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Par Miaka, le 02/02/2011
Hantise de
Michele Jaffe
L'image est austère et pourtant étrangement belle. Au premier plan, à droite, un buisson. Au milieu, une fille. Elle a un joli visage, à demi caché par des cheveux noirs. Son corps est couvert d'entailles, une rivière de sang dégouline de sa tête. Ses lèvres sont entrouvertes, mais elle est incapable de parler. Ses yeux sont grand ouverts, mais ils ne voient rien. L'image ressemble à n'importe laquelle des photos que j'ai prises, à un détail près. Je suis sur la photo. La fille, c'est moi.
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Par Miaka, le 02/02/2011
Hantise de
Michele Jaffe
- Attendez, qui est à l'appareil ?
– Tu ne sais pas ?
– Non.
– Je suis la personne qui a essayé de te tuer. Ou plutôt qui va te tuer.
Mon sang se glace dans mes veines.
– Ce n'est pas drôle.
– Je peux t'assurer que je ne plaisante pas.
Je déglutis.
– Mais de quoi parlez-vous ?
Mes bras fonctionnent, mais mon cerveau est plus engourdi que jamais.
– Nous savons tous les deux que ce qui t'es arrivé n'était pas un accident.
Je me met à trembler.
– N'est-ce pas ? Me harcèle la voix.
– Qui est à l'appareil ?!
Mes mains sont gelées autour du combiné.
– Dites-moi qui vous êtes.
– Ç a, c'est à toi de le découvrir. À bientôt.
La ligne est coupée. Un garçon que je n'ai jamais vu entre dans ma chambre, un téléphone portable dans une main et une grande boîte sous le bras. Il me regarde et dit :
- Bonjour, Jane.
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Par Miaka, le 02/02/2011
Hantise de
Michele Jaffe
Dedans, comme pris dans un sortilège, sont allongés un garçon et une fille. Lui porte une chemise ornée de pingouins brodés et elle une robe blanche à œillets qui date probablement de la saison dernière. Il est d'une beauté à couper le souffle. Ses cheveux à elle semblent avoir été taillés à la machette et elle gardera sans doute toujours une cicatrice sur le front, là où les médecins l'ont recousue, mais elle s'en fiche. Il se font face, nez à nez, et sourient.
Dans son chaos festif, l'image ressemble à beaucoup de photos que j'ai prises ces derniers temps, mais ce n'en est pas une. Ce n'est pas une photo. C'est la vraie vie.
Et j'en fais partie
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Hantise de
Michele Jaffe
- Oui, Mère Langley, tout va bien. J'avais juste mal au ventre.
Langley se recula et mit les mains sur les hanches.
- Tu veux des frites avec ça?
Kate fronça les sourcils.
- Avec quoi?
- Ce bobard que tu viens de sortir.
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Par Miaka, le 02/02/2011
Hantise de
Michele Jaffe
J'inspire profondément et ferme les yeux, laissant la petite pièce se remplir de buée. L'air chaud et humide me fait du bien, je me sens presque normale. Peut-être vais-je guérir. Peut-être...
J'ai dû m'assoupir. Un bruit me réveille, et je jette un œil par le rideau pour voir si quelqu'un arrive, mais il n'y a personne, juste les toilettes et le miroir.
Le miroir sur lequel est écrit en lettres majuscules, un peu floues mais impossibles à ignorer :
TU AURAIS DÛ MOURIR SALE GARCE !
C'est à ce moment-là que ma voix revient dans un long cri gargouillant.
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Par Calla, le 25/07/2011
Hantise de
Michele Jaffe
Mes cicatrices peuvent devenir invisibles. Tout va redevenir comme avant.
Mais j'allais apprendre que certaines cicatrices ne peuvent pas être effacées par une crème miracle. Des cicatrices enfouies si profondément qu'on ne peut ni les voir ni les atteindre ni en atténuer la douleur. Des cicatrices qui peuvent vous tuer.
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Hantise de
Michele Jaffe
Cette fille devrait être morte. Et ce n'est pas moi qui ai pris la photo.
Je suis dessus. La fille, c'est moi.
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Hantise de
Michele Jaffe
Je ne m'étais jamais sentie aussi libre, animale, de toute ma vie. C'était ça, finalement, s'embrasser? Ce sentiment d'euphorie sauvage? Ne plus se soucier de rien? Ces baisers ne voulaient rien dire, ils faisaient juste partie du moment présent, existaient à peine. Nous nous embrassions comme dans les films, de longs baisers tièdes où nos langues s"emmêlaient un moment avant de faire place à des effleurements légers comme des plumes aux coins de nos bouches respectives. Ni l'une ni l'autre ne prêtions attention à nos vêtements mouillés ni à la brise glacée.
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Hantise de
Michele Jaffe
J'étais arrivée. Quelle que soit la folie du moment - porter des lunettes de soleil en classe jusqu'à ce que la direction l'interdise, arborer des colliers en bonbons, décorer les genoux de son jean avec des gouttes de vernis à ongles rouge parce que j'en avais mis partout en essayant de faire une manucure à Langley à l'heure du déjeuner - du moment qu'elle avait reçu la bénédiction des Trois Mode-squetaires, tout le monde approuvait. Et ça voulait dire que tout le monde m'approuvait aussi. Je ne serai plus jamais seule.
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Par Miss-Hash, le 09/08/2011
Hantise de
Michele Jaffe
Te renverser? Mais tu n'es pas une crème!