ne semble pas s'être éteint, au contraire ce feu les dévore...sans que cela ne gêne ni l'un ni l'autre.
    De ce point de vue cette ébauche de roman prend des allures nostalgiques, Lermontov semblant déplorer à demi-mots le caractère des nouveaux jeunes gens qui se soucient peu des convenances. Oui les choses ne sont plus ce qu'elles étaient dans cette Russie des années 1830. Constat assez étonnant pour un jeune écrivain d'à peine vingt-deux ans alors. Mais il s'agit d'un constat que l'on retrouve aussi chez Pouchkine, Gogol ou plus tard chez Tolstoï...La rengaine du c'était mieux avant. Toutefois on ne peut résumer le point de vue de Lermontov à cela car on comprend, à travers les figures de Pietchorine et de la princesse, que ces personnalités sont aussi irritantes, qu'attirantes. Oui par bien des aspects décrits plus haut, Pietchorine est détestable, mais d'un autre coté il y a aussi une certaine forme de panache, d'esprit chez ce jeune homme qui n'hésite pas à mettre quelques savants coups de pieds dans le fatras de conventions sociales qui régissent ces petits cercles fermés. Quant à cette princesse qui mène son vieux barbon par le bout du nez, c'est ma foi assez amusant...
    Lermontov excelle pour offrir à ses lecteurs des portraits de personnages selon plusieurs angles. C'est d'ailleurs cette démarche qu'il adoptera quand il écrira Un héros de notre temps. Son écriture est vive, pétillante et pleine d'esprit. Il reprend à son compte cette qualité qu'avaient Pouchkine et Gogol de s'immiscer discrètement dans leur récit en dialoguant avec le lecteur. Une petite remarque par ci, une petite pique par là. Tout cela fait de ce récit un texte des plus agréables à lire.


    Critique de qualité ? (32 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par seblac, le 31/05/2015


    Le Démon Le Démon de Michaïl Lermontov

    Ce long poème lyrique, écrit par Mikhaïl Lermontov, représente probablement la quintessence du romantisme russe. Un poème qui a donné bien du fil à retordre à son auteur qui l'a modifié maint et maint fois. Commencé aux alentours de 1829, retravaillé en 1838 lors de son premier exil dans le Caucase, Lermontov travaillait encore à ce poème lorsqu'il fut tué en duel en 1841...Il avait 27 ans. Ce processus d'écriture heurté, cette exigence est d'ailleurs assez récurrente chez cet éternel insatisfait qu'était Lermontov (pensons au roman la princesse Ligovskoï resté inachevé).
    En bien des points ce magnifique poème a des accents autobiographiques. Son principal protagoniste est un démon, un personnage qui se sent une être âme élevée et qui est révoltée par l'injustice du monde. Un personnage qui est aussi téméraire, lui qui pour son malheur s'est révolté contre son Créateur. Des traits de caractère pas si éloignés que cela de ceux de Lermontov dont le génie et ce qu'on prenait pour de l'arrogance lui valaient de solides inimitiés parmi la masse des humains peuplant la cour de Saint Saint-Pétersbourg ou l'armée dont il était membre.
    Ce Démon solitaire vole au dessus des paysages du Caucase, ceux-là même dans lesquels Lermontov fut exilé à deux reprise. Des paysages sauvages qui lui ont déjà inspiré une partie de son chef d’œuvre le plus connu, un héros de notre temps.
    Dans ces vers, la nature caucasienne prend une dimension de magnificence extraordinaire. Le lyrisme de Lermontov fait merveille et on tient là quelques uns des plus beaux vers de la poésie russe du XIXe siècle.
    C'est au milieu de cette nature aux allures de nouvel Eden, que le Démon tombe amoureux de Tamara, une jeune géorgienne qui attend le retour de son bien aimé. Éperdument amoureux et rompu aux choses du mal, le démon fait tomber son rival dans une embuscade.
    Passionné, il continue à déclarer sa flamme à la belle Tamara mais apeurée elle finit par s'enfermer dans un monastère. Désespéré, le Démon tente de la rassurer et lui fait la promesse de renoncer au mal pour elle. Par elle, pour elle, il veut renouer ses liens avec la vie dans l'espoir de caresser ce mirage qu'est le bonheur. Il y parvient presque mais lorsqu'il embrasse la jeune femme celle-ci meurt...et un ange l'emmène au ciel. Maudissant son destin et se résignant au néant, le Démon reprend son vol solitaire, désespéré et vain…
    Tout en reprenant un thème finalement classique, ce poème est d'une beauté qui n'a de comparable que sa tristesse. La vie y apparaît comme une tragédie sans fin et quand bien même le destin semblerait incliner à l'espoir...celui-ci s'envole au moment où on le caressait du doigt. La malédiction domine ce texte sombre et passionné. Malédiction de la vie. Malédiction de l'amour. Rien que du très classique...mais c'est tellement beau qu'on ne peut que se laisser prendre dans les filets de ce Démon.
    Ce texte romantique a des accents byroniens mais parvient à s'en distinguer en mettant en avant une identité clairement russe. Cette œuvre lyrique qui fait figure de grand classique a inspiré d'autres artistes tels Anton Rubinstein dans son opéra du même titre (1871) ou encore Boris Von Vitinghoff dans son opéra Tamara (1886), sans parler des poètes qui ont fait de la poésie de Lermontov et du Démon en particulier une source d'inspiration majeure (Tsvétiaéva, Pasternak…).
    Un classique à découvrir et à placer aux cotés des meilleures œuvres de Pouchkine, autre génie, trop vite disparu dans des circonstances étrangement similaires.

