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Par Bibalice, le 07/09/2011
Comme une ombre de
Michel Schneider
J'aimais mon frère caché dans cette musique. Je l'aimais comme on n'ose même pas aimer Dieu, et comme je n'ai jamais aimé une femme. Je mens [...] Quand on pense à quelqu'un en écoutant de la musique les larmes aux yeux, ce n'est pas sur lui qu'on pleure, mais sur la musique, ou sur celui qu'on était quand il était encore là.
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Marylin : Dernières séances de
Michel Schneider
Mais tu sais, on change quand on change d’endroit. Nous avons tous un jeu de personnes, différentes manières d’être soi dans différents endroits. Je ne suis pas la même à New York et à Hollywood. Différente dans ce bar et sur un plateau. Différente avec Strasberg et avec toi. Je vois ça quand on m’interviewe. Les questions vous dictent les réponses et on paraît être telle ou telle personne. Les questions m’en disent souvent plus sur celui qui les pose que mes réponses ne lui en disent de moi. La plupart des gens se trompent quand ils pensent qu’ils sont un seul moi toute leur vie, bien plein, constant, fermé. Comme ils seraient plus tolérants envers les autres s’ils reconnaissaient qu’ils sont eux aussi en morceaux, troués, changeants.
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Glenn Gould piano solo de
Michel Schneider
Sa solitude était un moyen de rejoindre chacun dans sa propre solitude. Gould nous a témoigné l’amitié ou la pudeur de n’être pas là quand on l’écoute.
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Par soukee, le 04/03/2011
Marylin : Dernières séances de
Michel Schneider
Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle.
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Comme une ombre de
Michel Schneider
On ne commence à écrire que quand il est trop tard.Quand il n'y a rien d'autre à faire.Quand c'est mieux que rien.Quand on n'en est pas sûr.Quand on n'est plus sûr de rien.On écrit sur ce qui s'est passé ou sur le contraire de ce qui s'est passé;on retourne les souvenirs comme les doigts d'un gant;on efface les silences infinis sous des dialogues bavards;on ravaude par des phrases les trous d'une vie,avec la patience de Loné raccommodant les pulls des petits Forger.
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Glenn Gould piano solo de
Michel Schneider
Il savait que jamais plu il ne voudrait jouer devant un public vivant. Les gens écouteraient son reflet de vinyle, verraient son ombre cathodique. Ce détachement ne lui était pas démembrement ni mutilation, il en espérait l’affectueuse distance du fantôme attirant à lui les pensées avant de disparaître, le passage blanc de cet ange auquel on fait une place quand il rompt le cercle de ceux qui parlent
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Par jostein, le 09/11/2011
Comme une ombre de
Michel Schneider
J'ai pensé : c'est ça, les vies. Ça ne se brise pas sur le coup, à un moment précis. Après, avec surprise, on constate la brisure.
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Par ennA, le 29/03/2010
Marylin : Dernières séances de
Michel Schneider
Seule la fiction donne accès au réel. Mais ce qu'on atteint à la fin d'un récit comme à celle d'une vie n'est pas la vérité des êtres. Celui qui écrit et qui n'est pas moi, pas que mes personnages ne sont Marilyn et Ralph, regarde comme celle d'un autre sa main qui rebrousse le temps mot à mot.
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Par Laurane_C, le 18/01/2010
Marylin : Dernières séances de
Michel Schneider
" Vous l'avez connue quand elle n'était pas le mythe qu'elle est devenue. Juste une actrice. Vous savez, je l'aimais, Marilyn. Et vous êtes assez intelligent pour savoir ce qu'aimer veut dire, dans la psychanalyse comme ailleurs, dans ce que vous appelez la vraie vie. "
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Par soukee, le 04/03/2011
Marylin : Dernières séances de
Michel Schneider
La détresse était le seul moyen pour elle de s'assurer de la présence de l'autre et elle était devenue une entité cauchemardesque qui en dépit de tout amour, de toute fragilité ou splendeur, le détruisait inexorablement. Et s'il n'avait pas envie d'être détruit ?