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Par aleatoire, le 06/05/2011
Les éblouissements de
PIERRE MERTENS
"Il s'est rappelé les fauves. Ce qu'il leur restait de mémoire, d'instinct, de réflexes, ne se déchargeait plus que dans les muscles qui roulaient sous leur pelage : la forme la plus archaïque, la plus noble d'une conscience captive qui ne s'avouait pas encore vaincue. Il semblait que d'un instant à l'autre, une pensée allait surgir de là, dans sa pureté élémentaire. Dans cette attente, on ne ressentait que l'acuité d'une souffrance et, pour peu, on se fût étonné que la terre ne tremblât pas, et que là, au fond de la cage, ne s'ouvrît pas un cratère... Qui délivrerait jamais le Créateur de la douleur de ses créatures ?
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perdre de
PIERRE MERTENS
Quand l'intelligence n'intervient pas pour formuler ce que le coeur porte en lui de meilleur, il ne reste du coeur que la viande. Je me dis, non sans emphase : en vérité, on n'a pas encore appris à aimer. Nous n'utilisons qu'une fraction infime de nos possibilités dans ce domaine. L'amour est indivisible. Il parle toutes les langues de Babel. Mais, à chaque instant nous en faisons l'économie. Nous lésinons. A certaines heures de notre vie, sans doute les plus désespérées parce que nous y sommes acculés, nous acceptons d'aimer enfin...
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Par paulotlet, le 06/03/2012
UNE PAIX ROYALE de
PIERRE MERTENS
Cela fait un certain laps de temps que les gens de cette contrée ne s'aiment plus, qu'ils ne savent qu'inventer pour se déprendre les uns des autres. Que le pays s'est désamouré de lui-même. Dieu, pourquoi nous y avoir fait naître? Il n'est pas jusqu'à la vie quotidienne qui, ici, n'atteigne un certain niveau d'incompétence. Ceux du Nord voudraient bien conquérir la capitale. Couper, ou à peu près, les autres de l'accès de la mer. [...] Ils veulent sauvegarder "l'intégrité du territoire" et "purifier la langue qu'on y parle". Ceux du Sud aimeraient "oublier" la Capitale. Se replier jalousement sur leurs provinces. Jouer la carte de l'étroite autarcie. Nous sommes entre ceux-ci et ceux-là. Entre deux feux, entre deux eaux. Qui sait? Peut-être la ligne de démarcation passera-t-elle, demain, au milieu du square? Ma maison natale d'un côté, l'appartement de Joy et Samuel de l'autre? La nouvelle frontière linguistique tombera en travers... On pourrait même édifier là, en plein milieu de la pelouse et à la place des monuments qui s'y trouvent, un mur de béton.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perasma de
PIERRE MERTENS
Qui dira l'imperceptible fracas de la déréliction ? Un électrocardiogramme plus plat que plat. Une gifle indolore. Un coup du lapin administré par le néant.
Ma coiffeuse : "Je vois le tourment qui ride votre front."
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Par aleatoire, le 03/07/2011
Perdre de
PIERRE MERTENS
Imaginera-t-on quelqu'un qui aurait éprouvé toutes les difficultés d'être un homme et ne serait jamais tout à fait parvenu à en devenir un, mais aurait, ce faisant, montré plus d'humanité que la plupart des hommes.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perdre de
PIERRE MERTENS
Tandis quelle s'empale sur lui, les yeux fermés, que la tête en arrière, elle ne sait déjà plus qui elle prend,
qui il est
qu'elle n'est plus qu'à son plaisir,
et ne le rend, ne l'impose que par hasard,
même si c'est l'infini qu'elle offre, doucement il l'adjure :
Dis-moi ce que tu me fais,
dis-moi ce que tu me donnes,
dis-moi ce que je suis...
Mais là où elle est transportée,
hors d'atteinte de toutes ces questions,
seul son plaisir répond :
Tu es celui pour qui, dans un instant,
je vais être tout.
Et tu ne seras plus que cela :
Ce néant comblé.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perasma de
PIERRE MERTENS
Quand on perd l'amour d'une femme, on ne perd pas que lui ; mais aussi, pour quelques temps, l'usage, le mode d'emploi du monde. [...]
On doit prendre garde à ne pas glisser sur son verglas intérieur.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perasma de
PIERRE MERTENS
La plus part des hommes qui décrètent qu"une femme est celle de leur vie" se soucient-ils seulement, un instant, de savoir s'ils sont bien l'homme de la leur
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perdre de
PIERRE MERTENS
En un sens, on ne regagne jamais qui l'on a commencé de perdre. Mais on peut rencontrer l'autre qui se cache derrière.
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Par aleatoire, le 07/05/2011
Perasma de
PIERRE MERTENS
Tu as renouvelé, tu m'as réappris la magnifique épouvante d'exister. Tu l'as remise à jour.