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Par chartel, le 28/11/2008
Surveiller et punir
de
Michel Foucault
Je ne connais rien de l’œuvre de Michel Foucault. Je ne sais ce qui m’a poussé à choisir ce livre, "Surveiller et punir, naissance de la prison", peut-être, me semble-t-il, le fait que Michel Foucault soit l’un des grands intellectuels français de la seconde moitié du vingtième siècle et qu’il soit une référence pour de nombreux penseurs et philosophes...
Il s’agit donc d’une critique de novice, sans prétention aucune, mais sans doute est-il bon, parfois, d’avoir un regard vierge de toute érudition sur des œuvres tant vantées et commentées…
J’ai compris, dès les premiers chapitres, pourquoi Michel Foucault avait acquis cette renommée. La clairvoyance de ses analyses et l’originalité de ses observations ne peuvent que laisser pantois. C’est une œuvre extrêmement documentée, l’auteur ayant effectué un travail de recherche exhaustif pour tenter de comprendre les problèmes actuels (nous sommes alors dans les années 1970) du système pénitentiaire. Ce véritable travail d’historien l’a amené à élargir son champ d’analyse aux pratiques organisationnelles de nos sociétés avec l’apparition, au XVIème siècle, des structures disciplinaires héritières des règles monastiques. Celles-ci expliquent le basculement progressif d’une justice comme expression de l’autorité et de la puissance d’un souverain, à une justice comme emblème d’un contrôle de la normalité.
En effet, la prison n’est, selon Michel Foucault, que l’arbre qui cache la forêt. Si ces principes élémentaires : contrôle panoptique (voir sans être vu) et règles de vie disciplinaires, n’ont jamais été remis en cause malgré les perpétuels échecs du système (les crimes et délits n’ont jamais diminués), c’est que ces principes s’appliquent aussi à l’extérieur pour le contrôle des populations par notre système politique. La récurrence disciplinaire donne raison à Foucault : dans les écoles, dans les casernes, dans les hôpitaux, dans le monde du travail, tout est soumis à la discipline. On compartimente, on sépare, on divise dans le temps et dans l’espace pour normaliser et assujettir afin de mieux contrôler.
Ces réflexions font écho en 2008 avec les questions actuelles de fichage informatique généralisé, du développement de la vidéo-surveillance et de l’abaissement de l’âge de la pénalisation à douze ans ! Cette accentuation dramatique, qui sera forcément sans résultats, sinon celui de mettre dans le circuit de la délinquance encore plus de monde, celui des classes les plus exposées, les classes non protégées, les classes les plus pauvres, cette accentuation aurait, à n’en pas douter, fait réagir Michel Foucault. Comment, il est vrai, ne pas protester quand les politiques stigmatisent les petits délinquants, les responsables, selon eux, de tous les maux de notre quotidien, alors que les rois de la finance vivent loin des caméras, à l’abri de tout soupçon, continuant paisiblement à ne pas respecter les lois pourtant garantes de notre vivre ensemble.
Tiens donc ! il me semble comprendre soudain pourquoi j’ai voulu lire cet indispensable essai…
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Par petitours, le 22/08/2010
Surveiller et punir
de
Michel Foucault
Surveiller et punir est incontournable pour déchiffrer les mécanismes moderne d'exercice du pouvoir disciplinaire. Prison, école, hôpital...toutes les institutions apparaissent progressivement comme des espaces de contrôle des corps, d'administration des âmes et de normalisation de la pensée. Plus qu'un ouvrage philosophique, Surveiller et punir se veut une généalogie, le produit d'un archéologue qui fouille dans les strates de l'histoire de la pensée, à la recherche des motifs qui ont conduit à la fabrication du pouvoir moderne. D'une plume profondément littéraire. Brillant?
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Par de, le 06/02/2012
Préface à la transgression
de
Michel Foucault
Le texte de Michel Foucault fut publié dans un numéro de Critique rendant hommage à Georges Bataille en 1963.