    Critique de qualité ? (26 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 28/11/2013


    La princesse Ligovskoï La princesse Ligovskoï de Michaïl Lermontov

    Les princesses ne sont plus ce qu’elles étaient… l’ascension sociale, les mariages arrangés et l’importance accordée au profil social ont transformé le visage de l’aristocratie pour donner jour à des princesses dont seule l’illégitimité semble incontestable. Afin de transmettre une image de cette situation bien connue de son quotidien, Lermontov écrit dès l’âge de vingt-deux ans l’histoire de la Princesse Ligovskoï.


    A Saint-Pétersbourg, au cours de la première moitié du 19e siècle, Georges retrouve Viérotchka, une ancienne maîtresse. Le désarroi de la jeune femme semble immense –elle ne le cache même pas à Georges, reconnaissant avoir compromis son avenir et sa jeunesse pour obtenir un titre qui ne lui apporte finalement aucune satisfaction. Les retrouvailles s’effectuent donc sous le signe du malheur ambitieux, recoupé par le regard cynique et moqueur –insensible !- de Georges. On reconnaît derrière ce personnage le caractère du jeune auteur : son désenchantement, ses désillusions amoureuses, son goût pour l’(auto)dérision et son ambivalence vis-à-vis des soirées mondaines se confondent pour former un autoportrait dont la sincérité ne manquera de convaincre aucun lecteur.


    L’histoire, si elle avait été racontée du point de vue de la princesse larmoyante, aurait sans doute été lourde, gonflée de colifichets, artificiellement éplorée ; racontée du point de vue de Georges, elle prend une tournure cruellement joviale, virevoltant de l’aversion la plus injustifiée (quoique toujours assumée) à l’humour le plus piquant. Le ton est enlevé, léger, faisant la part belle aux divagations et aux considérations les plus extravagantes d’un personnage enflammé. Surtout, Lermontov réussit à prendre suffisamment de distance avec son sujet pour en faire ressortir les caractéristiques les plus notables –ouvrant ainsi une voie de communication directe avec le lecteur français du début du 21e siècle.


    Bien que l’histoire soit inachevée, la frustration sera légère. Lit-on l’histoire de la Princesse Ligovskoï pour son dénouement ? Non. Mais pour la cruauté réjouissante de ses considérations –oui !



