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L'année brouillard de
Michelle Richmond
"Nous prenons des photos parce que nous ne pouvons accepter que tout passe, nous ne pouvons accepter que la répétition d'un moment est impossible. Nous menons un combat continu contre notre propre mort imminente, contre le temps qui transforme les enfants en cette autre espèce, de moindre intérêt : les adultes. Nous prenons des photos parce que nous savons que nous allons oublier. Nous allons oublier la semaine, la journée, l'heure. Nous oublierons les moments les plus heureux. Nous prenons des photos par orgueil, poussés par ce désir de voir le meilleur de nous-mêmes préservé. Nous craignons de mourir sans que les autres sachent que nous avons vécu."
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L'année brouillard de
Michelle Richmond
page 380
" Et j'ai envie de lui souffler qu'on trouve un moyen ou un autre, de traverser les événements les plus horribles, des événements dont on aurait cru qu'ils vous auraient tué. On trouve un moyen et on avance, jour après jour, en affrontant une journée après l'autre -- en état de choc; dans le désespoir, mais on avance. Les jours s'écroulent, l'un après l'autre, et on avance avec eux, parfois ahuri, et jamais complètement soulagé, de découvrir qu'on est toujours en vie.
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Par caro64, le 11/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
La mémoire fonctionne comme un processus constructif qui ne se contente pas de reproduire, mais qui filtre, change et interprète le passé.
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Par Nionie, le 16/10/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
" regarde-moi" dit Jake en m'attrapant fermement par les deux épaules. Quand tu n'es pas ac moi, je pense à toi. Quand je suis au lit avec toi, j'ai l'impression d'avoir de nouveau 19 ans. Quand je lis quelque chose d'intéressant, tu es la première personne à qui j'ai envie d'en parler, et quand j'achète un nouveau disque tu es la première personne à qui j'ai envie de le faire écouter . J'aime la personne que tu es avec Emma, mais j'aime aussi la personne que tu es TOI. Pigé ?
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L'année brouillard de
Michelle Richmond
"La seule chose dont je sois certaine, c'est que j'ai perdu Emma et que je dois la retrouver. La seule issue acceptable est la suivante : Emma, de retour à la maison, indemne. Mais tout ce qui conduit à cette issue recherchée, les étapes déterminantes par lesquelles je dois passer pour y arriver demeurent pour moi un mystère."
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Le rêve d'Amanda ruth de
Michelle Richmond
"- Tu étais morte. Tu étais morte depuis longtemps. Tu me manquais terriblement. Je suis allée te chercher en Chine.
- Non, précise-t-elle, tu es allée me perdre en Chine.
- C’est vrai. Te laisser partir. Mais peu importe désormais."
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Par caro64, le 11/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Une fois de plus, je m’émerveille devant la capacité de Nell à apprendre, à absorber et à traiter une grande quantité d’information sur un sujet quelconque, n’importe quand. Je me demande toujours si sa passion pour l’information a n rapport avec la mort de son fils, si la constante absorption des faits est un ultime recours pour remplir un vide qui ne s’et jamais comblé. J’imagine son chagrin comme un trou noir, toujours béant, qui engloutit la connaissance à une vitesse effrayante. C’est le même trou noir en perpétuelle expansion qui a envahi mon esprit et mon cœur tout au long des semaines écoulées depuis la disparition d’Emma. Tandis que Nell nourrit sa souffrance par l’apprentissage, je nourris la mienne d’interminables recherches.
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Par caro64, le 11/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Je ne peux pas imaginer une heure qui ne comporte pas l'idée de sauver Emma, ce but ultime, impossible à atteindre.
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Le rêve d'Amanda ruth de
Michelle Richmond
Dans mon rêve Amanda Ruth n’est pas morte, elle est seulement endormie. Nous sommes allongées sous un sycomore au bord d’un sentier de montagne accidenté. L’herbe autour de nous est constellée de noyaux : nous avons mangé des pêches, des prunes et des nectarines. Ses doigts sont encore poisseux après notre festin. Ils brillent dans la douce lumière de la montagne. Elle a une manière si élégante de dormir, une jambe un peu repliée sous elle, un bras étendu sur l’herbe
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Par anyuka, le 02/02/2011
Le rêve d'Amanda ruth de
Michelle Richmond
Je pensais à toutes les manières dont la vie pouvait être brisée, la clarté et l'ordre de notre monde détruits. Jamais, en ce temps-là, je n'avais perçu que la perte venait progressivement, qu'on la remarquait à peine ; jamais je n'avais imaginé que les choses pouvaient tout simplement se défaire.