En absence de compétences particulières en philosophie, que ce soit celle de Nietzsche ou celle Bataille, ma lecture du texte de Michel Foucault n’est qu’une mise en résonance de thèmes et de souvenirs des œuvres « littéraires » de Georges Bataille. En espérant que d’autres, plus qualifié-e-s transgresseront cette fausse lecture.
Je parlerais donc plus de la belle postface « Ceci n’est pas une préface » de Francis Marmande dont le titre de cette note est extrait. L’auteur contextualise le texte de Michel Foucault, à la fois d’un point de vue historique, politique, intellectuel et artistique. Du contexte, je souligne, comme l’auteur un non-dit, le jazz « Il est troublant que les avant-gardes homologuées, pour des raisons pauvrement sociologiques (origines de classe), tristement musicologiques (culture de classe), politiquement politiques (sans commentaire), aient laissé passer dans une puérile indifférence, l’événement esthético-politique qui les résumait le mieux. Les programmait : corps mis en jeu, poétique extrême, subjectivité rompue, reformulation de l’engagement, violence, véhémence, polyphonie, tout y était, pourtant. Indifférence, prudence, ignorance ? Mais on n’ignore jamais que ce que l’on tient à ignorer. Ce n’est pas un moindre effort que de savoir. Ce grand chambardement – harmonique, mélodique, rythmique -, cette radicale remise en question de l’intérieur même, portent des noms : Sonny Rollins, Max Roach, Abbey Lincoln, Ornette Coleman, Mingus, Dolphy, Coltrane, Ayler, Cecil Taylor, Sun Râ, Bill Evans, Paul Bley, Andrew Hill, Ran Blake, Jeanne Lee, Archie Shepp… Préface à la transgression ne tombe pas du silence ». Et peut-être est-il possible de passer du rythme musical à une certaine utilisation de la langue « une langue, une syntaxe, une scansion s’inventent – ce n’est en rien une question d’image, de métaphore -, un rythme qui tente de rejoindre le mouvement de son thème et la transgression de sa propre limite ». Francis Marmande complète par « Préface à la transgression est donc à lire selon deux axes : l’histoire de la revue où ce texte s’insère ; celle de la pensée à venir (le dispositif Foucault), qu’en partie du moins, il programme. »
Quelque part, cette fausse postface renforce le coté in-ordinaire de la préface, lie le texte et la transgression « Sa Préface à la transgression n’est pas une préface (ordinaire). Elle n’annonce pas, ne résume pas, ne programme pas un livre à lire. Elle est préface à une notion, la transgression, et désigne de ce simple fait, un livre qui ne viendra pas » et « La Préface de Foucault n’est pas une ‘préface’, cette ‘postface’ n’est en rien sa postface, la transgression n’efface ni limites ni ne franchit les frontières, en cela du moins vont-elles l’amble… »
Je me contenterais de quelques citations de l’auteur, essentiellement sur la limite et l’écriture, sachant que les citations ne sont ni des illustrations, ni des légendes à une création.
« La transgression est un geste qui concerne la limite ; c’est là, en cette minceur de ligne, que se manifeste l’éclair de son passage, mais peut-être aussi sa trajectoire en sa totalité, son origine même. »
« la transgression franchit et ne cesse de recommencer à franchir une ligne qui, derrière elle, aussitôt se referme en une vague de peu de mémoire, reculant ainsi à nouveau jusqu’à l’horizon de l’infranchissable. »
« elle prend, au cœur de la limite, la mesure démesurée de la distance qui s’ouvre en celle-ci et dessine le trait fulgurant qui la fait être. »
« Le langage de Bataille en revanche s’effondre sans cesse au cœur de son propre espace, laissant à nu, dans l’inertie de l’extase, le sujet insistant et visible qui a tenté de la tenir à bout de bras, et se trouve rejeté par lui, exténué sur le sable de ce qu’il ne peut plus dire. »
« Il indique le moment où le langage arrivé à ses confins fait irruption hors de lui-même, explose et se conteste radicalement dans le rire, les larmes, les yeux bouleversés de l’extase, l’horreur muette et exorbitée du sacrifice, et demeure ainsi à la limite de ce vide, parlant de lui-même dans un langage second ou l’absence d’un sujet souverain dessine son vide essentiel et fracture sans répit l’unité du discours. »
Une invitation à (re)prendre certains ouvrages de Georges Bataille et (re)trouver « la forme étrange et irréductible de ces gestes sans retour qui consomment et consument ».