    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-princesse-ligovskoi-1836-de-mikhai...

    Critique de qualité ? (24 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par OlivierH77, le 31/08/2015


    Bela, princesse caucasienne Bela, princesse caucasienne de Michaïl Lermontov

    Superbe nouvelle, histoire d'amour et de vengeance, dans le cadre naturel grandiose des Monts du Caucase.

    L'histoire est racontée au narrateur par un officier de l'armée russe, Maxim Maximitch, qui raconte le sort de son ami officier Grégory Alexandrovitch Pechorine, lorsque tous deux envoyés en mission dans les contrées reculées et dangereuses du Caucase, il tombe amoureux d'une belle princesse, Bela. Mais les peuples de ces contrées sont souvent rustres, fourbes, voleurs, fiers, à commencer par Kazbitch, le bandit au superbe cheval.
    Pechorine parviendra-t-il à conquérir Bela et à la garder face à la jalousie de Kazbitch, mais aussi face à ses propres démons intérieurs ?

    Lermontov, contemporain et grand admirateur de Pouchkine, livre là une des pièces d'"un héros de notre temps", son oeuvre majeure, qui préfigure et inaugure les grandes oeuvres romantiques des classiques russes qui s'annoncent, de Tourgueniev, Tolstoï ou Dostoïevski.

    On y trouve un sens du drame, de l'aventure, des grandes épopées, mais aussi une couleur locale très présente et éloquente. On imagine ces superbes et rudes paysages des montagnes caucasiennes, et l'auteur nous fait partager les particularismes des mentalités de ces différents peuples, Tatars, Ossètes et autres Tchétchènes...marqués par les influences turques et perses (plusieurs jolis mots ou expressions dans ces langues sont jetés là avec parcimonie et à propos dans le texte), par la religion musulmane.

    Une lecture agréable d'un auteur rare et injustement méconnu mort en duel à 27 ans, dont l'oeuvre forcément peu étoffée a pourtant influencé les plus grands écrivains russes.

    Critique de qualité ? (22 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par seblac, le 20/01/2015


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Une adaptation du roman de Mikhaïl Lermontov toute de noir et de blanc. Le noir, le blanc, il ne pouvait y avoir de meilleur choix que celui-ci pour raconter l'histoire du héros de ce livre : Grigori Alexandrovitch Pétchorine. Un personnage, qui, comme dans le roman original, nous est présenté à travers plusieurs regards : celui de son ami Maxime Maximitch, celui du narrateur qui a, très brièvement, croisé Pétchorine et enfin le propre regard de Pétchorine à travers le journal qu'il a laissé.
    Drôle de personnage que ce Pétchorine d'ailleurs. Un jeune homme tout en contrastes. Tout à la fois sur de lui au point d'être parfois imbu de lui même, un personnage volontiers manipulateur, froid, arrogant mais aussi une personne dévorée par l'ennui qui derrière une carapace détestable cache un être finalement attachant ou en tout cas fascinant.
    L'adaptation que propose ici Céline Wagner est très belle. Elle réinvente l’œuvre originale en ne la reproduisant pas servilement tout en respectant son esprit. Personnellement, ce sont les adaptations que j'affectionne le plus. Le dessin est tranchant restituant à merveille des personnages au caractère tout aussi aiguisé. Mais il est aussi délicat pour en restituer toute la finesse. Un équilibre parfait. Par ailleurs, ce dessin sert magnifiquement les paysages du Caucase et les rives de la mer noire dans lesquels se déroulent l'histoire. On ressort ravi et enchanté de cette lecture. C'est comme si Lermontov avait trouvé son trait. Celui de Céline Wagner. Très beau.

