-
Par Elianthe, le 06/07/2010
Loving Frank de
Nancy Horan
J’imagine que je ressemble un peu au tronc d’un cactus, lui avait-elle expliqué un jour. J’absorbe une certaine quantité de culture et de sociabilité au contact de mes amis, puis je me replie sur moi-même et j’en vis pendant un certain temps, jusqu’à ce que j’aie de nouveau soif. Il n’est pas bon d’entretenir une telle autarcie, une sorte d’exil volontaire, en fait. Cela vous rend différente. (p.35)
-
Par Bin890, le 09/11/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Je veux vous parler aujourd'hui de l'amour le plus noble: celui qui unit l'intelect et l'érotisme. Quand les deux amants n'aspirent qu'à devenir un seul et même être, à s'accorder une liberté absolue et à s'épanouir ensemble, nous avons alors affaire à la forme d'amour la plus belle que puissent partager un homme et une femme du même milieu moral et intellectuel. Connaitre un tel amour, c'est se sentir dédoublé. Un tel sentiment affranchit et enrichit une personnalité, nous inspire des actes nobles et des oeuvres de génie. Quand ce grand amour survient - et cela n'arrive qu'une fois dans une vie - il l'emporte légitimement sur tout autre sentiment. L'amour parfait impose ses droits sur une existence.
> lire la suite
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Il romançait la réalité. Il ne savait pas résister au plaisir de camper ses clients en preux chevaliers et nobles héroïnes de ses légendes arthuriennes. Aujourd'hui dans la cour, il était Merlin l'Enchanteur dont la magie éblouissait ses ouvriers. Il adorait présenter les choses sous un aspect dramatique. Cela rendait la vie tellement plus intéressante !
Il n'était pas facile d'en vouloir à Frank Lloyd Wright. Mamah devait trouver un moyen de lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de tout exagérer. Il était déjà bien assez extraordinaire.
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Sur le quai, au milieu de la cohue de gens et de bagages, elle serrait une petite valise sous son bras. A l'intérieur se trouvaient ses traductions manuscrites de "la morale au féminin" , de" la femme de demain", et de "la femme conventionnelle". Elle ressentait un farouche instinct de protection, très proche, imaginait-elle de ce que devait éprouver Frank quand il transportait son carton à dessins: comme un coursier chargé de transmettre un projet politique qui va changer le monde.
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Tu avais tout. Un mari fantastique qui t'adorait, deux beaux enfants en bonne santé. La liberté. Aucun souci financier. Une gouvernante et une bonne. Tu n'avais pas besoin de travailler et Edwin n'exigeait jamais rien de toi. As-tu conscience de tout ce que tu as abandonné pour Fank Wright ? Le genre d'existence dont rêvent la plupart des femmes, y compris les féministes !
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Pourtant, pendant les travaux, partis d'un simple détail architectural, leurs échanges s'étaient maintes fois transformés en longues discussions. Aujourd'hui, Mamah gardait un souvenir enchanteur de ces six mois de collaboration. Franck Lloyd Wright avait stimulé son esprit comme personne.
-
Par grazou58, le 29/06/2010
Loving Frank de
Nancy Horan
Quand elle referma les yeux, Mamah grimaça en se revoyant quelques heures plus tôt. Elle avaitagi comma une folle : elle avait actionné la manivelle à s'en faire mal au bras et s'était précipitée à pied dans la neige et le verglas pour apercevoir Frank, comme si sa vie en dépendait.
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Car d'aussi loin qu'il lui en souvint, Mamah avait toujours ressenti un manque sans pourtant arriver à le préciser. Elle avait meublé ce vide avec toute sortes de choses - livres, réunions de l'association, militantisme pour le droit de vote, cours - mais rien ne l'avait comblée.
-
Par caro64, le 19/07/2011
Loving Frank de
Nancy Horan
Elle l'avait souvent entendu dire que la réalité d'un bâtiment réside dans sa dimension intérieure. Votre façon de vivre et votre devenir. Ici, à Taliesin, il n'avait pas envie d'encombrer l'espace d'objets qui n'élèveraient pas leurs âmes. Mamah non plus.
-
Par Elianthe, le 05/07/2010
Loving Frank de
Nancy Horan
Pendant toutes les années que j’avais passées à Port Huron, où je fus professeur au lycée puis bibliothécaire, je passais mes journées à idéaliser mon travail : j’étais au service de la connaissance, un médecin de l’âme qui dispensait les livres comme des remèdes à ses élèves et à ses lecteurs. (p.19)