Je termine par une dernière citation de Francis Marmande renvoyant ironiquement à un futur texte de Michel Foucault « Ce devenir Foucault, inscrit dans une Préface qui, pas plus qu’un tableau légendé de Magritte, n’est une préface. »
En effet, ceci n’est ni une pipe ni une préface…
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Par mathieupl, le 09/03/2011
Histoire de la sexualité, tome 1 : La Volonté de savoir
de
Michel Foucault
La Volonté de savoir est une attaque en règle de l'hypothèse répressive sur la sexualité qu'a mise de l'avant Marcuse. Foucault, tout en finesse et en subtilité, lance attaque par dessus attaque, montrant que la sexualité n'est pas nouvellement libérée des carcans bourgeois, mais qu'elle a été autrement constamment, nommée, mise en lumière, racontée. En faisant une économie extrême de moyens - puisque le premier tome de L'Histoire de la sexualité ne fait que mettre la table pour les cinq suivants (qui ne seront jamais écrits) - Foucault retrace les mécanismes qui ont emmenés le pouvoir à obtenir des aveux à propos de la sexualité (des confessions à la psychanalyse) et à produire sur cette sexualité un savoir qui reconduit l'emprise du pouvoir sur les individus. Il montre de plus comment les modes de gouvernement modernes fonctionnent à travers l'investissement des corps, ce qu'il nommera le "biopouvoir".
À travers La Volonté de savoir, la pensée de Foucault atteint une portée qui marque de façon durable la philosophie et les sciences humaines.
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Par macapuf, le 05/03/2011
Histoire de la sexualité, tome 1 : La Volonté de savoir
de
Michel Foucault
Comme beaucoup d'ouvrages de Foucault, c'est très ennuyeux. Dommage, le sujet se prêtait à un traitement passionnant.
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Par hupomnemata, le 04/01/2011
Les Mots et les choses
de
Michel Foucault
Les mots et les choses est le prélude à "l'archeologie du savoir" dans lequel Michel Foucault définit ce qu'est un discours. Dans les mots et les choses, il ne définit pas, il montre en décrivant dans leurs formes comment les savoirs se constituent. Ce qui permet de voir plusieurs choses: l'histoire des savoirs n'est pas une histoire du progrès ou un cheminement vers la vérité, il y a des motifs communs aux différentes disciplines, des motifs qui travers toutes les disciplines.
On pourrait dire beaucoup d'autre choses sur le propos de ce livre, j'ajouterais pour ma part qu'en plus d'être pertinent et exigent il bien écrit. A mettre dans la liste, et en bonne place, des livres de philosophie qui ont à la fois de l'exigent et une belle forme.
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Par vincentf, le 04/07/2010
L'Archéologie du savoir
de
Michel Foucault
Qu’est-ce qu’un discours ? Plus précisément, qu’est-ce qui le rend possible ? La question posée par Michel Foucault me semble cruciale. Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné on a pu dire ceci ou cela ? Qu’est-ce qui fait qu’un domaine du savoir existe ? Foucault écarte l’hypothèse d’une continuité qui feraient des différents discours une tension vers le discours universel dont ils ne seraient que l’ébauche. Pour lui, un discours existe parce qu’à un moment donné un objet de discours se forme. Cet objet ne préexiste pas au discours. Il en est à la fois le contenu et le point de départ.