    Critique de qualité ? (19 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 23/02/2012


    La princesse Ligovskoï La princesse Ligovskoï de Michaïl Lermontov

    J'ai aimé "La Princesse Ligovskoï" de Michel Lermontov. Ce roman inachevé nous offre une description de la société russe du XIXème siècle où Georges (dit Petchorine) et Vierotchka se sont aimés mais, suite à la mobilisation de Georges à la guerre, se sont perdus de vue.

    Georges est devenu un officier de la Garde, cynique ainsi que cruel, et le jour où il retrouve Vierotchka, qui est, quant à elle, mariée au vieux prince Ligovskoï, lui avoue (implicitement) qu'il ne l'a jamais oubliée...

    J'ai beaucoup aimé les descriptions complètes des personnages; l'auteur, qui emploie tout au long du roman, le pronom personnel "je" nous indique son point de vue et permet ainsi au lecteur de "s'introduire" dans cette fantastique vie mondaine de Pétersbourg.

    J'ai vraiment "dévoré" ce livre même si la fin, étant ouverte, m'a laissée curieuse de connaître la suite de cette histoire si captivante !

    Un très beau livre que je conseille à tous ! A lire.

    Critique de qualité ? (17 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Sachenka, le 06/12/2014


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Loin de Moscou et de St-Petersbourg se trouvent les postes frontaliers, aux confins des régions les plus sauvages et les plus inconnues du continent, à la lisière de l’Europe et de l’Asie. Et c’est dans l’une de ces régions, le Caucase, entassé entre la mer Noire et la mer Caspienne, que s’ouvre le roman Un héros de notre temps, écrit par Mikhail Lermontov.

    Le narrateur, qui voyage entre l’Ossétie, la Géorgie, l’Arménie et d’autres petites contrées sous contrôle russe, traverse les montagnes, les cols et les défilés de cette étroite bande de terre. En route, il rencontre Maxime Maximitch. Ce militaire est de bonne compagnie et lui raconte une des aventures de Grigori Alexandrovitch Pétchorine, un homme de sa connaissance. Un héros plus grand que nature, qui ne craint ni les balles des montagnards hostiles ni les duels des nobles russes.

    En effet, Pétchorine, pour se divertir, sème la zizanie entre Tchétchènes, Tatars, Circassiens. Il promet le magnifique cheval de l’un contre Bella, la sœur d’un autre. Lorsqu’il parvient finalement à se faire aimer de sa nouvelle femme, arrachée à sa famille, il s’en lasse tout comme il s'ennuie de la compagnie de ses semblables. Rien dans ce bas-monde ne s'élève aux idéaux auxquels il aspire. La mort tragique de Bella semble l’affecter un moment mais la fatalité le destine à d’autres aventures. Bref, il souffre de spleen bien avant qu’on ne commence à parler de ce phénomène…

    Loin des bals et des raffinements de la capitale et des grandes villes, on découvre la rude vie des militaires, leur éternel combat contre les contrebandiers, les peuplades montagnardes soumises mais hostiles, etc. Le tout dans un paysage caucasien merveilleusement dépeint. Les monts Elbrouz et Krestovoï, la rivière Tchertovaïa, le col du Diable, etc. Des habitants déguenillés mais fiers, des sauvagesses envoutantes, etc. Bref, une Russie assez peu évoquée dans la littérature classique.

    C’est dans ce décor que Pétchorine, dans une partie du récit où il devient le narrateur, développe une relation amoureuse avec Véra, se lie d’amitié avec Grouchnitzky, puis fait la cour à la princesse Mary pour contrarier son nouvel ami intéressé par elle. Il s’ensuivra bien des complications et un duel. Après tout, ces petites gens ne sont-ils pas des pions pour lesquels il ne peut que devenir un ennemi implacable, voire vicieux? Qu’est-ce qu’un homme blasé ne ferait pas pour s’amuser un peu, faire valoir sa supériorité, se prouver qu’il est vivant ? Se lancer vers d’autres aventures !

