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Noëlle Châtelet
Bien sûr, lorsqu'elle se dénude pour sa toilette, il lui faut bien convenir de la défaite du corps, creusé, froissé par la main intraitable du temps, mais c'est sans affliction puisque c'est ce corps-là qui est désiré, lui qui roule sur la grève du plaisir partagé, lui qui s'ouvre et se remplit de la joie de Félix.
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La femme coquelicot de
Noëlle Châtelet
Est-elle libre de Paul, de Céline, de Thierry, de Vincent, de la petite Mathilde, de Lise, de ces êtres chers qui, à force d'affection, l'ont entravée jusqu'à l'oubli d'elle-même, jusqu'à l'insignifiance?
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La femme coquelicot de
Noëlle Châtelet
Ouvrir une lettre d'homme qui écrit pour la première fois, qui n'est ni un mari, ni un fils, ni un fonctionnaire à la caisse des retraites...
Ce qu'elle lit sera lu. Relu. Ce qu'elle lit ne peut pas se dire. Se raconter. Ce qu'elle lit parle à sa tête, à son corps, à ses sens endormis qu'un chevalier réveille.
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La femme coquelicot de
Noëlle Châtelet
Les deux corps se joignent.
Les peaux sont douces d'être usées, d'avoir frotté contre le temps, les années, inlassablement polies comme les galets sur la grève.
Marthe se sent galet, se laisse rouler.
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La femme coquelicot de
Noëlle Châtelet
Par moments, il lui semble que le trouble est dans sa tête, par moments au creux du ventre, à l'endroit même où le trac l'avait saisie avec sa morsure, si douce.
Le trouble, ça s'attrape, comme un petit point du côté de l'âme, délicieusement aigu, voluptueusement passager.
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Par Jacq, le 25/01/2012
La femme coquelicot de
Noëlle Châtelet
Elle aime soupirer, même sans raison. C’est apaisant, frais, ces petits coups de vent de l’âme.
Ce rendez-vous, elle ne le notera pas. Sa mémoire l’a déjà inscrit dans la pliure du cœur.
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Par migo, le 21/01/2008
La dernière leçon de
Noëlle Châtelet
"Partir sans déranger tes enfants te paraissait le minimum. De quel droit une mère importunerait-elle ses enfants avec sa mort, à quatre-vingt-douze ans, je vous le demande?
Elle part parce que c'est l'heure de parir, voilà tout ! C'est ainsi, ma chérie. c'est dans l'ordre des choses !"
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Par crapette, le 09/09/2012
Au pays des vermeilles de
Noëlle Châtelet
Chaque fois tu reprends tes jeux là où tu les avais laissés...Et tu tricotes la suite, maille après maille, rang après rang. Ces jeux te font grandir. Tu grandis dedans. Un tricot sans fin . (p.130)
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Par sylvie, le 21/12/2007
La dernière leçon de
Noëlle Châtelet
Quelques jours à peine avant que tu nous quittes, nous avons été toutes deux prises d'un fou rire à propos d'un détail tellement prosaïque concernant ta mort. Ce doit être "le jour de ta chemise de nuit". Rappelle toi la chemise de nuit...
...Ce jour là, donc, comme chaque fois que nous avons ri ensemble de quelque chose qui aurait du nous faire pleurer,..."
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La Tête en bas de
Noëlle Châtelet
Je n'ai plus de couteau à la main : je n'ai plus de
main. Je ne crie plus : je n'ai plus de voix. Je ne
mords plus : je n'ai plus de dents. Je ne pleure plus :
je n'ai plus de gorge où gémir, mes larmes à l'intérieur.
Je n'ai plus de corps. Ni ange, ni prince, plus
de corps. Je suis pensée. Pure pensée. Plus de
corps, plus d'obstacle. Rien qui encombre, rien qui
s'interpose. Je suis sorti de l'embarras du corps.
Pensée libre. Étonnement de ne pas éprouver, de ne
souffrir de rien. J'en veux, de cette abstraction qui
fait que je ne ressens plus. Mon corps, s'il existe, ne
m'est plus accessible, comme si, à force de cher-
cher les cimes, l'en-haut l'avait avalé, aspiré.
Depuis que la matière m'a fui, tout est simple. La
souffrance m'a quitté en même temps que mon
corps. La souffrance était donc là, dans mon corps
Si c'est cela la folie, j'en veux bien, de la folie, y res-
ter aussi, rester toute la vie à ne ressentir rien.
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