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Parole perdue de
Oya Baydar
Je cherchais une parole, j’entendis une voix…
J’étais en quête de la parole. Cette parole que j’avais employée à tour de bras, dépensée sans compter, soufflée dans des bulles de savon, dilapidée ; cette première phrase qui marquerait le début de l’histoire et la ferait s’acheminer jusqu’à son terme. La phrase impossible à mettre par écrit, qui se dissout dans la légèreté vaporeuse de la pensée au moment précis où je crois la saisir…La parole perdue…
Mais j’entendis cette voix, j’oubliais la parole et suivis le cri.
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Par torevan, le 04/10/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
En fin de compte, les gens trouvent toujours de bonnes excuses pour justifier leurs actes ou leur apathie. Le poids écrasant de figures paternelle et maternelle est vraiment le meilleur prétexte que nos doctes psychologues aient jamais inventé.
- Vous n'avez peut-être rien fait, mais lorsque j'étais avec vous, j'ai toujours vécu avec le sentiment qu'on attendait quelque chose de moi, et que j'étais incapable de répondre à ces attentes. Ici, personne ne me demande rien. Je n'ai pas à me battre contre moi-même ni à rougir de n'être que ce que je suis. Je ne me traite pas en réprouvé. (...) Rien dans la nature ne renie son essence pour trouver le bonheur, il n'y a rien qui ne soit en parfait accord avec soi-même. Il règne une profonde harmonie, une harmonie que l'homme corrompt et détruit avec son insatiable ambition. La contrainte qu'il exerce mène à la guerre, au sang et à la barbarie. Je désire seulement être une onde d'harmonie, non un rouage de la violence et de la barbarie.
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Par torevan, le 06/09/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
" Il a envie d'étreindre son fils qui avance en sautillant devant lui; de se purifier à son contact, de se baigner dans son innocence, de s'y réfugier. Mais il n'ose pas. Par crainte de lui inoculer cet indéfinissable et abject sentiment. Björn n'a pas à éprouver cela, jamais il ne l'éprouvera. Il connaîtra un bonheur authentique, celui d'être lui-même; sachant que c'est le seul et unique sens de la vie, il coulera des jours sereins au coeur de la nature et saura toujours se respecter. Je le préserverai de la violence. Jamais je ne le laisserai devenir bourreau ni victime. Jamais je n'autoriserai quiconque à lui imposer ses propres valeurs ni l'obligation d'aller décrocher la lune. Peut-être sera-t-il simple pêcheur, peut-être tenancier d'une petite pension n'ayant de clients que pendant la saison des nuits blanches. Je ne permettrai à personne de flétrir son âme ou de le contraindre de quoi que se soit."
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Par torevan, le 01/10/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
Par chez nous, au Kurdistan, quand la poisse s'abat sur votre tête, quand votre cerveau se met à lancer des éclairs et que la rage vous fait voir rouge, le seul endroit où partir se réfugier, ce sont les montagnes qui vous environnent et vous enserrent le coeur. C'est vers les montagnes que se tournent vos regards et vos pas pour enfin apercevoir un horizon dégagé; c'est vers elles que vous tendez l'oreille, c'est leur voix que vous écoutez pour chanter dans votre propre langue. Au commencement, les montagnes n'étaient que des montagnes; elles n'étaient pas synonymes de guerre, de trahison, de guérilla ou de séparatisme kurde. Dans nos contrées où toutes les issues sont bouchées, où toutes les portes sont fermées, où tous les cris sont étouffés, où votre voix s'étrangle à force de hurler, où vous criez dans le désert quand bien même elle s'épancherait... les montagnes sont espoir, liberté, une tribune élevée d'où vous pouvez donner de la voix et lancer votre cri.
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Par torevan, le 12/09/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
Si trop d'ambition est néfaste, son absence vous rend passif, paresseux et vous ôte toute velléité de réussir", disait Elif. Je n'ai jamais eu d'ambition ni de passion, je n'ai jamais cherché à être meilleur que les autres. Peut-être parce que je savais que j'étais incapable de l'être, peut être parce que je n'avais ni l'envie ni l'énergie de me forcer. Je désirais non pas être le meilleur mais le plus aimé. Je voulais être entouré d'amis, sincères, fidèles et dévoués, je voulais que les filles m'accordent de l'attention. Je voulais mener une vie peinarde, riche de bonheur et d'affection.
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Par torevan, le 29/08/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
Toujours les mêmes questions, les mêmes problématiques que nous ruminons depuis des générations, comme la vieille rengaine de nos vies dénuées de sens, sans pouvoir y apporter de réponse ou de solution!
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Par torevan, le 09/10/2011
Parole perdue de
Oya Baydar
Je ne sais pas si tu as déjà entendu cette expression mais on dit que c'est de l'Est que naît la lumière. Il y a encore quelque chose qui frémit à l'Est, un signe de vie sous les décombres, un espoir de changement. C'est du moins mon impression.