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Par Zazette97, le 02/07/2010
Femmes : Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé de
Mihail Sebastian
Dommage qu'il ne pleuve pas. Tête nue, le col ouvert, les manches retroussées, il resterait sous la pluie, adossé à un tronc d'arbre, il la laisserait dégouliner dans ses cheveux, sur son front, sur ses joues, il finirait par sentir qu'il est pareil à l'herbe, qu'il s'intègre à la nuit de la terre, à son insensibilité absolue, qu'il échappe à jamais aux scrupules et aux remords, à l'obsession des fenêtres chichement éclairées, là-haut, où la pathétique Renée brûle d'un amour excessif. p.60
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Par Zazette97, le 02/07/2010
Femmes : Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé de
Mihail Sebastian
Faire durer! Voyez-vous, cela a dû être dans mes rapports avec Andrei, mais également avec tout le monde et avec la vie-même, mon erreur la plus grave. Faire durer ! Je suis prise d'effroi à l'idée que quelque chose peut être anéanti, qu'un objet, un être humain, un sentiment ou juste une habitude peut disparaître du jour au lendemain; je ne suis obsédée, dans le passage des choses, que par leur éternité possible, par le signe qui pourrait les arrêter, les faire demeurer.
Ce qu'il y avait de déchirant pour moi dans la présence d'Andrei, c'était son air incessant de provisoire, son air de type entré par hasard dans une maison, le chapeau sur l'oreille, sans savoir s'il allait repartir, s'il allait revenir, s'il allait rester. J'étais parfois tentée, de manière puérile, de lui poser la main sur l'épaule et de lui demander le plus sérieusement du monde :
- Tu es là?
N'allez pas croire que mon désir de permanence était tyrannique ou même exigeant.
Je savais bien qu'Andrei devait remuer, trahir et - comment vous l'expliquer? - je pense que c'est précisément pour cela que je l'aimais, car il était du côté du vent et du grand large, tandis que j'étais du côté de l'attente et de l'éternité. p.130
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Par Zazette97, le 02/07/2010
Femmes : Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé de
Mihail Sebastian
Si j'ai vécu ma vie telle qu'elle fut, bonne ou mauvaise, si je me suis plongé dans toutes ses humiliations, si je me suis soumis à toutes ses misères, celles que je connais et celles que j'ignore, si j'ai consenti à endosser les guenilles de cette triste existence, ce fut parce que j'étais sûr que personne ne saurait, et si on le savait que personne ne comprendrait ceci : je resterai finalement seul, plus seul qu'un astre dans le ciel, plus seul qu'un boeuf dans son étable. p.224
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Par csapin, le 19/03/2011
Femmes : Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé de
Mihail Sebastian
Faire durer ! Voyez-vous, cela a du être dans mes rapports avec Andrei, mais également avec tout le monde et avec la vie même, mon erreur la plus grave. Faire durer ! Je suis prise d'effroi à l'idée que quelque chose peut être anéanti, qu'un objet, un être humain, un sentiment ou juste une habitude peut disparaître du jour au lendemain ; je ne suis obsédée, dans le passage des choses, que par leur éternité possible, par le signe qui pourrait les arrêter, les faire demeurer.
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Par csapin, le 19/03/2011
Femmes : Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé de
Mihail Sebastian
Songez-y bien : il faut désormais que mon coeur,
S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur.
(Scène IV, Acte I, Andromaque de Racine)