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Par sylvie, le 31/03/2008
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le lac Baïkal
..."Puis je pensais à Gyl, aux cerfs-volants qu'il devait brandir comme les banderoles autrefois et que j'imaginais ressembler à de grands oiseaux mélancoliques au-dessus du lac." ..."Le lac est un grand œil tranquille... Dès mon arrivée dans le village, je l'avais cherché, il était au pied des dernières maisons, solennel et limpide, d'une limpidité extraordinaire. L'usine de cellulose qui le menaçait avait cessé de fonctionner. Des petites barques en bois griffaient la surface de l'eau, d'autres étaient alignées le long des berges, des oiseaux venaient s'y poser. Les forêts de pin le cernaient, quelques vaguelettes ondulaient à peine, mais je savais qu'il y avait parfois des tempêtes, des vagues de plusieurs mètres de hauteur que les premiers gels figeaient pendant des mois. Mystérieux lac, vénéré comme un dieu." ... "Plus tard, à la tombée de la nuit, j'étais retournée au bord du lac. un ciel violet se reflétait dans l'eau." ... "J'avais noté que j'aurai préféré découvrir le lac en hiver, lorsqu'il se fige et que les camions le traverse". ... "Je contemplais les vagues qu'il soulevait sur le lac, j'entendais les enfants crier parce que les cerfs-volants leur échappaient et s'écrasaient à la surface de l'eau. Ils couraient pour les rattraper , je les voyais s'élancer et nager jusqu'aux épaves multicolores, tenter de les ramener sur la rive."
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Par sylvie, le 31/03/2008
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le fleuve, les fleuves :
"Elle se perdait si souvent dans toutes ces vies agitées, ne savait plus laquelle avait traversé une rivière à la nage pour être à l'heure à un rendez-vous, anecdote dont elle raffolait." ..."Le plus difficile, alors, est d'avoir à se lever sans nulle part où aller, mais j'ignorais qu'à mon retour cette épreuve me serait épargnée et que je me rendrais plusieurs jours de suite à un rendez-vous sur un quai de Seine" ..."Je me souviens qu'au retour, assise sur un qui de Seine, les images de ce voyage se mêlaient aux reflets du pâle soleil d'automne, et j'avais l'impression de les voir flotter à la surface de l'eau. Je croyais apercevoir la silhouette d'Igor que le courant emportait, comme nous emportait le train." ... "Et puis nous sommes arrivées près de la seine au moment où le jour se levait et j'ai eu un bonheur immense qui me rendait Paul, c'était comme s'il était là à s'émerveiller avec moi, je pouvais même entendre sa voix, j'en avais les larmes aux yeux." ... "Clémence me montrait l'endroit du Quai Bourbon où avait été prise la photographie avec Paul, en 1943... sur ce quai, je savais qu'une plaque commémorative citait une phrase écrite par Camille Claudel dans une lettre à Rodin, il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente."
... "Le fleuve trapu et lent me mettait dans une légère torpeur, je m'étais allongée sur le lit et j'avais somnolé jusqu'à la nuit..."
..."j'étais restée à l'écart, je suivais la sombre course du fleuve qui se fondait dans la nuit et dans la douce effervescence de mon ivresse."
... "Comme chaque fois, nous commencerions par la traversée de la Moldau."
... "Et la traversée à la nage de la Moldau, Clémence, que vous aimez tellement, ce rendez-vous avec son amoureux auquel elle veut absolument être à l'heure ? non, c'est moi , avait elle dit, avec le même aplomb qu'une fois précédente, c'est moi qui nageait vers lui, pour le rejoindre...pas un accident cette chute dans la Seine, c'était un rendez-vo
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Sur le sable de
Michèle Lesbre
Je pensais que nous étions, lui et moi, comme deux rescapés d’une catastrophe, deux naufragés qui tentaient l’un et l’autre de se réveiller d’un cauchemar.
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
J'avais raconté le train, les jours et les nuits, les forêts, et puis j'avais dit que je venais de France. Je lisais dans leurs yeux que ce mot ne leur évoquait rien.Pour eux, je venais sans doute de nulle part (...) Au fond, cela n'avait pas d'importance, ce qui comptait c'était la rencontre, l'instant fugace, cette sorte de hasard heureux qu'offrait le voyage. Les mots n'ont plus la même valeur et même leur absence provoque des salutaires dérives.
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Pendant ces heures un peu lentes, un peu lascives, trimballée dans ce paysage qui s'en finissait pas de s'étirer sous mes yeux, je me découvrais une aptitude à la vie contemplative que je ne soupçonnais pas. Face à la précipitation moderne et à l'esprit de système, cela m'apparaissait comme un excellent antidote. J'allais sans doute rentrer plus sereine, avec un brin de scepticisme et encore moins de certitudes.
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Par Rabanet, le 24/09/2010
Que la nuit demeure de
Michèle Lesbre
Il l'a prit dans ses bras, la transporta dans la grange et la mit dans la foin. Il la recouvrit complètement et jeta pluieurs allumettes enflammées.
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Par BMR, le 31/03/2008
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
[...] C'est peut-être parce qu'il est mort que je continue à attendre que la vie commence, je crois que je l'ai toujours attendue cette vie-là, je veux dire la vie avec lui. L'autre, celle que j'ai vécue, c'était autre chose, c'était en attendant... Maintenant je suis une très vieille petite fille. Vous il me semble que vous avez grandi, je me trompe ?
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le lendemain je lui avais apporté ces lignes de Mme Roland, datant de 1771, "la douce mélancolie que je défends n'est jamais triste, elle n'est qu'une modification du plaisir dont elle emprunte tous les charmes...Elle donne je ne sais quelle teinte de grand et de frappant à une perspective sauvage, à une forêt solitaire.
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Comme pour le premier jour, j'avais passé la nuit à chercher le texte qui pourrait lui plaire, et en le cherchant je pensais à ce que Robert Walser avait écrit à un ami, "J'aime la vie, mais je l'aime parce que j'espère qu'elle me donnera l'occasion de la jeter dignement par-dessus bord".
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Clémence me montrait l'endroit du quai de Bourbon où avait été prise la photographie avec Paul, en 1943.
Sur ce quai, je savais qu'une plaque commémorative citait une phrase écrite par Camille Claudel dans une lettre à Robin, "il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente"