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Par LydiaB, le 18/03/2012
La soif primordiale de
Pablo De Santis
Il sortit de sous un tas de papiers un livre à couverture noire, épais et abîmé, qu'il me tendit : le dictionnaire dont il m'avait parlé, Superstitions sud-américaines. Je cherchais à la lettre A et lus à voix haute :
- "Le professeur Amadeo Lippi découvrit, en octobre 1916, à la bibliothèque de Parme, l'oeuvre de Pietro Gauderio, dont nous ne connaissions qu'un fragment. Il s'agit de la description d'une espèce particulière de malades, qui avaient fait de leur mal un culte. Ces malades reçurent le nom d'antiquari, car les deux patients que Gauderio avait rencontrés exerçaient cette profession."
- Je saute les citations et les sources, dis-je à Crispino.
- Les livres des universitaires sont comme les jardins publics la nuit : fontaines et obscurité.
Je poursuivis : "Dans le Rio de la Plata, on a trouvé des traces de cette superstition parmi les marchands d'Antiquités. Trois traits caractérisent ce mal : une longévité anormale, la capacité d'évoquer chez les autres le visage ou les gestes de personnes décédées et la soif de sang que les antiquaires appellent soif primordiale."
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La soif primordiale de
Pablo De Santis
Si variés qu'ils paraissent, les mythes appartiennent à un même livre enfoui dans la mémoire de l'espèce, d'où remontent de temps en temps des pages perdues. Les langues changent, le message est le même. C'est un avertissement : prenez garde à l'obscurité. Prenez garde au pouvoir de la lune. Prenez garde aux morts, ils reviennent. Seuls, en frappant à la fenêtre, ou comme une armée des ombres, mais ils reviennent.
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Par Rhia, le 27/04/2012
La soif primordiale de
Pablo De Santis
Les voleurs de livres sont moins visibles. Ils sont absorbés, ne regardent pas dans les yeux. Ils marchent comme s'ils se traînaient. Parfois ils font une remarque, mais c'est trivial, une pensée que l'on veut chasser tout de suite de l'esprit parce qu'elle a la saveur du vide. Ils s'habillent de couleurs sombres, marron ou gris, ils se confondent avec les couvertures des livres. Ils portent des vêtements amples, avec de grandes poches.
Vous n'êtes pas un voleur.
Vous êtes meilleur ou pire qu'un voleur.
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Par Yannickge, le 14/05/2012
La soif primordiale de
Pablo De Santis
J'ai appris qu'une librairie doit se protéger autant de l'ordre que du désordre. Si elle est trop chaotique et que le client ne peut s'orienter seul, il s'en va. Si l'ordre est excessif, le client a l'impression de connaître la librairie de fond en comble et que rien ne le surprendra. Et il s'en va également.
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Par gridou, le 08/03/2012
La soif primordiale de
Pablo De Santis
Les jolies femmes vivent dans un monde distinct, dans une Suisse privée,où tout le monde est ponctuel et personne ne rate un rendez-vous.
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Par Megh, le 03/04/2010
Le calligraphe de Voltaire de
Pablo De Santis
Les livres n’ont jamais sauvé personne.
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La soif primordiale de
Pablo De Santis
Mais c'est justement les irremplaçables qu'il faut remplacer sans délai. Les inutiles peuvent laisser leur place vide sans problème.