Et le sujet dans tout ça, l’individu qui tient le discours, quelle est sa part de liberté ? Peut-il créer un discours nouveau ? Pour Foucault, le sujet s’insère toujours dans des structures discursives qui lui échappent, « il est une place déterminée et vide qui peut être effectivement remplie par des individus différents ». En énonçant quel discours que ce soit, je m’insère en tant que sujet dans une structure où ma place est déterminée sans que je puisse modifier cette place. Ce que je peux modifier, c’est le contenu du discours mais pas le discours lui-même.
La question qui se pose alors est celle de l’apparition de nouveaux discours. Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné un nouvel objet de discours est apparu ? Pour Foucault, le discours est toujours dynamique, « le moindre énoncé – le plus discret ou le plus banal – met en œuvre tout le jeu des règles selon lesquelles sont formées son objet, sa modalité, les concepts qu’il utilise et la stratégie dont il fait partie ». Un discours est donc en perpétuelle mutation mais cette mutation est interne. Elle échappe au sujet énonciateur, qui ne peut que prendre position dans un système discursif donné à l’avance. Il faut donc, pour adhérer à la pensée de Foucault, renoncer au rôle de l’homme de génie constituant par son unique réflexion des savoirs nouveaux et à un discours transcendantal que l’homme aurait pour tâche de déchiffrer afin d’atteindre la vérité. C’est extrêmement difficile.
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Par hupomnemata, le 24/12/2009
Maladie mentale et psychologie
de
Michel Foucault
le psychasthénique est malade mentale non pas en soi, mais parce qu'autour de lui un enssemble d'exigences social pèse sur lui. Dans "Maladie mentale et psychologie", Foucault montre déjà la méthode qui parcourra son oeuvre jusqu'à son passage dans l'antiquité grec. Une méthode qui consiste à définir l'objet non pas en soi et dans son essence mais par ce qui l'entour, le détermine, dessine ses contours. Cette description en négatif d'un objet devient par la suite le champ d'objet lui-même dont Foucault entreprend de faire la genealogie (quand il s'agit de technique de pouvoir) ou l'archéologie (quand il s'agit de formation discurssive, c'est à dire de savoir).
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Par hupomnemata, le 29/10/2009
La Pensée du dehors
de
Michel Foucault
Il y a dans ce livre des outils qui permettent, je pense, de comprendre l'oeuvre de Foucault. Comment il s'y prend, d'où il se positionne pour parler...
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Par hupomnemata, le 18/05/2011
Le gouvernement de soi et des autres : Tome 2, Le courage de la vérité - Cours au Collège de France (1983-1984)
de
Michel Foucault
Ici Foucault conçoit une éthique: le Militantisme de témoignage par la vie sous la forme d'un style d'existence en rupture avec les conventions, les habitudes, les valeurs de la société. Manifester par sa forme visible la possibilité concrète et la valeur évidente d'une autre vie, la vraie vie.(ex: militantisme, anarchisme, ect...)
L'origine historique de cette éthique est le cynisme historique de l'époque héllénistique.
la vie de l'artiste moderne, dans sa mise en rapport du style de vie et de la manifestation de la vérité, en est une déclinaison.
L'art n'est pas une imitation ou une ornementation, c'est une mise à nu, un démasquage, un décapage, une réduction violente à l'élémentaire de l'existence. Lieu d'irruption de l'en dessous, de ce qui, dans une culture n'a pas droit, ou du moins n'a pas de possibilité d'expression
Le refus des règles institués et permanentes est la mise à nu de l'élémentaire de l'existence.
le Nihilisme, autre épisode du problème posé du rapport entre volonté de vérité et style de vie, est une éthique de cynisme sceptique (cynisme=parrêsia agissante). Comme être un sceptique agissant? la question du nihilisme n'est pas: si dieu n'existe pas, tout est permis. Sa formule serait plutôt une question: si je doit m'affronter au « rien n'est vrais », comment vivre?
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Par Diotime, le 15/01/2011
Histoire de la sexualité, tome 2 : L'usage des plaisirs
de
Michel Foucault
Ethique et usage des plaisirs (une lecture de Foucault) :
Lien : http://didier-moulinier.over-blog.com/article-ethique-et-usage-des-plaisirs-u...
