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Par Sly, le 05/10/2010
Pablo Neruda
Pourquoi ne pas lui dire que vous savez qu'il est là, pensant à vous, se préoccupant de vous, et que vous vous sentez en sécurité ? Que vos peurs, votre passé s'évanouissent. Et que le seul espoir est la promesse d'une étreinte. Je remercie Dieu pour chaque erreur que j'ai faite, parce que chacune d'elles m'a indiqué le chemin qui m'a mené à vous.Et quand, finalement, on sera ensemble, je veux que tu m'enlaces. Enlace-moi toute la nuit. Caresse mes cheveux. Dis-moi que je suis une femme et montre-moi que tu es un homme. Jusqu'à ce qu'il y ait que maintenant. Toi et moi... et maintenant. Je ne demande pas qu'on m'explique la nuit. Je l'attends et elle m'enveloppe. Et tu es comme le pain, la lumière et l'ombre.
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Par Lali, le 06/02/2011
La Centaine d'amour de
Pablo Neruda
Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.
Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.
Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
me dérobant la clef de la tranquillité?
En cette histoire je m’arrive qu’à mourir
et si je meurs d’amour, c’est parce que e t’aime,
parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.
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Par soukee, le 28/04/2010
La solitude lumineuse de
Pablo Neruda
Partout les statues de Bouddha, de Lord Bouddha... Les statues sévères, verticales, vermoulues, avec une dorure qui leur communique un éclat animal et un écaillement extérieur qui donne à croire que l'air les détériore.
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Par soukee, le 28/04/2010
La solitude lumineuse de
Pablo Neruda
Un peu plus loin, dans une autre cage, allait et venait une panthère noire, encore pleine de l'odeur de sa forêt natale. C'était un étrange fragment de nuit étoilée, une bande magnétique qui s'agitait sans arrêt, un volcan noir et élastique qui voulait raser le monde, une dynamo de force pure qui ondulait ; et deux yeux jaunes, précis comme des poignards, et qui interrogeaient de tout feu car ils ne comprenaient ni la prison ni le genre humain.
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Par Lali, le 06/02/2011
La Centaine d'amour de
Pablo Neruda
Mienne, que ton sommeil repose en mon sommeil.
Amour, douleur, travaux, c’est l’heure de dormir.
Et dans la nuit tournant sur ses roues invisibles
comme l’ambre endormi contre moi tu es pure.
Nulle autre, amour, ne dormira avec mes rêves.
Tu iras, nous irons, sur l’eau du temps, ensemble.
Et dans l’ombre avec moi nulle autre voyageuse
que toi, lune et soleil, toujours mon immortelle.
Ouvertes sont tes mains et leurs poings délicats,
de doux signes sans but en sont déjà tombés
tes eyux se sont fermés comme deux ailes grises.
Que filent leur destin la nuit, le vent, le monde,
moi je ne suis en toi que cette eau qui m’emporte
et sans toi je ne suis plus rien de plus que ton rêve.
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Par saphoo, le 01/09/2010
La solitude lumineuse de
Pablo Neruda
Je voulus voir dans la phrase musicale le récit magique de Proust et empruntai les ailes de la musique ou fut enlevé par elles. La phrase s’enveloppe dans la gravité de l’ombre t se fait plus rauque pour aggraver et amplifier son agonie. Elle semble construire son angoisse à la manière d’une structure gothique, que les volutes répètent portées par le rythme qui élève sans interruption la même flèche.
L’élément né de la douleur cherche une issue triomphante qui ne renie pas dans l’essor son origine bouleversée par la tristesse. […] L’intimité obscure du piano provoque de temps à autre l’éclosion serpentine, jusqu’au moment où l’amour et la douleur s’enlacent pour la victoire agonisante.”
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Par Sly, le 05/07/2010
La Centaine d'amour de
Pablo Neruda
"Je ne t'aime pas telle une rose de sel,
topaze, œillets en flèche et propageant le feu :
comme on aime de certaines choses obscures,
c'est entre l'ombre et l'âme, en secret, que je t'aime.
Je t'aime comme la plante qui ne fleurit,
qui porte en soi, cachée, la clarté de ces fleurs,
et grâce à ton amour vit obscur en mon corps
le parfum rassemblé qui monta de la terre
Je t'aime sans savoir comment, ni quand, ni d'où,
je t'aime sans détour, sans orgueil, sans problèmes:
je t'aime ainsi, je ne sais aimer autrement,
Je t'aime ainsi, sans que je sois, sans que tu sois,
si près que ta main sur ma poitrine est à moi,
et si près que tes yeux se ferment quand je dors."
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Par Sly, le 05/07/2010
La Centaine d'amour de
Pablo Neruda
"Sache que je ne t'aime pas et que je t'aime
puisque est double là façon d'être de la vie,
puisque la parole est une aile du silence,
et qu'il est dans le feu une moitié de froid.
Moi je t'aime afin de commencer à t'aimer,
afin de pouvoir recommencer l'infini
et pour que jamais je ne cesse de t'aimer:
c'est pour cela que je ne t'aime pas encore.
Je t'aime et je ne t'aime pas, c'est comme si
j'avais entre mes deux mains les clés du bonheur
et un infortuné, un incertain destin.
Mon amour a deux existences pour t'aimer
Pour cela je t'aime quand je ne t'aime pas
et c'est pour cela que je t'aime quand je t'aime."
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Par Lali, le 06/02/2011
La Centaine d'amour de
Pablo Neruda
Ne pas être serait être sans que tu sois,
sans que tu passes au cœur du midi traversé
pareille à la fleur bleue, et sans que tu chemines
plus tard à travers les briques et le brouillard,
sans cette lumière que tu portes en ta main
lumière d’or que nul autre ne saurait voir,
et dont nul n’a su peut-être qu’elle croissait
comme le commencement rouge de la rose,
sans que tu sois, enfin, sans que tu sois venue
brusque, stimulante, pour connaître ma vie,
rafale de rosier, et froment dans le vent,
et dès lors moi je suis parce que tu es,
et dès lors toi tu es, moi je suis et nous sommes,
par amour je serai, tu seras, nous serons.
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Par Disorder, le 17/07/2009
Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée : Les Vers du Capitaine de
Pablo Neruda
LE TIGRE
Je suis le tigre.
Je te guette parmi les feuilles
aussi grandes que des lingots
de minerai mouillé.
Le fleuve blanc grandit
sous la brume. Te voici.
Tu plonges nue.
J'attends.
Alors d'un bond,
feu, sang et dents,
ma griffe abat
ta poitrine, tes hanches.
Je bois ton sang, je brise
tes membres, un à un.
Et je reste dans la fôret
à veiller durant des années
tes os, ta cendre,
immobile à l'écart
de la haine et de la colère,
désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,
immobile sous la pluie,
sentinelle implacable,
de mon amour, cet assassin.
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