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La sagesse du Bibliothécaire de
Michel Melot
À la figure du savant fou s’oppose celle du sage bibliothécaire. Pourquoi serait-il sage, le bibliothécaire ? C’est que le bibliothécaire sait qu’il ne sera jamais savant, car, lorsqu’il ouvre un livre, tous les autres restent fermés et il sait, le bibliothécaire, qu’il n’ouvrira jamais tous les livres. Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer. Il n’est pas nécessairement bon nageur, mais il sait naviguer et il sait que ce n’est pas à la nage qu’on va le plus loin. L’océan du savoir qui grise tous les savants rend modeste le bibliothécaire.
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La sagesse du Bibliothécaire de
Michel Melot
La conviction que la vérité, autant qu’elle existe, ne peut être que partagée et contingente fonde la sagesse du bibliothécaire. Sinon un seul livre suffirait, comme ce fut longtemps le cas. La légende que des historiens musulmans malveillants ont rapportée à propos du sultan Omar est un contre-exemple de l’esprit de la bibliothèque : après la prise d’Alexandrie par les Arabes, les lieutenants d’Omar lui demandaient ce qu’ils devaient faire des milliers de livres que contenaient les célèbres bibliothèques. Il aurait alors répondu : « S’ils répètent ce qui est dit dans le Coran, ils sont inutiles. S’ils le contredisent, ils sont nuisibles. » Il est évident qu’Omar n’avait pas besoin de bibliothécaire.
Le bibliothécaire est par définition tolérant. Il vit de la multiplicité et de la diversité des opinions. Il encourt aussitôt la suspicion d’attentisme, d’opportunisme, voire de compromission. Car il sait bien, le bibliothécaire, que sa bibliothèque ne contient pas tous les livres.
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La sagesse du Bibliothécaire de
Michel Melot
Toutes les bibliothèques de lecture publique distinguent les « documentaires » des « fictions ». Je me souviens de cet enfant auquel la bibliothécaire avait appris à reclasser les livres de sa bibliothèque d’école qui avait mis parmi les fictions une Histoire des religions. Elle eut beau lui expliquer qu’une Histoire des religions était un livre documentaire, l’enfant resta persuadé que ce livre ne contenait « que des histoires ».
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Par Grapheus, le 16/10/2009
Livre de
Michel Melot
Le livre est un marqueur de la condition humaine. Comme nous, il est complet quand il est seul, et incomplet devant les autres. La force du livre, c'est qu'il nous survit et qu'il a,
comme notre vie, une fin. Le lecteur doit s'y plier. J'ai écrit ce que je voulais écrire. Que vous m'ayez suivi ou non, ce livre est fini. Mais vous n'en avez pas fini avec le livre.
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La sagesse du Bibliothécaire de
Michel Melot
Le choix est un devoir, la censure un abus.
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Par Haijee13, le 07/03/2012
Livre de
Michel Melot
Fermer un livre n'est pas moins émouvant que de l'ouvrir, car chacun de ces deux gestes marque ce qui dans le contenu du livre est irrémédiable. Tout ce qui se passe entre les deux couvertures relève du possible et du contingent. Tout peut arriver à l'intérieur d'un livre : les rêves les plus fous et les plus grandes extravagances, mais attention, une fois que vous l'aurez fermé, son pouvoir est perdu comme la lampe d'Aladin. Un livre n'est écrit qu'une seule fois. Mais toute lecture le fait renaître, chaque fois sous une forme différente.