Par Couperine, le 22/12/2010
La Bête du Gévaudan de
Michel Louis
Dresser un chien à attaquer sur l'ordre de son maître est une chose ; le dresser à TUER n'importe quel être humain pour le DÉVORER en est une autre. Il y a là recherche délibérée du meurtre.
Tout dressage doit débuter tôt, alors que le chien est âgé de huit à douze mois. Pour dresser un chien à l'attaque, on le harcèle, on cherche à lui donner du mordant, de l'agressivité. On lui fait mordre le costume d'attaque, puis on associe un commandement précis à l'attaque de l'homme en costume. Celui-ci fait semblant d'avoir peur, pour que le chien prenne de l'assurance. A terme, le commandement lancera le chien à l'attaque de toute personne désignée par le maître.
Il a fallu commencer par nourrir la Bête uniquement à la viande, puis la dresser à l'attaque. Mais ensuite, il a fallu la conditionner à tuer l'homme systématiquement, même en l'absence du maître. Pour cela, les maîtres lui ont donné une motivation: la faim ! Il a fallu faire jeûner la Bête, l'affamer au point de la rendre encore plus agressive ; mettre en elle l'obsession de la recherche d'une proie. Et alors, le commandement d'attaque a été donné sur un homme vivant. La Bête a tué, elle a dévoré sa victime. Puis ce fut une nouvelle période de jeûne, et un nouveau meurtre...
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La Bête du Gévaudan de
Michel Louis
Il y eut d’autres faits étranges, qui renforcèrent le peuple dans sa conviction que la Bête était un loup-garou : Le bruit avait volé comme l’éclair que deux femmes des Escures, paroisse de Fournels, en allant à la messe, avaient été rejointes par un homme extrêmement bourru [poilu]. Pendant tout le trajet qu’elles firent en compagnie de cet homme, en voyant les longs poils de son estomac à travers le fente de sa chemise, elles étaient tellement saisies de frayeur que la respiration leur manquait, et pouvaient à peine se tenir sur leurs jambes, quand cet homme les quitta brusquement ; et dans la matinée, on avait vu la Bête dans les environs. C’était, disait-on, le loup-garou, qui de rage voulait empêcher ces femmes d’aller à la messe.
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