    Lire Un héros de notre temps fut également une aventure : les changements de narrateurs agacent. On passe du voyageur (dont le nom demeure inconnu) à Maxime Maximovitch, on retourne au voyageur pour passer à Pétchorine, mais en plus tous racontent à la première personne. Confusion à l’horizon. Heureusement, le lecteur ne s’attaque pas à un roman fleuve comme les Russes avaient l’habitude d’en écrire !

    Ceci dit, les décors pittoresques, les voyages dépaysants, les aventures rocambolesques, les élans amoureux, les intrigues rebondissantes… enfin tout ne peut que compenser et plaire. Mikhail Lermontov a pondu une œuvre qui a influencé des générations de Russes et qui continue sans doute à émerveiller des lecteurs partout à travers le monde.

    Critique de qualité ? (16 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 07/12/2013


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Plus risible que les femmes qu’il dénigre (« La race est chose très importante chez la femme, de même que chez les chevaux »), Pétchorine figure le modèle d’un héros de notre temps –à condition que « héros » se confonde ici avec « bouffon ». La comparaison est implicite, elle ne tardera toutefois pas à se révéler au fil des différentes parties qui constituent ce roman.


    Les points de vue autour de Pétchorine s’enchaînent ainsi pour constituer un portrait morcelé, qu’il faudra reconstituer au-delà des failles chronologiques et des doutes véridiques que nous inspirent la narration des témoins invoqués. L’imbrication des récits ne permet pas toujours de faciliter la compréhension des événements lorsqu’elle n’empêche pas carrément de suivre correctement le déroulement de l’histoire. Le roman, rabiboché de bric et de broc, semble avoir été composé dans l’hésitation, comme si Lermontov, ne sachant pas quel point de vue choisir pour décrire Pétchorine de la manière la plus convaincante, avait finalement décidé de garder tous ces brouillons et de les unir par un fil conducteur qui convainc surtout par son caractère artificiel. Le thème des amours désillusionnés, de l’individualisme naissant d’une génération, de la quête existentielle impossible à mener sans l’illusion d’une gloire proche, semblent hanter Lermontov qui développe ici les mêmes thématiques que celles qui apparaissaient déjà dans la Princesse Ligovskoï, qu’il avait commencé à rédiger quatre ans auparavant sans réussir à en achever la rédaction. Le héros porte d’ailleurs le même nom –pour un peu, il aurait suffi que la Princesse Ligovskoï trouve une conclusion pour que son histoire constitue un nouveau volet des aventures d’un Héros de notre temps.


    Bien sûr, l’écriture enchante par son ton mordant, ses descriptions acerbes et sa verve ironique, et il n’est pas déplaisant de lire six fois de suite la variation d’une même histoire –mais il faut quand même avouer que dès la troisième redite, on commence à espérer une évolution du personnage de Pétchorine. Ce n’est pas le cas et le vaillant guerrier de l’amour, séducteur par fatalité plus que par désir, reste buté du début jusqu’à la fin. S’il s’agit d’un autre des ressorts comiques déployés par Lermontov, il entraîne toutefois davantage de désagréments que de véritables réjouissances. Le bouffon rigolo vire en ennuyeux chantre du désenchantement et ne parvient même plus à convaincre de l’inanité des passions terrestres. Autour du personnage de Pétchorine, la perfection aurait été atteinte si Lermontov avait su allier l’unicité du récit de la Princesse Ligovksoï à la possibilité d’une conclusion à la manière d’un Héros de notre temps.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-un-heros-de-notre-temps-1840-de-micha...

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par chtitbelette, le 26/01/2015


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Un voyage splendide mêlant paysages subtils grâce aux traits noir et blanc, des contrastes tranchants qui mettent en valeur la simplicité de la nature, pas de superflu, juste l'essentiel qui dessert une histoire douce, forte et encore une fois radicale et tranchante. Un joli mélange entre une une histoire envoutante et un graphisme dur mais loin d'être sec. Le voyage semble être un élément créateur du récit mais aussi de son auteur. Très bel ouvrage dans lequel il faut ne pas avoir peur de s'y perdre.

