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Lucine de
Ondine Khayat
Grand-père était un homme important. Il faisait du commerce et possédait plusieurs succursales à Manchester, Constantinople et Beyrouth. Il avait même une banque, dont s'occupait mon père, et de nombreux biens : plantations de bois, troupeaux de moutons, pistachiers... Mon père avait rencontré ma mère lors d'un voyage d'affaires à Beyrouth et leur mariage avait été célébré à Paris avant qu'ils fassent le tour de l'Europe. Je trouvais maman plus belle encore que la lune, les nuits où elle était pleine. Chaque soir, elle déposait un baiser sur ma joue, et son parfum de lavande fleurissait dans toute la chambre. Elle semblait une fée, presque désincarnée, tant elle était angélique et patiente.
Nous étions trois enfants qui nous disputions sans cesse son affection. Lorsqu'elle posait les yeux sur nous, nous pénétrions dans un monde mystérieux. Nous étions projetés dans un univers qui devenait plus clément par le miracle de ses pupilles noires.
Mon frère aîné, Pierre, était le plus turbulent. Il avait été repêché à l'âge de sept ans dans le grand bassin de la cour par un domestique, alors qu'il venait d'y plonger, sans savoir nager. Une frayeur indescriptible avait parcouru la maison confiance des Arméniens, pénétrer leurs intentions secrètes et connaître leurs dirigeants, afin de mieux les frapper le moment venu. Dans la foulée, les soldats arméniens sous l'uniforme furent désarmés, envoyés aux travaux forcés puis fusillés.
Un télégramme fut transmis par le ministre de l'Intérieur, Talaat Pacha, aux cellules jeunes-turques : «Le gouvernement a décidé d'en finir avec tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge ni du sexe. Les scrupules n'ont pas leur place ici.» La «loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixa le cadre réglementaire des massacres et de la spoliation des victimes. Les représentants du gouvernement n'hésitèrent pas à destituer les fonctionnaires locaux qui faisaient preuve de trop de tiédeur.
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Par wictoria, le 25/11/2008
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Je voudrais que le chagrin soit effervescent, comme ça je verserais de l'eau dessus, et je le regarderais se dissoudre lentement.
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Par Mariebib, le 11/10/2010
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
J'ai pleuré plusieurs fois.
Magnifique. Vraiment magnifique.
Je cite le passage qui m'a fait pleurer le plus:
"Maman est rentrée à 18h. Elle finit plus tôt, le jeudi. Le bruit de la clé dans la serrure m'a fait sursauter. Je l'ai entendu aller et venir d'un pas lourd dans l'appartement. Longtemps après, elle a ouvert la porte. Elle m'a regardé, assis avec mes ailes d'ange. Puis, elle a vu le corps de Maxence se balancer, et une experession folle est passée sur son visage. "
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Par Sly, le 15/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Les battements de nos coeurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. il faut un grand coeur pour y mettre tous les gens qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore.
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Par Sly, le 15/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Les adultes passent leur temps à nous dire de faire ci, ou ça d'être comme ci, ou comme ça, mais quand on voit dans quel état ils ont mis la planète, on se dit qu'ils feraient mieux de se taire et que ce sont les enfants qui devraient être au pouvoir.
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Par Sly, le 15/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
On devrait vider nos coeurs comme on vide un grenier. Jeter les vieilles querelles qui l'encombrent, les tristesse qui prennent trop de place. On devrait teindre nos coeurs avec des couleurs vives, quand les années les ont rendus trop ternes.
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Par Sly, le 17/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Ses cils chatouillent ma joue. Baiser papillon. Son nez se frotte contre le mien. Baiser esquimau. son menton caresse le mien. Baiser coccinelle. Sa joue cajole la mienne. Baiser clair de lune. Sa bouche se pose délicatement sur la mienne. Baise barbe à papa. Sa petite langue me lèche. Baiser Valentine.
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Par Sly, le 15/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Combien il y a de gens comme nous, dans le monde ? Des gens qui s'endorment couchés sur leur tristesse, enroulés dans leur peur ? Et qu'est-ce qu'on peut faire pour les aider ? Parfois je me dis que si tous ceux qui sont malheureux s'unissaient, on y arriverait.
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Par Sly, le 15/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Le coeur de Maxence est trop tendre, comme le mien. Quand il y a beaucoup d'émotions dedans, ça se met à chauffer trop fort. Et ça brûle. La souffrance fait fondre nos coeurs. Ils rapetissent de plus en plus, et ils finissent par disparaître.
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Par Sly, le 16/08/2011
Le pays sans adultes de
Ondine Khayat
Quand une âme d'enfant s'évade de terre, elle devient une étoile qui brille très fort dans le ciel, pour que tous les autres enfants la voient et soient guidés par elle.