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Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
« Je pourrais tout à fait renoncer à un pays si l’homme avec qui je l’avais visité venait à disparaître. » (p. 59)
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Par sylvie, le 31/03/2008
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le lac Baïkal
..."Puis je pensais à Gyl, aux cerfs-volants qu'il devait brandir comme les banderoles autrefois et que j'imaginais ressembler à de grands oiseaux mélancoliques au-dessus du lac." ..."Le lac est un grand œil tranquille... Dès mon arrivée dans le village, je l'avais cherché, il était au pied des dernières maisons, solennel et limpide, d'une limpidité extraordinaire. L'usine de cellulose qui le menaçait avait cessé de fonctionner. Des petites barques en bois griffaient la surface de l'eau, d'autres étaient alignées le long des berges, des oiseaux venaient s'y poser. Les forêts de pin le cernaient, quelques vaguelettes ondulaient à peine, mais je savais qu'il y avait parfois des tempêtes, des vagues de plusieurs mètres de hauteur que les premiers gels figeaient pendant des mois. Mystérieux lac, vénéré comme un dieu." ... "Plus tard, à la tombée de la nuit, j'étais retournée au bord du lac. un ciel violet se reflétait dans l'eau." ... "J'avais noté que j'aurai préféré découvrir le lac en hiver, lorsqu'il se fige et que les camions le traverse". ... "Je contemplais les vagues qu'il soulevait sur le lac, j'entendais les enfants crier parce que les cerfs-volants leur échappaient et s'écrasaient à la surface de l'eau. Ils couraient pour les rattraper , je les voyais s'élancer et nager jusqu'aux épaves multicolores, tenter de les ramener sur la rive."
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Par Zazette97, le 21/04/2012
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Voyager avait toujours signifié tenter un lien aussi ténu fût-il avec le monde, écarter ce qui se faufilait entre lui et moi, les distances, les langues, le racisme, les religions, des obstacles qui ne s'effaçaient pas toujours mais donnaient du sens.
Ce qui rendait celui-là singulier, c'était l'impression de ne rien approcher, d'être dans l'effleurement, prisonnière de mes angoisses, étrangère dans le regard des autres.
J'analysais ce sentiment en remplissant des feuilles que je froissais et jetais à la poubelle.
Pour m'apaiser je lisais Jankélévitch, mais je sentais grandir en moi ce désenchantement que j'avais voulu fuir et combattre en retrouvant Gyl et la merveilleuse énergie qui nous portait autrefois. p.86
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Par sylvie, le 31/03/2008
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le fleuve, les fleuves :
"Elle se perdait si souvent dans toutes ces vies agitées, ne savait plus laquelle avait traversé une rivière à la nage pour être à l'heure à un rendez-vous, anecdote dont elle raffolait." ..."Le plus difficile, alors, est d'avoir à se lever sans nulle part où aller, mais j'ignorais qu'à mon retour cette épreuve me serait épargnée et que je me rendrais plusieurs jours de suite à un rendez-vous sur un quai de Seine" ..."Je me souviens qu'au retour, assise sur un qui de Seine, les images de ce voyage se mêlaient aux reflets du pâle soleil d'automne, et j'avais l'impression de les voir flotter à la surface de l'eau. Je croyais apercevoir la silhouette d'Igor que le courant emportait, comme nous emportait le train." ... "Et puis nous sommes arrivées près de la seine au moment où le jour se levait et j'ai eu un bonheur immense qui me rendait Paul, c'était comme s'il était là à s'émerveiller avec moi, je pouvais même entendre sa voix, j'en avais les larmes aux yeux." ... "Clémence me montrait l'endroit du Quai Bourbon où avait été prise la photographie avec Paul, en 1943... sur ce quai, je savais qu'une plaque commémorative citait une phrase écrite par Camille Claudel dans une lettre à Rodin, il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente."
... "Le fleuve trapu et lent me mettait dans une légère torpeur, je m'étais allongée sur le lit et j'avais somnolé jusqu'à la nuit..."
..."j'étais restée à l'écart, je suivais la sombre course du fleuve qui se fondait dans la nuit et dans la douce effervescence de mon ivresse."
... "Comme chaque fois, nous commencerions par la traversée de la Moldau."
... "Et la traversée à la nage de la Moldau, Clémence, que vous aimez tellement, ce rendez-vous avec son amoureux auquel elle veut absolument être à l'heure ? non, c'est moi , avait elle dit, avec le même aplomb qu'une fois précédente, c'est moi qui nageait vers lui, pour le rejoindre...pas un accident cette chute dans la Seine, c'était un rendez-vo
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Par Sand94, le 10/02/2012
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
J’avais très envie de la revoir, vite, de lui conter mon étrange voyage, sans doute le plus étrange de tous mes voyages, parce que plus que tous les autres il m’avait sans cesse ramenée à ma vie, à la simple vérité de ma vie. (p.85)
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Sur le sable de
Michèle Lesbre
Je pensais que nous étions, lui et moi, comme deux rescapés d’une catastrophe, deux naufragés qui tentaient l’un et l’autre de se réveiller d’un cauchemar.
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Par shulien, le 01/10/2011
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Le lendemain je lui avais apporté ces lignes de Mme Roland, datant de 1771, "la douce mélancolie que je défends n'est jamais triste, elle n'est qu'une modification du plaisir dont elle emprunte tous les charmes...Elle donne je ne sais quelle teinte de grand et de frappant à une perspective sauvage, à une forêt solitaire.
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Par Sand94, le 10/02/2012
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
Pendant ces heures un peu lentes, un peu lascives, trimballée dans ce paysage qui n’en finissait pas de s’étirer sous mes yeux, je me découvrais une aptitude à la vie contemplative que je ne soupçonnais pas. (p.61)
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Par Neigeline, le 15/03/2012
Le canapé rouge de
Michèle Lesbre
N'avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d'évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?
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Par Lucie16, le 03/03/2012
Sur le sable de
Michèle Lesbre
J’ai eu peur soudain de m’égarer sur les chemins tortueux de la mémoire, les trous dans le temps, les petites déchirures qui se creusent peu à peu dans la trame des jours.