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Par ms_ackles, le 06/03/2011
Le fils de
Michel Rostain
Syllogisme : papa pleure chaque fois qu'il pense à moi. Papa n'est heureux que lorsqu'il pense à moi. Papa est donc heureux à chaque fois qu'il pleure.
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Par oops, le 05/04/2012
Le fils de
Michel Rostain
Nous sommes tous des analphabètes du sentiment.
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Par oops, le 02/04/2012
Le fils de
Michel Rostain
La mort, c'est une machine à regrets.
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Le fils de
Michel Rostain
« Le onzième jour après ma mort, Papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu’il renifle mon odeur. En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps ni cette couette. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu’il porte à la teinturerie comme on porterait le saint sacrement. Papa pleure le nez dans le coton. Il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse enfin la porte du magasin. Papa ne peut plus traîner. Condoléances, etc. Le teinturier - recondoléances, etc. - débarrasse papa de la couette. Papa aurait voulu que ça dure, une file d’attente, une livraison, une tempête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus des bribes de mon odeur. Papa se dépouille, il perd, il perd. »
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Par Bibalice, le 01/02/2011
Première phrase du livre
Le fils de
Michel Rostain
Papa fait des découvertes. Par exemple ne pas passer une journée sans pleurer cinq minutes, ou trois fois dix minutes, ou une heure entière.
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Le fils de
Michel Rostain
Papa ne me reverra plus que dans une heure, quasi mort, respirant encore, respirant encore, respirant le temps pour lui de comprendre qu'en fait c'est une machine qui me fait respirer, allure de vie, tuyau qui sort de ma bouche, entrée et sortie de l'air, ce n'est plus mon air, ce n'est plus ma vie, c'est l'air d'un appareil.
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Le fils de
Michel Rostain
Et maintenant, autre question importante : enterrement ou incinération? Ils se regardent. Un silence. Il sera très long ce silence-là. D'abord, maman et papa ne préfèrent rien, ils ne veulent pas que je sois mort, c'est tout.
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Par Celine_72, le 17/04/2012
Le fils de
Michel Rostain
Un père qui hérite de son fils, ce sont des enchaînements des mots inconcevables. Désordres du temps.
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Par Aela, le 25/01/2012
Le fils de
Michel Rostain
Jamais chant ne lui a dit si vrai. Il ne comprend rien au breton, mais il comprend tout: c'est de la musique qui parle.
"Marv eo ma mestrez, marv ma holl fians,
Marv ma vlijadur ha tout ma holl esperans,
biken' mije sonjet nar marv a deufe...
Ma mie est morte, morte toute ma confiance,
Morts mon plaisir et tout mon espoir,
Jamais je n'aurais pensé que la mort vienne.
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Par julifly, le 29/03/2012
Le fils de
Michel Rostain
Mille engueulades défilent, détestées. Non pas détestées, regrettées, aimées. Papa fait des allers et retours dans sa tête. Les engueulades font partie des souvenirs de présence, donc il était vivant, donc c'était du bonheur. Papa se convainc comme il peut.