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par KRISS45, le 22/07/2014


    La princesse Ligovskoï La princesse Ligovskoï de Michaïl Lermontov

    Les fastes et les mondanités de l'aristocratie tsariste, à Saint Petersbourg.
    Derrière l'histoire sentimentale entre le jeune mondain Georges et la princesse Ligovsköi, intrigue toute en allusions discrètes (on ne sait ni le comment ni le pourquoi de leurs amours), Lermontov peint un monde qui évolue entre réceptions, snobisme, raillerie et jalousie.
    Je découvre avec ce roman un auteur qui me semble un brin sexiste.. Pour preuve, le tableau très réducteur des femmes à la page 77 "mais nous autres femmes, nous nous abandonnons si facilement aux accoutumances du cœur, et nous pensons si peu, malheureusement, à la culture en général, à la gloire de l'Etat."
    Frivolité, coquetterie et cupidité seraient donc les particularités les plus visibles de la gent féminine, à en juger par la description de ces dames, lors du bal évoqué page 116 : "Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de modes. ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français...phrases sonores empruntées aux romans à la mode, bijoux de location."
    Les messieurs, qu'ils soient jeunes officiers, vieux barbons ou fonctionnaires laborieux ne valent guère mieux. Cette société décadente préfigure-t-elle la tourmente qui s'ensuivra ? dans ce pays que j'aime malgré tout.

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par miriam, le 10/05/2014


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Roman composé de plusieurs histoires autour du personnage de Petchorine, le héros "romantique?".
    J'ai beaucoup aimé les premières parties, entre roman d'aventures et conte oriental se déroulant dans les montagnes caucasiennes. Chevaux, chevauchées, coutumes circassiennes ou tatares....montagnes enneigées qui me font rêver. Petchorine n'intervient que peu.
    Puis il se dévoile, très antipathique, cynique, peu fidèle en amitié. Caricature?
    La suite du roman se passez dans une ville d'eaux. Mondanités et ragots. Certes l'analyse psychologique a fait que ce roman soit qualifié de "premier roman psychologique russe". mais mondanités et ragots m'nnuient. Attitude cynique envers les femmes. La princesse sera-t-elle séduité? La vieille maîtresse regagnera-t-elle son amour? même lu au deuxième degré, celui de l'ironie ou de la satire, il n'a pas le carme du début et je me suis un peu ennuyée avec ce Byron (cité à plusieurs reprises) de garnison.


    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par silverfab, le 24/07/2014


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Si moins connu que ses illustres pairs, Michel Lermontov, l’auteur du roman adapté par Céline Wagner, est un écrivain important de la littérature Russe. Dans ce Héros de notre temps, il nous présente Petchorine, un personnage cynique et désabusé, à mi chemin entre un Julien Sorel et un Vicomte de Valmont, dans une aventure romanesque et romantique où il va séduire par jeu et ennui une jeune princesse aimée par l’un de ses amis. Du décor aux protagonistes en passant par les thèmes, on retrouve dans ce récit à tiroir le souffle des écrits de Boulgakov ou de Dostoïevski. L’artiste, grâce à un dessin en noir et blanc dans un style épuré sur les visages et détaillé sur les décors, délicieusement faussement suranné, donne vie de la meilleure des façons à cette œuvre qu’il est fort agréable de (re)découvrir.
    Et voici de quoi écouter avec: http://bobd.over-blog.com/2014/07/russie-romanesque-un-heros-de-notre-temps-vs-symphonie-concertante.html


    Lien : http://bobd.over-blog.com/2014/07/russie-romanesque-un-heros-de-notre-temps-v...