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Par Audreyy, le 23/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Ce qui est malheureux avec les rêves, c'est qu'on finit toujours par se réveiller.
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Par caro64, le 11/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Les photographies représentent notre lutte éternelle contre le temps, notre détermination à préserver un moment : la jolie petite fille bébé, avant qu’elle devienne une adolescente difficile, le beau jeune homme, avant que la calvitie et la graisse prennent son corps d’assaut ; le voyage de noces à Hawaï, avant que les deux époux deviennent des étrangers l’un pour l’autre, partageant le même toit dans la colère.
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Par caro64, le 11/11/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Immense est le pouvoir de la mémoire, excessivement immense… un vaste, infini palais intérieur.
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Par Nionie, le 16/10/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
j'aimerais bien être comme toi dis-je , avoir le cran de me relever pour prendre un nouveau départ "
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Par Nionie, le 16/10/2010
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Quand j'étais enfant, ma mère nous achetait des carnets, à ma soeur et à moi et on devait y écrire une fois par an. Le matin du 31 décembre, après le petit déjeuner, elle nous envoyait chacune dans notre chambre, mon père dans son bureau et elle dans la cuisine . Nous devions passer la matinée à évaluer l'état de nos vies [...]
Ensuite elle nous obligeait à dire ce que nous aurions fait différemment si nous pouvions retourner en arrière et tout recommencer. Nous étions enfants tu sais alors c'était pas tellement intéressant. On avait des trucs du genre " je n'aurais pas du piquer sa trousse Hello Kitty à Cindy Nowak " ou "j'aurais mieux du m'occuper des crevettes " Quand ma soeur et moi sommes arrivées au lycée , nous avons commencer à inventer des trucs, juste pour taper sur les nerfs de notre mère, comme " je n'aurais pas du coucher avec l'équipe de foot "
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Par anyuka, le 02/02/2011
Le rêve d'Amanda ruth de
Michelle Richmond
Je crois que je m'attendais à ce qu'une nuit je me tourne et je la trouve là, mince silhouette éclairée d'un rayon de lune, en train de me dire adieu d'un signe de la main. "Reprends le cours de ta vie", dirait-elle, et elle se retournerait dans un grand éclat de rire pour disparaître dans le noir - son visage d'abord, puis ses cheveux, sa main tendue, le bas de sa jupe, l'arrière de son joli pied. Bien sûr, aucun signe ne se manifesta. Elle ne se tapit jamais dans les coins sombres pour chuchoter à mon oreille. Elle ne s'estompa jamais, à la manière dont les morts sont censés le faire ; avec les années, son image n'a fait que devenir de plus en plus claire.
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L'année brouillard de
Michelle Richmond
page 373
" Prendre conscience de la possibilité d'une recherche revient à être sur une piste. Et ne pas être sur une piste, c'est être désespéré. '(Walker Percy). ".
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L'année brouillard de
Michelle Richmond
"Je veux qu'elle revienne, et le désir crée la substance à partir de rien. Je me souviens du moment où j'ai contourné le mur de béton, certaine de la trouver là. Je le voulais tellement que j'ai construit une image, et cette image était frémissante de vie : Emma accroupie, en train d'attendre derrière le mur, le seau jaune calé entre ses genoux. Quand je suis arrivée et que je n'ai pas trouvée Emma, j'ai senti la réalité me frapper comme un coup de fouet en plein visage, et, avec elle, une terreur si intense qu'elle me fit plier en deux, l'estomac retourné."
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Par canel, le 26/05/2011
L'année brouillard de
Michelle Richmond
La mémoire est le prix que nous payons pour façonner notre propre personnalité, pour avoir le privilège de connaître notre moi intime ; c'est le prix que nous payons pour nos victoires comme pour nos défaites. (p. 513)
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Par canel, le 26/05/2011
L'année brouillard de
Michelle Richmond
Si Emma était décédée, si nous avions vu l'événement se produire, si nous avions assisté à l'enterrement, nous pourrions peut-être supporter de revivre ces moments. Peut-être que nous pourrions répéter ses petites phrases, raconter nos sorties avec elle dans le détail. Peut-être, si elle était morte, pourrions-nous inventer un langage pour parler d'elle. Mais sans savoir ce qu'il est advenu d'elle, sans savoir si elle souffre, si elle est seule, si elle est terrifiée, c'est impossible. Chaque souvenir agréable que nos mots font renaître fait surgir, à l'arrière-plan, d'autres images, plus sombres, plus menaçantes. (p. 157)