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Par hupomnemata, le 11/01/2011
sept propos sur le septième ange
de
Michel Foucault
Ressemble fortement à la partit de "les mots et les choses" qui traite du langage.
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Par Colonel, le 29/10/2010
Surveiller et punir
de
Michel Foucault
Un livre à lire absolument.
Une brique nécessaire à la compréhension de notre société, sous l'angle de son mode de fonctionnement central : le "carcéral continu", le tout dans le cadre de la recherche de disciplination du citoyen, et conséquemment de sa normalisation.
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Par hupomnemata, le 25/12/2009
L'Hermeneutique du sujet : Cours au Collège de France (1981-1982)
de
Michel Foucault
éthique de (1)l'immanence, de la (2)vigilance et de la (3)distance.
1-immanence: inscrire dans sa vie un ordre qui tient par sa cohérence interne, non par des subordinations externes (transcendance, ordre social).Indépendance à l'égard de tout ce qui ne dépend pas de nous.
2-vigilance: le souci de soi est une tension vigilante d'un soi qui veille surtout à ne pas perdre le contrôle de ses représentations, à soupçonner ses affects, à n'être dépendant d'aucun plaisirs extérieure à soi, pour aboutir à un contrôle et une maîtrise de soi sur soi.
3-distance: prendre du recul par rapport aux activités dans lesquelles on est engagé tout en les poursuivant, pour mesurer au plus juste la place qu'on occupe dans le monde et la communauté humaine, et le système de nécessité dans lequel on est inséré---impliquer l'autre dans le principe même de son soucis de soi (ex: le maitre)
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Par de, le 02/02/2012
Ceci n'est pas une pipe
de
Michel Foucault
Variations/réflexions sur un tableau à l'inscription "ceci n'est pas une pipe". Dissertation courte justement sur l'incertitude de cette inscription, ces sens possibles. Résonance du tableau comme calligramme défait.
Regards croisés sur Klee, Kandinski et Magritte et analyse des signes linguistiques et des éléments plastiques. Un regard.
Le livre est complété de quatre dessins et de deux lettres de René Magritte.
"Nulle part il n'y a de pipe"
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Par Lexpress, le 07/12/2011
Le beau danger
de
Michel Foucault
Pas de révélation biographique à l'horizon, juste une extraordinaire réflexion sur le corps écrivant. Ces choses dites, Foucault s'affirme "peu effrayé à l'idée qu'elles seront un jour connues". A lire d'urgence, donc.
Lien : http://rss.feedsportal.com/c/568/f/480493/s/1ab19a55/l/0L0Slexpress0Bfr0Ccult...
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Par MaximeRovere, le 01/03/2011
leçon sur la volonté de savoir
de
Michel Foucault
Critique de Maxime Rovere pour le Magazine Littéraire
Dans une leçon donnée au Collège de France en 1970, Michel Foucault revisitait la Métaphysique d'Aristote et déverrouillait le célèbre postulat : «Tout les hommes désirent le savoir par nature». Il fut un temps où la sortie d'un nouveau livre de Foucault faisait la une des quotidiens. Était-ce un effet de mode ? Non, car derrière la mode se produisait surtout un gigantesque glissement de terrain, digne de passer au premier rang de l'actualité. Michel Foucault ébranle si fort le cadastre de nos concepts qu'on se trouve, pendant et après lecture, en état de catastrophe intellectuelle. Ce genre d'heureux désastre peut-il encore, quarante ans plus tard, avoir une ampleur nationale ? Peut-être pas. Et pourtant...
Pourtant, la publication progressive des cours donnés au Collège de France ne cesse d'apporter de nouveaux éléments à la définition du programme foucaldien. Lorsqu'il reçoit en décembre 1970 la chaire intitulée pour lui « Histoire des systèmes de pensée », Foucault décide d'entreprendre un grand chantier. Celui-ci donnera naissance à des ouvrages publiés (notamment les trois tomes d'Histoire de la sexualité), mais aussi à des années de cours, dont chacune, comme pour les séminaires de Lacan, est un travail à part entière. Dans ce volume en particulier - le premier, dans la chronologie des cours -, on sent que le nouveau titulaire, qui est loin d'être un débutant, a choisi d'assumer ses fonctions comme on relèverait un défi. C'est peu dire qu'il s'agit d'une démonstration. On a l'impression d'un maître en arts martiaux accomplissant avec lenteur et maîtrise de parfaits mouvements, sous l'oeil admiratif de ses auditeurs - et désormais lecteurs.