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 0.00/5
    Par Aela, le 09/03/2011


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Ce livre "un héros de notre temps" (Герой нашего времени) a la réputation d'être le premier roman psychologique russe. C'est le seul roman de fiction que son auteur, Lermontov, ait mené à son terme. Ecrit de 1837 à 1839, c'est un recueil de cinq nouvelles, dont chacune peut se lire de manière autonome. Trois narrateurs différents interviennent dont le dernier est le héros de l'histoire: Petchorine, (dont le nom est formé à partir du nom de deux rivières du nord de la Russie: l'Onéga et la Petchora); Petchorine est un officier en exil dans le Caucase, au moment où cette région s'embrase, tout comme Lermontov lui-même a été exilé dans le Caucase. Ce récit nous permet de découvrir toute une mosaïque de peuples décrits par un connaisseur.
    Le thème qui revient au fil de ces nouvelles est celui de la prédestination, du destin inéluctable, qui accompagne chaque rencontre, chaque coïncidence, chaque action du héros. Un héros complexe, ambigu et dans la lignée romantique: sa cruauté et son cynisme vont de pair avec un grand courage et il peut être capable d'attendrissement et d'amour authentique. Lumière et ombre, Petchorine est un personnage très intéressant , dédoublé et tiraillé entre deux extrêmes. Un héros qui séduit mais pour assurer la domination de l'âme..
    Un grand classique à découvrir et redécouvrir..

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 23/03/2010


    La princesse Ligovskoï La princesse Ligovskoï de Michaïl Lermontov

    Court texte de Michel Lermontov, La Princesse Ligovskoï est un roman inachevé. Assez frustrant donc de ne pas savoir ce qu'il advient des deux héros, mais un pari que l'on prend en ouvrant ce livre. Difficile donc d'en dire beaucoup sans trop dévoiler l'intrigue.
    La plume est très fluide et se lit avec aisance. Les phrases, longues, très ponctuées et souvent très imagées, invitent à la rêverie. Le narrateur nous entraîne avec malice dans cette histoire.
    Une plongée dans la société pétersbourgeoise des années 1830 très agréable, portée par l'étiquette et les conventions de l'époque. Une intrigue bien menée, prélude à un roman qui aurait pu être très prometteur...
    Un très bon moment de lecture, très rapide...


    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2010/03/10/17191206.html

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Titine75, le 18/01/2013


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    « Un héros de notre temps » de Mikhaïl Iourievitch Lermontov (1814-1841) est une oeuvre hétérogène autour du personnage de Grigory Alexandrovitch Petchorine. Lermontov avait fait apparaître son héros pour la première fois dans « La princesse Ligovskaïa » en 1836, récit malheureusement inachevé. Les différentes histoires qui composent ce livre, dressent donc le portrait de Petchorine supposé incarner son époque. Lermontov semble avoir eu peu de respect pour celle-ci car son héros a plus de défauts que de qualités et il le reconnaît sans peine. « Je suis un sot ou bien un scélérat… je ne sais pas. Mais il est certain que je mérite, moi aussi, beaucoup de pitié, peut-être plus qu’elle. L’âme est en moi corrompue par le monde, mon imagination est inquiète, mon coeur est insatiable ; donnez-moi tout, c’est encore trop peu. Je m’habitue aussi bien à la tristesse qu’au plaisir et mon existence devient de jour en jour plus vide. Il me reste une seule ressource : voyager. Dès que possible, je partirai – mais pas en Europe, que Dieu m’en garde ! – j’irai en Amérique, en Arabie, aux Indes. Je finirai bien, peut-être, par mourir quelque part en route ! Au moins suis-je sûr que cette ultime consolation ne s’épuisera pas vite, à la faveur des orages et des mauvais chemins. »

    Menant une vie dissolue à St Pétersbourg dans la garde impériale, Petchorine est envoyé dans le Caucase que la Russie souhaite annexer. C’est dans ce cadre majestueux que prennent place les aventures de Petchorine : sa rencontre avec Bella une jeune et belle tcherkesse, sa découverte d’un trafic de contrebande, son séjour dans une ville d’eau et ses soirées de jeu entre officiers. S’en dégage un caractère désabusé, désinvolte dans ses sentiments envers les femmes, joueur même avec sa propre vie. Petchorine est mélancolique, incapable de stabilité et de satisfaction. Rien ne comble le vide qu’il ressent en lui. Petchorine est presque un personnage baudelairien et je ne l’ai pas trouvé si détestable que ça.

