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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
Il dit : un chant triste, sorte de cri du coeur. Comparable au blues. La langue innue presque chantée, aux intonations lentes, celle qu’on fait durer par des respires au manque de voyelles, impénétrable, comme un rappel à la nature, la dureté, l’écorce et les panaches.
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
celui qui a migré vers la nouvelle réserve lorsque d’autres refusaient ; celui qui fumait ; celle qui était là à mon gala, à ma graduation, aux premiers jours de mon enfant; celle qui a vécu le vingtième siècle sans jamais parler un seul mot français, mais qui dans notre langue avait toujours trouvé le mot juste pour nommer telle modernité ou telle menace à sa liberté ; celui qui a vu naître tous ses enfants sous les tentes; celui qui n’a jamais vendu sa terre ; ceux qui autrefois ont arpenté le pays, d’un océan à l’autre pour ne jamais rester au même endroit et ceux que nous sommes devenus.
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
Un accident de voiture. L’idée de perdre mon enfant. Les insultes face aux Innus. La mort. Les pères absents. Les coupes blanches dans le Nord. La misère de ma cousine et de ses deux enfants, mon incapacité à lui venir en aide. Les enfants maltraités. Les critiques de ma mère. Gabriel lorsqu’il ne rappelle pas. Les films trop beaux pour être vrais. L’oppression. L’injustice. La cruauté. La solitude. Les chansons d’amour. Les erreurs impardonnables. Les bébés qui ne naissent jamais.
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
Nutshimit, pour l’homme confus, la paix. Cette paix intérieure qu’il recherche désespérément. Ce silence après avoir hurlé, des nuits durant, son angoisse sans que personne ne l’entende. Le silence d’un vent qui fait bruisser les aiguilles de sapins. Le silence d’une perdrix qui déambule aux côtés d’une dizaine d’autres. Le silence du ruisseau qui continue de suivre sa route, enfoui sous un mètre de neige.
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
Nutshimit, pour l’homme confus, la paix. Cette paix intérieure qu’il recherche désespérément. Ce silence après avoir hurlé, des nuits durant, son angoisse sans que personne ne l’entende. Le silence d’un vent qui fait bruisser les aiguilles de sapins. Le silence d’une perdrix qui déambule aux côtés d’une dizaine d’autres. Le silence du ruisseau qui continue de suivre sa route, enfoui sous un mètre de neige.
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Naomi Fontaine
La rivière est douce. Son eau abreuve. Elle ravive le long portage de l’automne. Les femmes sont fortes, elle porte sur leur dos le cadet. La sueur au front, les épaules fatiguées, les yeux rivés au sol. Le silence. On s’essouffle moins en ne parlant pas. Les trois familles se suivent sur la rive. Ils marcheront encore quatre jours. Ils camperont là où la rivière se rétrécit
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Par brigetoun, le 06/11/2010
Kuessipen de
Naomi Fontaine
La rivière est douce. Son eau abreuve. Elle ravive le long portage de l’automne. Les femmes sont fortes, elle porte sur leur dos le cadet. La sueur au front, les épaules fatiguées, les yeux rivés au sol. Le silence. On s’essouffle moins en ne parlant pas. Les trois familles se suivent sur la rive. Ils marcheront encore quatre jours. Ils camperont là où la rivière se rétrécit
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Par Lali, le 13/04/2012
Kuessipan de
Naomi Fontaine
On ne voit dans la nuit que ce que les mains peuvent toucher.