La première leçon de ce tout premier cours est en ce sens un moment crucial. Elle s'ouvre sur l'analyse d'une phrase de la Métaphysique que Foucault choisit comme un point de départ : «Tous les hommes désirent le savoir par nature.» En quelques minutes, quelques pages, Foucault livre à l'examen l'apparence lisse de cette thèse, place des coins là où il faut, et, au terme d'analyses fines et limpides, tout vole en éclats. Là où s'imposait l'affirmation péremptoire d'une direction unique donnée à la pensée, il met au jour un rapport à la vérité fondé sur une triple exclusion : d'une part, les quelques mots d'Aristote occultent la notion d'un danger lié à la connaissance, autrement dit d'un savoir subversif ou accablant, dont les exemples sont pourtant nombreux dans le théâtre grec. Deuxièmement, en plaçant nos sensations à l'origine de notre désir de connaître, Aristote s'efforce de mettre hors jeu la dimension de marchandise liée au savoir ; pourtant, les sophistes ne fondent-ils pas des écoles privées partout dans Athènes ? Enfin, troisièmement, ces exclusions permettent de loger le désir de connaître à l'intérieur même de la connaissance, c'est-à-dire d'en faire une sorte de dragon chinois se mordant la queue. De cette manière, à partir d'Aristote, le savoir et le désir ne sont plus opposés ni instanciés en pouvoirs distincts. Le jeu de l'appropriation, le conflit, les violences, ne peuvent plus apparaître. Coup de sabre : et si l'on dissociait tout cela?
Déverrouiller les associations du désir et du savoir est en somme l'objectif de toute la suite. Le caractère admirable de cette enquête est qu'il ne s'agit à aucun moment de substituer une thèse à une autre. Pas plus qu'il ne cherche à « contredire » ou à « subvertir » Aristote, Foucault ne propose de donner à la vérité tel ou tel statut. Ainsi, il montre comment Aristote chasse les sophistes du terrain, en rejetant leurs arguments en dehors de la philosophie, parce qu'il invalide leurs manières de parler. Mais Foucault ne se soucie nullement de les réhabiliter. Car, comme il le dit, «le sophisme ne se démontre pas, il se remporte ou se perd».
Ainsi, à rebours de toutes les attentes contemporaines à l'égard de la philosophie, le maître n'est pas, ne veut pas être un guide. Sans son efficacité tranchante, on le comparerait à un danseur. D'un pas sûr, il arpente l'Antiquité, depuis Hésiode jusqu'à OEdipe, examinant le rôle des institutions. Les serments, d'abord exposés à la vengeance des dieux, finissent par s'appuyer sur le seul rapport entre le témoin et les faits ; la monnaie, qui cherche à établir une juste mesure entre les biens échangés, régule également les rapports sociaux ; la loi, avec le soutien d'une cosmogonie optimiste, vise à faire régner l'ordre dans la cité. C'est ainsi qu'à Athènes, entre le VIIe et le Ve siècle, tout concourt à faire place à un savoir dont la vérité soit posée comme constatable, obéissant (comme le monde) à des lois, et dont la découverte devrait avoir, comme après un meurtre, une fonction purificatrice.