    Malheureusement, la construction du livre ne met pas assez en valeur son personnage central. Lermontov a choisi dans un premier temps de nous présenter Petchorine par le biais d’un de ses anciens camarades Maxime Maximitch. Au bout de deux histoires, nous passons au journal de Petchorine et donc au je. Je trouve ce changement quelque peu artificiel comme si Lermontov n’avait pas su choisir son dispositif narratif. Cela produit une forte discontinuité dans le livre. Mon second bémol est la brièveté des récits, le personnage de Petchorine n’est pas assez développé sauf dans « La princesse Mary ». Cet excellent chapitre m’a montré ce qu’aurait pu être un roman consacré à Petchorine et je regrette que l’auteur n’ait pas fait ce choix.

    Mes réserves peuvent être prises comme des compliments, j’aurais aimé passer plus de temps avec Petchorine en tant que narrateur. Un héros de notre temps particulièrement bien campé, à la psychologie si typiquement 19ème.


    Lien : http://plaisirsacultiver.wordpress.com

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    • Livres 5.00/5
    Par Ecrits-slaves, le 29/06/2008


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    On dit souvent que c'est le premier roman psychologique russe....En réalité c'est une sorte de recueil d'aventures vécues par le héros Petchorine.

    Ahhh Petchorine ... Parmi tous les héros qui peuplent la littérature russe, il est le grand perdant ... Il est souvent tout à fait inconnu du grand public alors qu'il a déja la classe, l'ironie, la mechanceté, les doutes et l'anti-romantisme de ses frères. Il est l'ainé de tous les personnages de Dostoievski, Gontcharov, Tourgueniev ..Bon très honnetement je ne sais pas ce que vaut ce roman pour quelqu'un qui n'y connait rien à la litterature russe ( si si apparemment ces gens là existent !!) Il est étrange et décousu, bizarrement construit.... Mais pour l'amoureux de cette periode benite de l'age d'or du roman russe, il est tres emouvant et interessant. Je l'ai lu en version bilingue avec beaucoup de plaisir ... Attention inclassable ne veut pas dire qu'il est sans qualité ou qu'il n'est pas abordable ... Au contraire c'est sa richesse dans l'histoire litteraire qui me fait le mettre hors categorie...

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    • Livres 0.00/5
    Par Sceneario, le 04/08/2014


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Un héros de notre temps de Céline Wagner est une expérience à vivre [...]. En nous invitant notamment à faire la connaissance de l’intrigant Petchorine dans une adaptation bien menée confirmant que Céline Wagner sait raconter avec talent des histoires dans des styles très différents.


    Lien : http://www.sceneario.com/bd_21761_heros_de_notre_temps_(un).html

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    • Livres 0.00/5
    Par BoDoi, le 26/06/2014


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    Par l’élégance de son noir et blanc et la finesse de son trait, nourris d’une documentation sans faille, Céline Wagner fouille les contradictions de Petchorine puis saisit avec acuité l’esprit du XIXe siècle russe.


    Lien : http://www.bodoi.info/un-heros-de-notre-temps/

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    • Livres 5.00/5
    Par stcyr04, le 05/04/2012


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    " L'un des échantillons les plus parfaits de l'art russe" (Maxime Gorki)

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    • Livres 3.00/5
    Par Withnail, le 01/03/2015


    Un héros de notre temps Un héros de notre temps de Michaïl Lermontov

    La partie du livre consacrée au journal du héros est celle que j'ai le plus aimée. Avant cela, j'ai dû me forcer (réflexions du Russe du 19ème siècle sur les Ossètes, les Tchétchènes, les Turcs... les femmes...).

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