En somme, ce premier cours permet d'obtenir, une fois la vérité découpée en morceaux, une vision nouvelle de la volonté de savoir. On découvre à quel point celle-ci est factice, mais pas au sens où elle contrarierait une quelconque nature. Elle s'impose, elle s'est imposée comme le produit de conflits où les forces sont multiples. Et, de ce point de vue, ce qui laisse pantois devant Foucault, c'est à la fois son sens aigu de l'historicité des questions et son aisance virtuose à faire dialoguer les auteurs à travers les époques. Bien que le paysage général du cours soit l'Antiquité grecque, on y croise sans cesse ceux qui explorent d'autres horizons - Kant, Spinoza, et surtout Nietzsche, d'ailleurs objet unique de la dernière leçon, intitulée : «Comment penser l'histoire de la vérité avec Nietzsche sans s'appuyer sur la vérité». Par là, Foucault dévoile, en quelque sorte, une méthode pour devenir Foucault : il refait le chemin indiqué par Nietzsche qui l'a mené, lui, à l'endroit où il parle. Suivant les traces du maître allemand, il rapporte alors la connaissance aux rivalités qui poussent à la chercher, et la disloque à son tour en un réseau de relations, irréductibles à la notion de vérité. Aujourd'hui, ces remarques n'ont sans doute plus le caractère inouï qu'elles avaient lorsqu'elles furent prononcées. Mais elles restent bouleversantes, parce que leur force et leur précision restent inégalées. Foucault dans le texte, c'est maître Ueshiba au pays des concepts.
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Par Yourievitch, le 01/01/2011
Surveiller et punir
de
Michel Foucault
La bible du criminologue. Juste impressionnant. A l'instar de sartre, les intellectuels français du XX ont l'air d'être critiques et gauchiste. Comme si un intellectuel n'a pas de vie à droite.
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Par MaximeRovere, le 01/03/2009
Le gouvernement de soi et des autres : Tome 2, Le courage de la vérité - Cours au Collège de France (1983-1984)
de
Michel Foucault
Critique de Maxime Rovere pour le Magazine Littéraire
Le dernier cours de Michel Foucault au Collège de France, quelques mois avant sa mort, le 25 juin 1984, n'est pas seulement un document historique, mais aussi un époustouflant exemple de ce que le philosophe a tâché de penser : le courage de la vérité. En effet, ce cours a pour objet « l'aléthurgie », autrement dit « l'acte par lequel la vérité se manifeste ». Ce nouvel objet impose une nouvelle méthode : Foucault s'éloigne de l'étude des discours pour s'intéresser à « la forme du sujet disant la vérité ». Or la vérité est toujours adressée à un autre, et engage un franc-parler (parrèsia en grec). « La parrésia est donc, en deux mots, le courage de la vérité chez celui qui parle et prend le risque de dire, en dépit de tout, toute la vérité qu'il pense. »
Foucault oppose d'abord cette exigence de vérité à trois figures : le prophète, qui parle au nom de Dieu, le sage, qui conserve un savoir sur l'être, le professeur, qui transmet un savoir-faire. Le parrésiaste, lui, ne parle qu'en son nom et met en oeuvre non pas une technique, mais un genre de vie. Socrate est le premier d'entre eux. Or, jusqu'à nos jours, ce type de discours peut être isolé par contraste avec plusieurs autres : le discours scientifique, qui détermine les formes du dire-vrai, le discours politique, qui interroge les structures de gouvernement, et le discours moral, qui prescrit des normes de conduite. Ainsi se fait jour une démarche philosophique, qui interroge les modes d'accès à la vérité. À ce point de précision, on ne sait plus si Foucault parle encore de l'apparition de la parrésia dans la Grèce antique, ou s'il définit sa propre méthode. Cette valeur historique et réflexive des propos traverse tout le texte, et ne fait qu'augmenter à mesure qu'on avance. Comment oublier, devant l'analyse de la mort de Socrate, qu'au même moment Foucault demande aux médecins : « Combien de temps me reste-t-il ? » Comment ne pas regretter que les remarques sur les ascètes chrétiens, qui introduisirent l'obéissance dans la parrésia comme le ver dans le fruit, n'aient pas pu être poursuivies l'année suivante ? L'indispensable travail d'édition de ces cours, peu à peu disponibles, permet d'accéder à une pensée foucaldienne encore intensément vivante.